Les marchés de l'énergie vivent un réveil brutal. En quelques jours, le prix du pétrole a franchi la barre des 110 dollars le baril, une hausse fulgurante qui rappelle les grandes secousses énergétiques du passé et ravive les craintes d'un nouveau choc mondial. Cette envolée intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu autour de l'Iran. L'escalade militaire dans la région du Golfe a immédiatement fait grimper la prime de risque sur les marchés pétroliers. Les investisseurs redoutent désormais des perturbations majeures dans l'approvisionnement mondial, notamment dans l'une des zones les plus stratégiques pour le transport d'hydrocarbures. La réaction des marchés a été immédiate. Le Brent, référence internationale du pétrole, a dépassé les 117 dollars lors des échanges du 9 mars, tandis que le baril de WTI s'est rapproché des 120 dollars. Une progression spectaculaire alors qu'au début de l'année, les prix évoluaient encore autour de 60 dollars. Au cœur des inquiétudes figure le détroit d'Ormuz, passage maritime clé situé entre l'Iran et Oman. Près d'un cinquième du pétrole mondial transite par ce corridor énergétique. La moindre menace sur cette route commerciale suffit à déclencher une onde de choc sur les marchés, tant les volumes concernés sont considérables. Les tensions militaires dans la région ont également alimenté les craintes d'une baisse de production ou de perturbations logistiques chez plusieurs producteurs du Golfe. Les traders anticipent déjà un possible déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale si la situation venait à s'aggraver. La vitesse de la hausse impressionne les analystes. En un peu plus de deux mois, le pétrole a presque doublé de valeur. Une dynamique rare qui rappelle les épisodes de forte volatilité observés lors des grandes crises énergétiques. Avec des prix désormais bien au-delà des 100 dollars, les marchés commencent déjà à regarder un autre seuil : celui du record historique atteint en 2008, lorsque le baril avait culminé à près de 147 dollars.