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L'Allemagne sur les traces de Bahaji
Publié dans La Gazette du Maroc le 23 - 02 - 2004


Soupçonné de liens avec la cellule de Hambourg
Les commanditaires des attentats meurtriers du 11 septembre 2001 ont tous, ou presque, fait parler d'eux. Sauf un. Celui-ci est Maroco-allemand et porte le nom de Saïd Bahaji. Un rapport récent des services de renseignements allemands dévoile qu'il avait domicilié deux comptes bancaires dans une agence d'ABN AMRO, absorbée depuis par la BMCI. Les comptes en question ont été alimentés par l'un des principaux lieutenants d'Oussama Ben Laden, le Yéménite Ramzi Ben Al-Sheibah arrêté au Pakistan. En cavale depuis 2001, Saïd Bahaji s'est déplacé à plusieurs reprises au Maroc pour récupérer l'argent qui servait à financer la cellule de Hambourg.
Jamais une aussi forte implication des services secrets étrangers ne s'était manifestée au lendemain des tristes événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. C'est un constat avéré qui a produit des résultats probants en matière de lutte contre le terrorisme. Que ce soit pour les Etats-Unis, victimes de cette tragédie sanglante, ou de la République fédérale d'Allemagne, base arrière des terroristes présumés complices des kamikazes, les enquêteurs ont passé au peigne fin toutes les pistes pour remonter le fil. Les informations obtenues sur la genèse des attaques montrent en effet que la piste allemande est la plus concluante. La presse en a fait écho et il est établi que trois des 19 pirates, dont Mohamed Atta, ont longtemps vécu à Hambourg avant de partir en 2000 pour les Etats-Unis. Les autres compagnons, dont plusieurs Marocains en cavale, en état d'arrestation ou jugés et relaxés pour manque de preuves, sont toujours dans le collimateur de la justice américaine, déterminée dans son combat contre le terrorisme à débroussailler cette affaire.
Connivences établies
Les Américains, avec l'aide des services de renseignements un peu partout dans le monde, ont établi que les attentats ont été préparés à Hambourg par de jeunes étudiants comme Mohamed Atta d'Egypte, Ziad Jarrah du Liban, Marwan al-Shehhi des Emirats arabes unis, Ramzi Bin Al-Sheibah du Yémen, Mounir al-Motassadeq et Zakariya Essabar du Maroc… D'autres complices présumés, non moins importants, tel le Maroco-allemand Saïd Bahaji soupçonné de liens terroristes, sont dans l'œil du cyclone de la justice allemande qui multiplie ses investigations, surtout ces derniers temps, en vue de repérer sa cachette. Le dernier signe de vie remonte à la mi-août 2003 où il a téléphoné brièvement à ses parents à Meknès. “Il a dit qu'il allait bien, et que nous ne devions pas nous faire de soucis pour lui”, a révélé son père, Abdallah Bahaji, aux autorités allemandes. Toujours selon le témoignage du père de Saïd Bahaji, celui-ci n'a pas donné d'indication sur le lieu où il se cachait tout en affirmant que tout allait bientôt être réglé et qu'il était entre de bonnes mains. Bahaji, qui avait quitté l'Allemagne quelques semaines avant les attentats affirmant à son épouse qu'il se rendait au Pakistan pour y suivre des cours en informatique, fait aujourd'hui l'objet d'un mandat d'arrêt international. Son implication directe ou indirecte dans l'affaire du 11 septembre 2001 est démontrée à plus d'un titre puisqu'il entretenait des relations très étroites avec la cellule de Hambourg. Un rapport très récent des services secrets de la République fédérale d'Allemagne, dont LGM dispose d'une copie, en fait état et dresse le parcours de ce jeune militant islamiste, reconverti au terrorisme, ainsi que de l'ensemble de ses mouvements financiers opérés aussi bien en Allemagne, essentiellement à Hambourg (lieu de son ex-résidence) qu'au Maroc. Oui, le Maroc. L'argent qui a servi, entre autres, à la préparation des attentats du 11 septembre 2001 aurait transité par le Maroc. Et plus précisément à Casablanca. Saïd Bahaji s'est déplacé à plusieurs reprises, selon le rapport des services de renseignements allemands, au Maroc où il avait domicilié un compte
dans une agence de l'ABN AMRO, institution bancaire absorbée depuis quelque temps par la Banque marocaine du commerce et de l'industrie (BMCI). Ledit rapport trace avec précision les différents mouvements d'argent reçus par Saïd Bahaji de la part du Yéménite Ramzi Ben Al-Sheibah (l'un des proches lieutenants d'Oussama Ben Laden) arrêté au Pakistan par les services américains, en l'occurrence la CIA et le FBI. Il est à relever qu'il y a eu une confusion de taille chez les autorités allemandes qui ont pris au départ la BMCI pour la Banque mauritanienne pour le commerce international du fait que les deux entités bancaires portent la même abréviation. La réplique des responsables mauritaniens ne s'est pas fait attendre.
