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LEGESLATIVES 2007 : Une législature, cinq défis
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 07 - 2007

Les législatives du 7 septembre prochain conditionnent d'une façon décisive l'accession du Royaume à ce que le Roi-Citoyen a appelé la « normalité démocratique ». Cette accession se fera ou ne se fera pas selon que nos concitoyens s'approprieront leur propre destin par le biais des urnes ou céderont à vil prix ce destin aux « acheteurs de consciences ». En effet, les échéances stratégiques, géoéconomiques, institutionnelles et politiques qui braveront le pays durant le prochain quinquennat législatif sont enceintes autant d'atouts prometteurs que de redoutables périls. Sommes-nous prêts à les affronter ? Coup de projecteur.
Le 7 avril 2006, un siècle s'était écoulé depuis que la conférence d'Algésiras avait soumis le Maroc à la tutelle d'une douzaine de nations occidentales, le précipitant tout droit vers le Traité de Fès du 30 mars 1912. La dégringolade institutionnelle, économique et géostratégique de l'«Empire chérifien» avait commencé concomitamment à l'émergence puis l'expansion de l'Empire ottoman. Boulimique, la Sublime Porte avalait les contrées européennes et vassalisait les peuples arabes. Elle bénéficiait à loisir de l'agonie du commerce caravanier qui procurait influence et prospérité aux pouvoirs sultanaux marocains. Même si nous ne fûmes jamais occupés par les Ottomans, nous subîmes une paupérisation accrue. Après avoir fait occuper ce qui deviendra l'Algérie par les généraux Bugeaud et Lamoricière, la France s'empara du Maroc et y resta 44 ans. Feu Allal Fassi et ses amis firent pression sur l'opinion publique et le Palais pour chasser les bases américaines qui se sont aussitôt établies à Cadix, à quelques brasses du territoire marocain. Puis la lutte pour la légitimité du pouvoir fut engagée entre le Palais, d'une part, et l'Istiqlal et ses dérivés de gauche, d'autre part. La «décrispation» n'advint qu'à la faveur de la «Marche verte». Mais la «sérénité» n'a intégré le jeu politique qu'à l'événement de l'alternance sous la houlette d'Abderrahmane Youssoufi. Quarante années ont été ainsi dilapidées dans les coups tordus de cette partie de cache-cache. Ils s'ajouteront à trois siècles d'errances misérabilistes. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts marocains depuis ces sinistres temps.
Le Maroc rendu à lui-même
Chacun peut constater aujourd'hui que le pays a été rendu à lui-même grâce à la clairvoyance de fin de règne de feu Hassan II et au militantisme modernitaire du Roi Mohamed VI. En 1997 et en 2002, des élections plus ou moins arrangées – quoi que les tripatouillages style Basri aient considérablement diminué en intensité – ont eu lieu sans doter le pays d'une majorité intelligible et, encore moins, d'une opposition crédible. Bien que politiquement hétéroclite et idéologiquement hybride, le gouvernement Jettou a su, durant les cinq dernières années, offrir au Roi Mohamed VI la latitude de réaliser sur les registres économique (grands projets structurants, flux d'investissements étrangers et nationaux…etc.), éthique (Code de la famille, IER…etc.) et social (logement, «villes sans bidonvilles», INDH…etc.) ce que le pays n'a pu accomplir en un demi-siècle ! De ce point de vue, Driss Jettou peut s'enorgueillir d'appartenir au club des «chefs de gouvernement patriotes» au côté du «Président du conseil» Si M'barek Bekkaï et Me Abderrahmane Youssoufi. A la veille du rendez-vous crucial du 7 septembre 2007, nous en sommes donc là. A la croisée des chemins. Au cœur d'une Histoire cinétique et de plus en plus cruelle. A équidistance entre les promesses de nos espérances et les appréhensions de nos défis. Ou nous déléguerons la conduite de notre destin à l'absurdité des vaines ambitions, ou nous nous armerons de notre citoyenneté pour faire barrage aux «chasseurs d'immunité» ! Le discours royal du 20 août était on ne peut plus édifiant à cet égard. Tout en énumérant les outils institutionnels et juridiques mis en place, responsabilisant l'ensemble des acteurs concernés par le scrutin, le Roi s'est adressé en des termes inédits à ses concitoyens : «vous ne devez pas hypothéquer votre devenir en vendant vos voix et vos convictions à ceux qui sont dépourvus de conscience et indignes de confiance. Car agir de la sorte s'apparente à une abdication coupable et condamnable de votre droit constitutionnel au vote libre. Ce serait également un renoncement inacceptable à l'honneur de votre citoyenneté et à votre dignité». Aussi, incombe- t- il «à chacun de s'armer de civisme et de se prévaloir de la force de la loi pour s'opposer aux manipulateurs des élections, et afin de pourfendre ceux qui font commerce des voix et qui s'avisent de pervertir les consultations électorales par l'usage de l'argent illicite, la fraude, le trafic d'influence, la magouille et les tripotages». L'honneur de la citoyenneté, l'arme du civisme et la force de la loi : trois parades à la perversion électoraliste des manipulateurs. L'heure est, en effet, grave. Faut-il épeler les rendez-vous décisifs qui nous guettent ? Limitons-nous à citer les cinq les plus têtus d'entre eux.
