L'agence spatiale indienne (ISRO) a annoncé samedi avoir perdu le contact avec la sonde Vikram qui était en train d'alunir. C'est la deuxième mission lunaire indienne sur les quatre spatiales que l'Inde a menées depuis 11 ans. Ce dernier lancement – initialement prévu en juillet, avait déjà été reporté pour des raisons techniques. L'Inde espérait à l'instar d'Israël, devenir la quatrième puissance à faire alunir un engin après les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Mais comme l'Etat hébreu, l'Inde vient d'essuyer un cuisant échec. C'est du reste le troisième échec de l'ISRO depuis le début de l'année pour un pays dont l'autorité suprême a fait de l'espace une raison essentielle de sa politique tant militaire que scientifique. Ses velléités de puissance spatiale s'en voient de ces échecs successifs sérieusement revus à la baisse. Pourtant l'angle d'attaque indien si l'on ose dire était largement suivi par la communauté scientifique internationale car l'engin spatial devait se poser dans une région jusqu'ici inexplorée mais très attractives au pôle sud de notre satellite. Les pôles lunaires ces (dark sides of the moon) à la différence du reste de l'astre sont constant dans leur température et contiendraient de l'eau sous forme de glace dans leurs cratères. Techniquement, cette mission si elle avait réussi, aurait renseigné les adeptes de bases habitées sur les astres lointains. Les instruments scientifiques envoyés vers la lune (l'atterrisseur Vikram, le rover Pragyan et la sonde en orbite, Chandrayaan-2) avaient de quoi éclairer les chercheurs sur bien des zones d'ombre. Les mauvaises langues, aussitôt la nouvelle annoncée, ont vite mis en cause le faible budget alloué à cette mission (124 millions d'euros), moins que le transfert d'une star sportive. Mais c'est connu, l'Inde s'est fixé comme priorité à l'exploration spatiale, une sobriété budgétaire dans ses missions sur Mars, la Lune et les vols habités que le sous-continent compte lancer en 2022 ou avant. Ce dernier est même devenu une référence en matière de lancements commerciaux à coûts réduits. Une belle performance à la mesure de son 5ème rang mondial, après les Etats-Unis, l'Europe, La Russie et la Chine. M.J.K