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Mohamed Erraji ou la rente de la liberté d'expression
Publié dans Jeunes du Maroc le 09 - 09 - 2008

Depuis plus d'une décennie que le discours de la « liberté d'expression qui s'élargie au Maroc » est très présent dans la sphère politique et médiatique. Des tabous qui tombent, des « lignes rouges » qui s'élargissent, …
Nous avons vu comment les sit-in, les marches, … ont envahi librement les places publiques et arpenté les rues pour exprimer des positions qui jadis emmenaient en prison. Nous avons lu des articles qui faisaient tomber les interdits d'une longue époque, que l'on a cru dépassée. L'on a entendu un discours nouveau sur l'élargissement des libertés publiques, sur le nouveau concept de l'autorité, sur l'Etat de droit, …
Nous étions nombreux, à raison, à croire en cette embellie qui a caractérisé le champ politico-médiatique dans notre pays. Ainsi, jouissant de cet élargissement des libertés publiques, une jeunesse a défié le marasme politique ambiant pour exprimer librement ses positions. Et c'est de cette manière que les associations se sont multipliées, que les amicales de quartiers sont devenues plus agissantes et exigeantes, que les forums de discussion sur Internet ont fleuri, … et que les blogs sont devenus un espace d'expression de libertés, d'expression tout court.
Mohamed Erraji, un jeune gadiri de 26 ans qui tient un blog sur le net, collabore avec une revue électronique. Il fait partie de cette jeunesse qui a refusé l'immobilisme et qui agit, selon ses moyens, pour exprimer ses idées. Ce jeune qui dénonce la corruption, qui combat les phénomènes anti-modernistes de sa société, qui croit que « la démocratie est le choix de société et non la religion », mais qui, comme tous les jeunes de son age, parle de l'amour, de la virginité, du bonheur,… bref de tout ce qui le préoccupe comme jeune engagé et qui peut intéresser sa génération. Ce jeune là, rapporte une information relayée par un journal de la place et la commente tout naïvement. Mercredi 03 Septembre, il publie son article - commentaire sur une hypothétique information. Jeudi 04 il est auditionné par la police locale d'Agadir. Il est revenu à l'hôtel de police pour y séjourner le week-end. Lundi 08, il a comparu devant le tribunal pour écoper de 2 ans de prison ferme et 5000 Dh d'amende pour « manquement au respect du Roi » et en l'absence d'assistance d'un avocat !
Supposons, comme en dialectique que Mohamed est effectivement coupable. Supposons qu'il a effectivement commis ce « manquement ». Il n'a pas comploté pour la déstabilisation du pays pour mériter un procès aussi expéditif et être privé de son droit à l'assistance par un avocat !
Mohamed commets des erreurs. Je ne cautionne pas nécessairement tout ce qu'il écrit. Il aurait été poursuivi pour atteinte aux droits des autres eu égard à plusieurs de ses articles, notamment sur le Roi. Pour diffamation, dans plusieurs cas. La liberté, comme reconnue mondialement, n'est pas un concept sans limite. Prôner le patriotisme et publier une carte amputée de son pays est une contradiction notoire ! Nous convenons qu'un blogueur est un citoyen comme les autres, il n'est pas au dessus de la loi.
Je pense sincèrement que le grand pêché qu'a commis Mohamed est qu'il n'a pas compris une chose capitale, lui qui dénonce la rente : La liberté d'expression est en route de devenir une rente ! Ecrivez ce que vous voulez, mais à condition que nous soyons les sources de l'information !
A vous qui distribuez les rentes de la liberté d'expression ; qui rendez des inconnues des stars de journalisme ; qui fabriquez l'actualité et la donnez aux rentiers ; à vous qui avez véhiculé les vertus de la liberté d'expression ; qui avez décrit les partis politiques de morts, de politiciens improductifs ; qui avez discrédité l'action politique, et par la même occasion le vote, le droit au choix libre. Vous qui croyez que l'apogée de la démocratie et du modernisme est l'IER, je vous prie de répondre à ces interrogations naïves :
Vous nous avez convaincu que les partis politiques sont morts, que les associations ne servent à rien, … et quand nous enfantons nos propres espaces d'exercice d'actes politiques, vous voulez passer à la censure. Vous ne voulez pas que nous parlions politique ? Dites-le clairement !
Ne pensez-vous pas que cette justice a des comportements incompréhensibles et bizarroïdes ? Vous n'avez pas encore compris pourquoi les Marocains ont boycotté massivement les élections ?
Non à un Maroc de rentes, toutes les rentes !
Je sollicite de Sa Majesté le Roi d'intervenir en faveur de ce jeune et d'exprimer, comme à son habitude, son grand cœur, sa bonté. Il a déjà gagné les cœurs des jeunes dans diverses circonstances pareilles : Fouad Mourtada, prisonniers du 1er Mai, …


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