Lions de l'Atlas Il ne s'agit plus uniquement de football. Ce qui se joue aujourd'hui autour du Maroc dans une partie de la presse sportive francophone, et surtout sur les réseaux sociaux, relève avant tout d'une véritable guerre des clics, où l'indignation se transforme en produit et où la polémique devient un modèle économique à part entière. Le Maroc n'est plus seulement une sélection ou un projet sportif, il est devenu une marque médiatique, identifiable, clivante et extrêmement rentable en termes d'audience, notamment pour les médias sportifs français et quelques tweetophiles du réseau X. Dans l'économie actuelle de l'attention, la règle est simple : ce qui provoque fait réagir, et ce qui fait réagir fait vivre. Et dans cette guerre-là, le Royaume est devenu un sujet central, une marque qui attire, un nom qui fait réagir et qui rapporte. Or le Maroc concentre aujourd'hui tous les ingrédients recherchés par les médias et les influenceurs en quête de visibilité : des résultats sportifs marquants, des choix assumés, une réussite qui bouscule les hiérarchies établies et une base de supporters massive, engagée et très réactive. Le Maroc, un sujet premium lucratif Dans ce contexte, le Royaume est devenu un sujet premium, souvent plus exploité dans la critique que dans l'analyse, car la controverse génère plus de trafic que la nuance. Il ne serait pas naïf de croire que cette surenchère relève d'une hostilité structurée ou d'une guerre politico-médiatique dissimulée. C'est une vérité à ajouter à cette réalité prosaïque : le Maroc fait vivre une partie des journaleux des réseaux sociaux, des éditorialistes en quête de buzz et des influenceurs qui prospèrent sur la réaction immédiate. Chaque rumeur, chaque sous-entendu et chaque phrase sortie de son contexte devient une opportunité de capter l'attention et d'alimenter les algorithmes, au détriment de l'information. Plus le Maroc gagne en visibilité et en crédibilité, plus il devient une cible médiatique rentable. Il ne dérange pas parce qu'il échoue, mais parce qu'il réussit et qu'il s'impose comme un acteur central du paysage footballistique et médiatique. Dans cette guerre de l'attention, le Royaume est devenu un produit éditorial à part entière, utilisé pour provoquer, polariser et monétiser. Face à ce bruit permanent, la meilleure réponse n'est ni la surenchère ni la victimisation. Le véritable rapport de force se situe ailleurs : sur le terrain, dans l'organisation, dans la constance et dans une stratégie de long terme. Le reste n'est que vacarme médiatique. Pendant que certains vivent du Maroc, le Maroc, lui, continue d'avancer. Le Maroc devient incontournable Sur le plan purement sportif, depuis 2022, la tanière des Lions de l'Atlas enchaîne les performances et confirme une dynamique exceptionnelle à tous les niveaux : * Vainqueurs de la Coupe du Monde U20 au Chili * Vainqueurs du CHAN pour la troisième fois * Vainqueurs de la CAN U17 * Vainqueurs de la CAN U23 * Vainqueurs de la Coupe arabe * Vainqueurs de la CAN de futsal pour la troisième fois consécutive * Finalistes des deux dernières CAN féminines * Finalistes de la CAN 2025 Demi-finalistes de la Coupe du monde 2022 au Qatar * Demi-finalistes et médaillés de bronze aux Jeux olympiques de Paris Une série de résultats qui illustre la montée en puissance globale du football marocain, aussi bien chez les seniors que dans les catégories de jeunes, le football féminin et le futsal. De quoi faire saliver plus d'un... Les critiques ou polémiques qui émergent autour des Lions de l'Atlas relèvent surtout de jalousies sportives, de rivalités régionales et de cette guerre de l'attention médiatique utile à certains pour arrondir la fin des mois. Le vrai signal est ailleurs : quand un pays performe partout (hommes, jeunes, femmes, futsal), il devient incontournable. Et ce qui est incontournable est forcément commenté, parfois attaqué... Dima Maghrib