Le sous-financement du Plan de réponse humanitaire au Yémen a contraint plusieurs agences à réduire leurs activités, contribuant à l'aggravation « continue » de la situation humanitaire dans ce pays de la péninsule arabe, ont averti lundi les Nations Unies. Dans son rapport humanitaire de décembre, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) indique que le Plan de réponse pour 2025, estimé à 2,47 milliards de dollars, n'a été financé qu'à hauteur de 25%, « ce qui oblige les agences à réduire les services vitaux dans tous les secteurs, malgré l'augmentation des besoins ». Cette pénurie de financement "sans précédent" a eu un impact sévère sur le secteur de la santé, aujourd'hui "au bord de l'effondrement", déplore OCHA. Lire aussi : L'ONU demande la libération « immédiate » des humanitaires détenus au Yémen Selon le bras humanitaire de l'ONU, depuis le début de 2025, quelque 453 établissements de santé ont été confrontés à une fermeture partielle ou imminente dans 22 gouvernorats, notamment des hôpitaux, des centres de soins de santé primaires et des cliniques mobiles. Ces perturbations interviennent dans un contexte marqué par une insécurité alimentaire généralisée, la malnutrition, un accès insuffisant à l'eau potable et à l'assainissement, ainsi que par des épidémies récurrentes, a souligné l'agence onusienne. OCHA a exhorté les donateurs à accroître de toute urgence leur soutien, avertissant que sans financement immédiat, de nouvelles fermetures de services sont probables, avec des conséquences "dévastatrices" pour les populations les plus vulnérables du Yémen.