Des défis majeurs
D'abord la gestion de plus en plus difficultueuse de nos rapports avec une Algérie qui se complaît dans ses postures anhistoriques, défiant ainsi le siècle et son binôme «marché et démocratie». Une coterie militaire composée de cancres politiques qui ne se reconnaît d'intérêts supérieurs que les siens propres. Un président, pourtant natif du Maroc, dont l'autorité semble avoir donné la main à sa frêle santé et qui n'ignore rien des spoliations territoriales qui ont saucissonné le Royaume, à commencer par Tindouf. Pourquoi les gouvernants d'Alger en veulent-ils tant à la seule nation maghrébine dépourvue d'hydrocarbures? Pourquoi tiennent-ils mordicus à la couper de ses racines sahariennes et subsahariennes ? Leur haine du Royaume se situe-t-elle à la hauteur de la définition de l'identité algérienne que cela ne nous étonne point. Détiendraient-ils l'arme nucléaire qu'ils n'hésiteraient point à nous la jeter sur la figure. Rustres, frustres, cyclothymiques et vénaux, ils assimilent notre désir de paix à la faiblesse et notre tolérance à la peur. Avec des galonnés pareils, la «dextérité géopolitique» s'avère fondamentale et la perspicacité diplomatique vitale. Ce que le Roi Mohamed VI a vite compris, malgré les salamaleks trompeurs des responsables algériens. La carte de l'«autonomie interne» est venue clarifier le jeu et disloquer l'exclusivisme polisarien. Mais le chemin reste long et le défi qui nous est opposé tenace. Deuxième défi : le parachèvement de l'architecture institutionnelle et constitutionnelle du Royaume. Un consensus existe aujourd'hui quant à la réforme constitutionnelle. L'ampleur de cette dernière fera sans doute l'objet de consultations élargies à la façon Mohamed VI. Des institutions telles que le Conseil économique et social ou le Haut conseil des MRE viendront enrichir le puzzle démocratique. Le devenir de la deuxième chambre fait partie désormais de cet agenda. Par ailleurs, l'émigration définitive du statut de «sujet» à celui de «citoyen» implique la consolidation – coercitive, le cas échéant – des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Il s'agit, en effet, pour chacun de nos compatriotes, d'intégrer la discipline des devoirs afin de bénéficier de la jouissance des droits. Payer les latitudes de la liberté par attitudes de la responsabilité. Ce qui n'est guère évident. La «Siba» continue, en effet, à gouverner les esprits et les comportements. D'autant que l'exode rural a généré des néocitadins perpétuellement fâchés avec l'espace et le temps, c'est-à-dire avec les règles de l'urbanité : dans les pays les plus démocratiques, brûler un feu rouge constitue un délit sévèrement puni. Chez nous, ce délit est devenu un banal délice. En vérité, l'autorité de l'Etat ne peut être préservée qu'au prix de la visibilité et de la praticabilité quotidiennes des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Cela est connu depuis Sun Tzu, chez nous depuis Ibn Khaldoun et en Occident depuis Hegel. Le déficit de l'autorité de l'Etat constitue un défi qu'il faudra vite contrecarrer.
