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LE PJD et le bdisent non au dialogue avec Al Adl
Publié dans Lakome le 09 - 07 - 2011

Jamaât Al Adl Wa Ihssane (Mouvement justice et spiritualité) appelle dans le dernier communiqué de son cercle politique à un «dialogue global sur la base d'un pacte national commun pour éviter que le pays ne s'engouffre dans l'abime». Lakome sonde une partie de la classe politique suite à cet appel.
K. Naciri : la stabilité et la monarchie comme préalable
«Rien ne permet de prouver que la demande de dialogue de la part d'Al Adl Wa Ihssane soit sérieuse», affirme Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication dans une déclaration à Lakome. Les exigences d'un dialogue national selon le responsable marocain sont les suivantes : «Il faut que ce mouvement affiche une volonté de s'inscrire dans la normalité institutionnelle et Al Adl Wa Ihssane n'y est pas». Et d'ajouter : «On ne peut pas rentrer dans le jeu politique, si on n'accepte pas ses règles. Elles sont la démocratie, la stabilité institutionnelle et la monarchie telle qu'elle a été instaurée par la constitution votée massivement par le peuple marocain».
De son côté, Le PJD a exprimé par la voie de son SG adjoint Lahcen Daoudi, son refus de l'appel d'Al Adl. «On ne peut pas accepter le dialogue, alors que le débat a été clos après le vote de la nouvelle constitution. On a pris le route et on ne peut faire marche arrière», déclare-t-il au quotidien Bayane Al Yaoum.
Même son de cloche au PPS. Son Secrétaire Géneral , Nabil Benabdellah, considère que «la position de la Jamaâ de boycotter le dialogue national sur la nouvelle constitution est incompatible avec cet appel au dialogue. Al Adl n'est pas en position pour lancer de telle initiative».
F. Arsalan : Le fond avant le type de régime
Contacté par Lakome, Fathallah Arsalan, porte-parole d'Al Adl, répond à ces exigences par d'autres critères. «Nous appelons à un dialogue sociétal et pas que politique, sans exclure personne. Un débat public sans lignes rouges, pas celui qui se tient en catimini dans les salons».
Sur la question de la monarchie, le dirigeant islamiste répond : «On veut débattre d'abord du contenu et ensuite du type de régime. Pour nous, un régime il faut qu'il soit juste, où le chef de l'Etat peut rendre des comptes et même peut être jugé. Ce régime doit protéger les libertés et la dignité des citoyens. Si un régime répond à ces critères, ils peuvent le nommer comme ils veulent, monarchie, république ou même le califat».
Et quelle serait la préférence des adeptes de Cheikh Yassine, guide de la Jamaât ? «N'importe quel régime qu'il soit monarchique, républicain, où le califat peut devenir une dictature. D'ailleurs c'est le cas de la grande majorité des républiques du monde arabe. Le califat n'est pas en reste. Du temps des Omayade (VIIème et VIIIème siècle) et des Abbaside (du VIIIème au XIIIème) la dictature et l'instrumentalisation de la religion pour gouverner ont atteint des sommets», répond F. Arsalan.
Après dix ans sans dialogue entre l'Etat et le mouvement, le responsable de la Jamaâ conclut : «On souhaite que l'Etat nous oublie. Le problème aujourd'hui ce n'est pas Al Adl Wa Ihssane. Le régime tente de travestir la réalité. Le vrai enjeu c'est le changement, voulu par le société marocaine».


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