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Chrif Bin Alouidane, le baron de la drogue, balance ses complices : La chute d'une mafia
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 07 - 2006

Après l'arrestation de Mohamed El Kherraz (alias Chrif Bin Alouidane), l'un des plus puissants barons de drogue, la machine judiciaire s'est mise en marche pour le démantèlement de tout le réseau de complicités dont il jouissait pour protéger son business. Dans le lot, figurent plusieurs responsables sécuritaires, des notables, des parlementaires, des fonctionnaires (17 au total) qui sont incarcérés depuis le 14 septembre 2006 à la prison d'Oukacha. Charges retenues : complicités et association de malfaiteurs. Récit.
Il y a des jours qui durent plus longtemps que d'autres. Le 14 septembre 2006 en était un. Une journée pas comme les autres au Tribunal de première instance de Casablanca. Au sixième étage, là où siège le procureur général près de la Cour d'appel de Casablanca, My Abdellah El Alaoui Belghiti, plusieurs policiers et gendarmes en faction, interdisent l'accès à cet étage, à tous les justiciables convoqués ce jour-là. C'est que l'affaire soumise à l'appréciation du parquet de la ville est très importante. Une kyrielle de hauts fonctionnaires et de responsables sécuritaires, incarcérés dans le cadre de l'affaire dite "Chrif Bin Alouidane", le baron de drogue du Nord (arrêté fin août 2006 à Ksar Sghir), passent tour à tour devant le procureur chargé de l'affaire, pour leur supposée implication dans un vaste réseau international de trafic de drogue. Les questions sont directes et parfois brutales, sans autre forme de précautions verbales eu, égard à l'ancien statut des personnes interrogées. Ces derniers ne sont plus que des suspects à qui l'on demande la vérité sur leur responsabilité dans cette affaire qui a défrayé la chronique.
Le dossier est supervisé personnellement par Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, qui l'a transmis à My Abdellah El Alaoui Belghiti. Menottes aux mains, ils ont été emmenés tôt le matin de Rabat vers Casablanca, pour répondre de leur responsabilité par rapport à des faits précis.
Complicité et association de malfaiteurs
Un à un, ils sont ensuite conduits, comme le stipule la procédure dans pareil cas, devant le juge d'instruction, chargé de l'affaire. Commence alors une longue procession d'auditions et de confrontations, qui durera jusqu'à une heure tardive du soir. L'atmosphère est tendue, la tension nerveuse est visible sur les visages des 17 prévenus. Chacun d'eux se demande si, au bout de cette séance de dernière chance, il rentrera chez lui, ou jeté en prison.
Ce n'est que vers minuit, dans la soirée du jeudi 14 au vendredi 15 septembre, que le verdict tombe. Tous les prévenus seront mis en détention provisoire et immédiatement conduits, menottes aux mains, dans un fourgon cellulaire, qui prend la route de la prison Oukacha à Casablanca. Ils ont pour noms : Abdelaziz Izzou, directeur de la sécurité des palais royaux et ex-préfet de police de Tanger (durant la période allant de 1996 à 2003), Youssef Alami Lahlimi, lieutenant-colonel et adjoint au Commandant de la région de la Gendarmerie royale de kénitra, Akka Ahabbar, également lieutenant-colonel de la Gendarmerie Royale (commandant de la compagnie maritime de Tanger), Abdelmoula Tetouani, capitaine des Forces auxiliaires (responsable des postes de surveillance), Farid Hachimi, commissaire à la DGST (chef de poste maritime à Tanger), Mohamed Moussaid, officier de police principal de la DGST à Melloussa, Mustapha Boukhlifi, ancien caïd à Tlet Taghremt ( actuellement Pacha à Temara ), Mustapha Lakhlioui, ex-directeur régional de la DGST à Tanger (aujourd'hui à la retraite ), Nourreddine Zmarrou, caïd à Laouama /Fahs Anjra, Noureddine Boulghoudane, caïd à Dar Chaoui dans la région Tanger/Assila… Les chefs d'accusation retenus sont gravissimes et relèvent de "complicités et association de malfaiteurs". Voilà donc des agents d'autorité au plus haut niveau de la responsabilité, hier encore insoupçonnables, qui se sont constitués en association de malfaiteurs, une sorte de bande organisée, pour servir de protection et de parapluie à l'un des gros bonnets de drogue du nord du pays, moyennant des sommes sonnantes et trébuchantes. C'est en tout cas, ce qui ressort des dossiers instruits à leur intention, par la Gendarmerie royale saisie de cette affaire depuis l'arrestation de Mohamed El Kherraz (alias Chrif Bin Alouidane) à Ksar Sghir. Ses aveux ont jeté une lumière crue sur le système de protection dont il a longtemps bénéficié, avant de tomber avec fracas, à la faveur de la campagne contre les stupéfiants, ordonnée tout dernièrement par les pouvoirs publics. Devant les enquêteurs de la gendarmerie royale, Chrif Bin Alouidane a cité nommément, preuves à l'appui, tous ceux qui l'ont aidé de près ou de loin dans son commerce illicite. Chacun de ces hauts fonctionnaires, selon l'inculpé principal, a obtenu ce qu'il voulait. Qui, des prêts jamais remboursés. Qui, un coup de main pour la construction de sa villa, l'autre pour un voyage à l'étranger tous frais payés...
Connexions dangereuses
Chérif Bin Alouidane a tissé une véritable toile d'araignée, que même le choix des moqadems, des caïds, des fonctionnaires de la police de la région de Tanger et de Tétouan, était de son ressort.
À Daliya (lieux de son domicile), raconte un habitant de la région, personne ne pouvait sacrifier le mouton de l'Aid, avant que Chrif Bin Alouidane ne le fasse. Une sorte de petit roi qui gouverne comme bon lui semble sa population qui se nourrit principalement de trafic de drogue. Analphabète et issu d'une famille très modeste (il était un simple berger avant de se convertir au trafic de la drogue), Chrif Bin Alouidane avait réussi à mettre en place, un vaste réseau de complicités dans toutes les administrations dont il avait besoin, pour mieux protéger son business. Il arrose à droite et à gauche, tous les gens qu'il pense susceptibles de le couvrir un jour. Tout ce qui importait pour lui, c'était de faire fructifier son commerce en sachant qu'il ne sera jamais inquiété. Faux. Car depuis sa chute, il est devenu pire qu'un pestiféré. Dans sa cellule au pavillon 7 (celui des étudiants ! ! !) où il est écroué en compagnie de son frère, il est interdit de visite et mis dans une cellule isolée, loin des autres détenus. C'est le cas d'Abdelaziz Izzou, isolé lui aussi dans une cellule au pavillon 1. Evidemment, toutes les personnes citées par Chrif Bin Alouidane nient avec véhémence toute relation avec lui. Certains mis en cause, notamment parmi les responsables de la police de Tanger, comme Abdelaziz Izzou, se défendent en mettant cela sur la volonté de vengeance du trafiquant. Affaire à suivre avec un grand intérêt.


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