Troisième défi : la consolidation et l'épanouissement de la classe moyenne. Cette classe-tampon entre les développeurs de richesse et les couches modestes constitue ce que les agences de notation appellent le «gold discount» (l'escompte en or) d'une économie confiante. Elle constitue également le glaive incontournable contre toutes sortes d'aventures politiques. Favoriser l'émergence et l'épanouissement d'une classe moyenne est aussi stratégique pour une économie moderne que la solidité d'une monnaie. Quatrième défi : l'extrémisme et son corollaire terroriste. Ce sida mental, même s'il se nourrit des injustices endurées par les Musulmans et les Arabes à travers le monde, ne prospère que dans les marécages de la grande pauvreté, de l'exclusion et de l'ignorance. Il s'allie au fatalisme et à l'analphabétisme pour embrigader tous ceux que le train de la modernité a laissé au bord de la route. La transnationale jihado-terroriste y fait son marché de ces bombes humaines qui sont cyniquement pétries dans le discours eschatologique et – ô combien! – scatologique. Pullulent ainsi dans les faubourgs de nos villes des profils naviguant allègrement au large du pathos névrotique avant d'amarrer au cœur de l'illumination psychotique de type schizophrénique. A l'heure où l'islamisme violent semble s'installer au cœur de l'Histoire, allant jusqu'à intégrer les nanotechnologies offertes par la mondialisation du savoir, le Maroc est appelé à s'imposer des «lignes rouges vertueuses» prohibant à jamais le racisme, le prosélytisme musclé, l'exclusivisme dogmatique, l'anti-occidentalisme primaire et l'antisémitisme. Libre à chacun, bien entendu, de stigmatiser l'impérialisme néoconservateur ou le néosionisme israélien. Il y a là un défi civilisationnel que le Royaume ne peut négliger si, réellement, il tient à son challenge démocratique et modernitaire.
Cinquième défi : le rendez-vous libre-échangiste avec l'Union européenne. La rencontre des cosmogonies marocaine et européenne autour de la libre circulation des capitaux, des concepts, des produits et des services – en attendant celle des personnes – aboutira soit au remorquage socioéconomique d'un Maroc qui aura déjà atteint en 2012 le stade de l'émergence, soit à la mise à mort d'une économie non encore prête pour la guerre des parts de marché. Les mises à niveau engagées par le Royaume depuis plus d'une décennie attestent, certes, de sa franche volonté de réussir le défi du libre-échange euro-marocain, mais la partie sera rude. Ces cinq défis exigent donc une mobilisation a maxima. Pour les gagner, le Maroc doit aligner sur le front un gouvernement volontariste, une société civile agressive, une opposition imaginative et, dès le lendemain du 7 septembre prochain, un parlement vaillant et crédible. Pour cela, les compatriotes doivent répondre «civiquement et dignement» à l'appel du suffrage universel. Aux urnes citoyens !
Quand le «tbarguig» devient
une vertu….
Les subterfuges des acheteurs de voix ont considérablement évolué depuis la dislocation du système Barien. Si les services de police (RG, DST, PJ) sont mobilisés au côté du wali et du procureur pour traquer les pratiques nauséabondes des candidats pervers, les stratagèmes sont plus alambiqués. Depuis plus d'un an, certains candidats ont pointé circoncisions, mariages, veillées funéraires et autres rentrées de classe pour soudoyer les électeurs, injectant l'argent sale au cœur des joies et des peines de leurs compatriotes. Les écoutes sont redoutées ? On fait appel à son gardien d'immeuble ou au cireur du coin pour se procurer un nouveau numéro. La voiture de fonction ou particulière est filée ? On emprunte les taxis et parfois même le bus. La mère, la sœur, l'épouse ou la tante est recrutée pour des après-midi dédiés au recrutement des «régisseuses payeuses» appelées à leur tour à acquérir des voix moyennant finance. Les mots inédits du Roi à cet égard ont été durs. Mais la fibre délictuelle des « chasseurs d'immunité » est tenace. Des dizaines de candidats savent qu'ils regagneront les geôles dès le lendemain des législatives s'ils n'échappent pas à la souricière par le truchement de la députation. Des cas emblématiques sont connus de l'ensemble des Marocains, tel cet élu marrakchi qui a collectionné les faux, usages de faux, rançonnages et autres friandises de cet acabit. Alors le citoyen est-il invité par le Roi lui-même à traquer les salauds de l'urne. Ils disposent pour cela de plusieurs armes dont la plus redoutable demeure le sens du « tbarguig » (l'observation curieuse d'autrui). Au secours du « tbarguig », la technologie domestique peut faire des miracles. Ainsi en est-il du téléphone portable qui peut enregistrer, photographier et transmettre les données. Les éléments récupérés sont aussitôt livrés au procureur qui a ordre d'ouvrir illico presto une enquête. La responsabilité du citoyen est ainsi assumée et l'appel du Roi ne resterait pas vain. Vos yeux, vos oreilles et votre conscience constituent des armes efficaces contre la délinquance électorale. A vos GSM citoyens !


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