Comme toute profession, le coaching fait face à une multitude de difficultés. Ces difficultés peuvent muer en dangers si la profession ne fait rien. Par Nezha Hami-Eddiine Echairi, Business coach – Cap RH. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram D'après la dernière enquête réalisée par ICF[1] Monde en 2025, le nombre de coachs a augmenté de 15% depuis 2023, soit un record de 122.974. Bien entendu, le chiffre d'affaires du secteur a, lui aussi, augmenté. Chaque enquête d'ICF relève les difficultés auxquelles fait face le coaching, à savoir le manque de soutien du top management, la difficulté à mesurer son impact, presque l'absence de budget-coaching et les pseudo-coachs. Ce sont les mercenaires qui pratiquent, sans avoir suivi une formation. À cette liste, j'ajoute les "coachs dormants". Je vous explique. Le coaching fait son entrée en entreprise soit par les coachs, soit par les managers coachs. Les entreprises font appel à un coach, pour les aider, soit à dépasser des difficultés, soit à consolider leur progression. Car on ne fait pas appel au coaching uniquement quand «ça va mal», mais aussi quand tout va bien. Les managers coachs sont des managers qui ont suivi une formation en coaching en bonne et due forme pour enrichir leur kit de travail et améliorer leur style de management. Certaines entreprises embauchent carrément un coach. C'est le coach interne, salarié de l'entreprise. Cette pratique est rarissime au Maroc. Qui sont les "coachs dormants"? Ce sont des coachs qui travaillent en entreprise et qui ont suivi une formation en coaching. Mais, qui ne pratiquent pas. Ils vivent la terrible frustration d'être "coach sans clients". Or, comme tout métier, si on ne pratique pas, on perd la main. Pour compenser, ils font soit du pro bono à outrance, soit "s'auto-proclament" coachs de leur entreprise. Le coaching exige des praticiens de faire du solidaire. C'est une obligation. Un coach doit réserver une partie de son temps pour offrir un coaching solidaire, pro bono, dans les règles de l'art. Ce n'est point un coaching au rabais. Généralement, ces séances sont offertes aux ONG. Pour certains "coachs dormants", le pro bono est devenu leur activité principale. Il y a danger, car on ne trouve pas un médecin qui est, tout le temps, engagé dans des caravanes médicales, ni un avocat qui fait tout le temps du pro bono. Coaching au forceps Pour pratiquer, certains "coachs dormants" proposent à leur DRH des services de coaching gratuit. Par exemple : coacher un collègue en manque de motivation, régler un conflit ou encore gérer le stress par des séances de respiration. Certaines DRH, mal inspirées, sautent sur l'occasion. Cela leur donne l'illusion de faire des économies. Or, cette pratique est dangereuse pour la profession. Le coaching n'est pas demandé, mais "offert" par la DRH. Le bénéficiaire accepte, contre son plein gré. Cette pratique est fortement dommageable, car le "coach dormant" manque au SMIG déontologique de la profession : on ne peut coacher quelqu'un contre son gré. Il faut qu'il y ait une demande. Le coach aide son client à verbaliser son besoin. Le coaching ne peut démarrer qu'après expression claire du besoin par le coaché. Ce sera l'épine dorsale de la relation. Ce coaching au forceps est une véritable agression contre le coaché, mais où le "coach dormant" s'en sort indemne grâce au soutien de la DRH. Par contre, la profession y laisse des plumes. Ces "coachés malgré eux" font de la mauvaise réclame pour le coaching. Car certains en ont gardé des séquelles. Coachs inquisiteurs Quand une entreprise, où travaille un "coach dormant", lance une mission de coaching d'équipe, il vit la sempiternelle frustration «j'aurais pu le faire». Oui, il pourrait le faire. Mais pour ce faire, il faut faire le grand saut : renoncer à la tranquillité du salaire à la fin du mois. Et vivre l'excitation de l'entrepreneuriat. Au lieu de se comporter en pair, comme l'exige la profession, vis-à-vis du coach en charge de la mission, il explique dans les couloirs que ce n'est pas comme cela qu'il faut faire. Comment peut-il le savoir puisqu'il n'a jamais pratiqué ? Parfois, son génie le pousse à ébruiter le budget de la mission ou carrément à proposer au top management de le faire gratuitement. Il y a danger. [1] International Coaching Federation div class="a2a_kit a2a_kit_size_32 addtoany_list" data-a2a-url="https://www.lavieeco.com/affaires/carriere/alerte-coachs-dormants/" data-a2a-title="Alerte "Coachs dormants" !"