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Mohamed Mounir Majidi «affiche» son abus de pouvoir !
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 07 - 2002

F.C COM veut le monopole et les officiels suivent, violation de la loi, passe-droits, marchés faussés, les autorités n'ont rien à refuser au nouveau baron. Scandaleux comportement qui décrédibilise tous les discours en vogue.
Dans tous les pays du monde l'affichage publicitaire a connu un boom extraordinaire, mais il est fortement encadré juridiquement. D'abord par les lois concernant l'utilisation du domaine public, ensuite par des considérations urbanistiques.
Au Maroc,depuis trois ans c'est le boom et c'est normal pour un secteur en développement. D'ailleurs, F. Oualaâlou, ministre de l'Economie et des finances avait déclaré : «l'avènement de l'affichage urbain renseigne sur la vitalité économique d'un pays».
F.C COM est une société appartenant à Mounir Majidi, connu pour ses relations. Son discours au départ était attirant. Il voulait, disait-il, faire de l'affichage une composante urbanistique. Cependant, il a surtout prouvé qu'il recherchait une situation de rente, au mépris de l'intérêt général et des intérêts privés de ses concurrents.
La majorité des responsables locaux ont cédé à des pressions. Majidi a eu ainsi hors marchés les emplacements qu'il voulait dans toutes les villes du Maroc. Il choisit les emplacements et fixe la quantité de panneaux de manière qui dépasse de loin ses possibilités, juste pour en priver ses concurrents. Déloyal ? Il y a pire. Une fois le seigneur servi, les roturiers doivent eux passer par les fourches caudines de l'appel d'offres pour se partager les miettes quand Majidi le rapace daigne en laisser.
Pire, à Tanger, il s'est permis le luxe d'enlever certains panneaux de sociétés concurrentes pour les remplacer par les siens.
Les faits sont têtus
Dans beaucoup de villes, ce comportement a attiré l'attention de la presse et a donné lieu à des scandales, qui ne l'ont pas bousculé le moins du monde.
A Casablanca, au mépris des lois, il avait passé un accord avec la communauté urbaine. La seule commune qui avait réagi était celle du Maârif. Après un bras de fer homérique, il a été obligé de passer des contrats avec les communes et de reconsidérer les redevances ridicules que l'ex-patron de la C.U.C lui avait concédées.
A Rabat, l'ex-wali Guedira est intervenu personnellement, et avec insistance, auprès des présidents de Communes pour qu'ils autorisent le sieur M.M. Majidi à implanter des panneaux à sa guise à travers la capitale. Jusqu'aux dernières semaines, il est resté en situation monopolistique par le fait du Prince. Tous les observateurs s'accordent à dire que son contrat n'était pas valable.
La commune d'Agdal a mis deux ans pour organiser l'ouverture sur les autres concurrents. Majidi est monté sur ses chevaux pour demander aux autorités de démanteler les panneaux installés en vertu d'un contrat valable, dans les règles de l'art : ce qui n'est pas le cas de celui dont il se prévaut.
Le scandale d'Agadir est dans toutes les mémoires. Les élus d'Agadir ont décidé de faire un appel d'offres. Ils n'ont pas mené l'opération jusqu'au bout parce que le représentant du wali de l'époque voulait déclarer F.C COM gagnante, sans même y mettre les formes. Les élus ont même élevé une vive protestation, une sorte de manifestation spontanée pour dénoncer le scandale.
A Fès, les élus ont appliqué la loi. Majidi n'ayant pas soumissionné à temps, ils l'ont exclu du marché. Ils ont subi des pressions énormes, mais ont tenu bon pour le respect de l'éthique.
Partout, dans toutes les villes qui l'intéressent, Mounir Majidi transforme les autorités locales en supplétifs de son service commercial. Une honte innommable.
Même les établissements publics
On aurait pu imaginer que tout cela est le fait de responsables locaux, abusés par un homme bien en vue. Mais le mal est plus grave.
Il a obtenu, sur intervention du ministre des transports de l'époque, de l'ONDA un contrat d'exclusivité, ce qui est interdit pour un établissement public. L'entreprise qui était déjà sous contrat a été priée de plier bagages. Il a le monopole des aéroports et des environs pour une période de dix ans. El Biaz, à l'époque directeur général de l'ONDA, révélait à qui voulait l'entendre, qu'il ne pouvait que s'exécuter devant les instructions de ses supérieurs.
De la même manière, Majidi a obtenu le monopole pour 30 ans, sur les autoroutes, tenez-vous bien, existantes ou à construire. Ridicule, ne serait-ce que parce que l'évaluation du coût de la concession est impossible. Là aussi, c'est un ex-ministre de l'équipement qui a imposé le contrat léonin, au mépris de l'intérêt général.
L'ONCF a cédé gentiment ses gares, monopole assuré pour Majidi. Ni les contrôleurs financiers, ni les conseils d'administration de ces établissements n'ont contesté ces contrats oukase. Le pire c'est que tout le monde se cache derrière la même litanie. L'activité étant nouvelle, il y aurait un vide juridique qui permettrait ces dépassements. Sauf qu'ils ne profitent qu'au même ogre et que ce n'est pas n'importe qui.
Obligation éthique
Le cas Majidi devient un problème politique. Mounir Majidi a été nommé
à la tête de Siger, il s'occupe donc des intérêts de la famille Royale. Cet honneur, cette position devraient le pousser à l'exemplarité. Telle la femme de César, il n'a même plus le droit d'être soupçonné.
La nouvelle ère est porteuse d'un espoir: celui du règne de l'équité. Le premier discours du Trône a été clair, il prônait l'enterrement de l'économie de rente. Or comment peut-on qualifier toutes les largesses dont a bénéficié Mounir Majidi ?
En tant que citoyen, il a bien évidemment le droit de faire des affaires. Mais, il a aussi les mêmes devoirs de transparence, d'éthique. Il doit être placé sur le même pied d'égalité que ses concurrents.
Or ceux-ci ne dénoncent pas seulement les passe-droits à l'affectation des emplacements. Ils attribuent aux employés de F.C COM plusieurs détériorations de matériel et un comportement au-dessus des lois. L'un de ses concurrents, ulcéré, a même lâché : “ même du temps d'Oufkir, on n'a jamais vu un phénomène pareil ”. C'est dire si le phénomène Majidi est coûteux politiquement.
Le pire c'est que Majidi se comporte en véritable prédateur. Il ne lui suffit pas d'user de passe-droits pour assurer le développement de son entreprise et de sa fortune personnelle, mais il utilise tout son entregent pour “ tuer ” ses concurrents. Or, ceux-ci sont des promoteurs qui ont investi, et qui emploient des gens. Son attitude dans le contexte actuel participe du mouvement de démobilisation des investisseurs. Comment faire confiance à un Etat où prolifèrent encore des prédateurs voraces, sans foi ni loi, avec le soutien des autorités ? Restaurer la confiance des investisseurs exige la fin des situations de rente. Celle de Majidi est encore plus scandaleuse, il y va de l'avenir du pays d'y mettre fin.


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