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Bras de fer diplomatique
Publié dans La Gazette du Maroc le 28 - 07 - 2003


Bush perd son duel et Schröder sauve la mise
C'est avec en arrière-plan l'occupation illégale de l'Irak que s'est ouverte la 58ème Assemblée générale de l'ONU le 23 septembre. Moment historique alors qu'un nombre record de chefs d'Etat étaient présents, ce fut aussi l'occasion de rappeler les Etats-Unis à l'ordre.
“Cette logique d'emploi de la force préventive constitue un défi fondamental aux principes sur lesquels la paix et la stabilité mondiales sont fondées depuis 58 ans”. D'entrée de jeu, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, donne le ton à l'ouverture de la cinquante-huitième session de l'Assemblée générale de l'ONU. C'en était fait pour George Walker Bush.
Prenant la parole devant l'Assemblée générale, qui venait tout juste d'entendre le nouveau président brésilien, Luiz Inacio Lula Da Silva, pour plaider en faveur du renforcement du multilatéralisme, le président américain tente en vain de justifier la position des Etats-Unis en Irak : “[…] la coalition a agi pour défendre la paix mais aussi la crédibilité des Nations Unies. Aujourd'hui, l'Irak est libre et dispose d'un gouvernement libéré et au Moyen-Orient, les populations sont plus en sécurité parce qu'un agresseur imprévisible a été écarté du pouvoir”, a-t-il déclaré devant un auditoire sceptique.
Pour le président français Jacques Chirac, la réalité semble toutefois bien différente. Faisant flèche de tout bois, Chirac va jusqu'à dire que “les Nations Unies viennent de traverser l'une des épreuves les plus graves de leur histoire, et que la guerre engagée sans l'autorisation du Conseil de sécurité a ébranlé le système multilatéral”. Mais à l'image de la relation tendue qu'entretiennent les deux ténors depuis plusieurs mois, Bush brille par son absence au moment où le président français prend la parole devant l'Assemblée. Chirac, quant à lui, présent au moment du discours du président américain, applaudira ce dernier poliment, du bout des doigts.
Le plaidoyer de Chirac en faveur de la “mondialisation de la solidarité”, empruntant un instant le discours alter-mondialiste, et du renforcement du système onusien, se voulait un camouflet à peine voilé à Bush . Cet incident diplomatique n'aura apparemment pas empêché les deux hommes de s'entretenir en tête-à-tête durant une quarantaine de minutes à la suite de cette joute orale. Selon le président de la République française, l'entretien aurait même été fructueux. Mais Chirac est visiblement irrité par “le système des médias contemporains qui a tendance à monter les problèmes diplomatiques en épingle comme les prétendues oppositions entre les Etats-Unis et la France”. […] “Même si nous avons des divergences de vues sur la gestion de la question irakienne, il y a une amitié sincère entre la France et les Etats-Unis qui n'est pas remise en cause chez nous”, a-t-il tenu à rappeler en conférence de presse.
Schröder le médiateur
Sentant la valse diplomatique entre la France et les Etats-Unis déraper, le chancelier allemand, Gerhard Schröder, a jugé bon d'intervenir. Moins de 24 heures après le duel Bush-Chirac devant l'ONU, le chancelier allemand, jouant le rôle de médiateur pour cette occasion, sauve la mise. Après le petit-déjeuner passé en compagnie du chancelier, le Président Bush se veut rassurant : “nous avions des divergences. Elles sont terminées. Nous allons travailler ensemble”.Un diplomate américain apporte toutefois un son de cloche bien différent. Selon ce dernier, cité par le New York Times, la stratégie de Washington consiste dorénavant à “parler aux Allemands” […] et à “isoler les Français”.
Au moment du Sommet du G8 à Evian en juin dernier, Bush et Chirac s'étaient évités. Depuis le mois de juin, point de communication. Le seul contact entre les deux hommes aura été une “lettre manuscrite” écrite par George W. Bush pour remercier Jacques Chirac de la bonne tenue du Sommet d'Evian. Nous sommes bien loin de la lune de miel que connurent, jadis, les deux pays. Le “Nous sommes tous Américains” qu'avait lancé le président Chirac au lendemain du 11 septembre, ce qui lui avait d'ailleurs valu d'être le premier chef d'Etat à être invité aux Etats-Unis à la suite desdits événements, ne résonne plus, ni à Paris ni à Washington.
L'impasse diplomatique de la semaine dernière ressemble à plusieurs égards au différend survenu entre les deux pays le 5 février dernier au Conseil de sécurité de l'ONU. En réponse aux allégations de Colin Powell à l'égard des armes de destruction massive et des supposés liens qu'entretenait le régime baâsiste de Saddam Hussein avec le réseau Al Qaïda, Dominique de Villepin avait servi à son vis-à-vis américain une leçon diplomatique qui lui valut d'ailleurs un historique applaudissement. Sans avoir eu un appui moral à l'image de celui qu'avait reçu le ministre des Affaires étrangères français en février dernier, le chef de l'Hexagone a néanmoins eu droit à d'importants soutiens à New York la semaine dernière face à sa proposition de réformes de l'ONU et, surtout, à celle ayant trait au rétablissement rapide de la souveraineté de l'Irak. Fort de l'appui du Secrétaire général de l'ONU, Chirac a aussi reçu un appui inattendu de la part d'Ahmed Chalabi, l'homme fort de l'administration Bush en Irak et chef du Conseil de gouvernement provisoire à Bagdad.
À en croire Karsten Voigt, coordinatrice pour les relations Etats-Unis-Allemagne au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le malencontreux désaccord n'aurait été qu'une exception à la règle. “Non seulement je pense que l'ère glaciale est terminée, mais plutôt que le soleil brille une fois de plus après les violentes tempêtes des dernières semaines et mois”. À moins d'un changement de cap radical de la part des faucons à Washington, le climat d'apaisement ne pourrait cependant être qu'illusoire.
Avec les élections américaines qui approchent, l'administration Bush pourrait être appelée à revoir sérieusement sa politique étrangère. D'ailleurs, le président Bush devrait se rappeler les propos qu'il tenait au moment de la campagne électorale en 2000 : “si nous sommes une nation arrogante, ils nous considèreront ainsi, mais si nous sommes une nation humble, ils nous respecteront”. D'ici le prochain scrutin, espérons, afin que se portent mieux la paix et la sécurité internationales, que George W. Bush persiste à souhaiter être réélu et agisse dans ce sens.


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