Le président-directeur général de la banque mauritanienne mise en cause, Moulay Abbas, a envoyé un courrier daté du mois d'août 2003, dans lequel il affirme que “Saïd Bahaji n'a pas et n'a
jamais eu de compte dans le réseau de la banque mauritanienne pour le commerce international”. Vérification faite, la BMCI est mise à l'index.
Le recoupement est établi et les mouvements opérés dans ce compte bancaire sont passés au crible. D'énormes sommes d'argent ont été retirées par Saïd Bahaji lors de ses différents passages au Maroc. De 1999 à 2000, Bahaji a obtenu au total trois versements bancaires effectués par Bin Al-Sheibah ainsi qu'un versement de plusieurs milliers de Deutsche Marks en guise de cadeau de mariage.Il a reçu également de Atta quatre mandats-cartes (le montant n'a pas été précisé) avec les indications : “Darel Ansar”, “Darul Ansar”, ou “Darvi Ansar”. L'enquête allemande montre qu'en février 2003, Saïd Bahaji a effectué un virement de 10 500 DM en faveur de Mounir El Moutassadeq. Cependant, aucune indication n'a été donnée sur l'usage et la finalité de l'argent retiré au Maroc. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que Saïd Bahaji, 26 ans, Allemand de père marocain, avait loué l'appartement à Hambourg habité par les pilotes de 1998 à début 2000.
Un maillon fort
L'enquête allemande a décortiqué les activités de Saïd Bahaji qui semble être l'un des maillons forts de la cellule de Hambourg. Preuve en est que le Canada a ajouté son nom à une liste exhaustive d'individus et de groupes soupçonnés de liens terroristes suivant ainsi une décision similaire prise en 2003 par l'ONU et les Etats-Unis. Aujourd'hui, on le dit mort, en cavale au Pakistan sans écarter l'hypothèse qu'il se trouve au Maroc. Avec bien évidemment une fausse identité comme c'est le cas de plusieurs islamistes marocains (ce qu'on appelle communément les cellules dormantes) qui sont passés par les camps d'entraînement en Afghanistan. Selon les enquêteurs allemands, Bahaji s'était effectivement rendu début 2000 en Afghanistan. Il aurait, peu avant les attentats, pris la fuite pour le Pakistan. L'enquête révèle vraisemblablement que Saïd Bahaji a été présenté à Atta par le Marocain Mounir el Motassadeq, condamné en février à Hambourg à quinze ans de prison ferme pour “complicité de meurtres”, dans le premier procès mondial consacré aux attentats du 11 septembre 2001. Internationalement recherché, Saïd Bahaji est impliqué également dans des histoires de blanchiment d'argent comme le précise le rapport des services de renseignements allemands. En effet, la Deutche Bank AG a saisi la justice allemande déclarant qu'elle avait des soupçons concernant les dépenses effectuées par Saïd Bahaji et qu'il pourrait s'agir d'un cas de blanchiment d'argent. Les investigations concernant les transactions du compte bancaire N° 600 6634752 établi à la Deutche Bank AG ont mis au jour une escroquerie de plusieurs milliers de Deutsche Marks effectuée depuis l'ouverture dudit compte le 10 août 1998 jusqu'à son solde le 21 juillet 2000. Il s'agit principalement de procédés frauduleux dans l'utilisation d'une carte bancaire dans les guichets automatiques bancaires de la Deutche Bank AG de Hambourg. Mieux encore. En dehors du règlement du loyer par virement bancaire, Bahaji a effectué fréquemment d'autres virements mensuels en faveur de l'Union d'Aide aux Musulmans qui opère sur l'ensemble de la République fédérale d'Allemagne ainsi qu'un don mensuel à une autre organisation caritative musulmane “Dar As Sunna”. Et ce n'est pas tout. Les Allemands sont arrivés à démontrer qu'un autre versement de plusieurs milliers de DM a été effectué, mais cette fois-ci par des circuits détournés, du compte bancaire de Saïd Bahaji de la Deutche Bank AG sur son compte chez HASPA. D'autres plaintes ont été également enregistrées à l'encontre de Saïd Bahaji par les autorités néerlandaises et l'ABN AMRO Bank Nederland AG pour malversations. En effet, suite à une procédure judiciaire en date du 28 décembre 2001, les autorités néerlandaises ont indiqué qu'une somme de 1.797,30 NGL (florins hollandais), ainsi qu'une autre somme de 1.600 NGL étaient fermement établies sous deux comptes bancaires ouverts au nom de Saïd Bahaji à la filiale d'ABN AMRO Maroc. D' autres démarches auprès d'organismes bancaires comme Western Union et Thomas Cook and Money Gram ont permis d'établir que des retraits de quatre relevés bancaires ont été effectués par le dénommé Saïd Bahaji qui depuis quelques semaines commence à faire la Une des journaux allemands. A présent, le Parquet fédéral est convaincu que Saïd Bahaji - recherché internationalement - a été d'un grand soutien logistique pour les trois kamikazes de la cellule de Hambourg, Mohamed Atta, Marwan El-Shehhi et Ziad Jarrah. Il leur a procuré de l'argent, fourni un logement et dissimulé leurs absences suspectes.


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