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Justice : le consensus
Publié dans La Gazette du Maroc le 08 - 05 - 2009

Abdelouahed Radi en vieux routier de la politique et du travail législatif, a réussi son passage chez les deux chambres du Parlement Marocain. Il a présenté sa vision de la réforme à la commission spécialisée des deux Chambres. Pour éviter la répétition des discours de circonstance, il a été très clair : «il faut dépasser le diagnostic, ce que j'attends de vous ce sont des propositions» a-t-il déclaré aux parlementaires.
En fait, Abdelouahed Radi veut des propositions sur ce qu'il considère comme étant l'aspect politique de la réforme, celui ayant trait aux équilibres à l'intérieur de l'institution judiciaire, au rôle du ministère, à la refonte du Conseil supérieur de la magistrature. Le reste, ce qui relève de son pouvoir réglementaire est, selon lui, déjà en marche.
Sur ces questions d'aspect politique, le ministre de la Justice et numéro un de l'USFP veut les consultations les plus élargies possibles et les propositions les plus concrètes possibles. Il sait que l'Etat de droit, sa consolidation, ont besoin d'une justice au-dessus de tout soupçon et que l'appareil judiciaire doit être respecté de tous, si l'on veut que la règle de droit s'impose à tous.
La réforme de la Justice n'a de chance de réussir que si elle est consensuelle, non seulement dans son principe, mais y compris dans ses modalités. Cette réforme est indissociable des autres réformes institutionnelles dont le pays a besoin. D'ailleurs le débat au sein du Parlement a fait ce lien et a permis au ministre de la Justice d'enregistrer un soutien sans faille du PJD, par rapport aux principes énoncés et à la démarche adoptée. Sachant que le Roi appelle de ses vœux, la réforme, pour aboutir à une Justice indépendante, crédible, jouissant de la confiance de tous les justiciables, on peut afficher un optimisme raisonnable. Car l'appareil judiciaire ce sont aussi des hommes et des femmes. Radi n'a pas éludé la question. Devant les parlementaires, il a expliqué « On ne peut pas payer les juges au salaire que nous les payons, leur offrir un avancement au bout de dix ans et leur demander de résister, tous et à toutes les tentations ». Il propose une revalorisation sérieuse des salaires et une carrière plus évolutive. Une telle révision permettra une plus grande sévérité face aux récalcitrants, c'est une manière plus objective de lutter contre la corruption que les incantations des lignes de vertu modernes. Consultations, transparence, objectivité, les principes de la méthode sont établis. Il reste à donner son contenu à l'une des réformes essentielles sur laquelle on a peu avancé dans la transition Marocaine. ■


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