Depuis le 28 février, les marchés pétroliers mondiaux sont secoués par une escalade militaire impliquant plusieurs acteurs majeurs du Golfe. Le baril de Brent, qui oscillait autour de 70-73 dollars en février, a rapidement dépassé la barre des 80-85 dollars. Le 6 mars, vers 12h25 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'est envolé de 4,04 %, atteignant 88,86 dollars, un niveau jamais vu depuis avril 2024. Dans le même temps, le West Texas Intermediate pour livraison en avril a grimpé de 5,52 % à 85,48 dollars. Pour le Maroc, importateur net de presque la totalité de ses carburants, cette flambée constitue une menace immédiate pour le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Selon Platts, le cours du gasoil a bondi de 16 % en une seule séance, accentuant l'inquiétude des autorités et des acteurs économiques. L'appel à la responsabilité Dans un communiqué publié le 5 mars 2026, le ministère de la transition énergétique et du Développement durable a lancé un appel solennel aux distributeurs et importateurs, les exhortant à « faire preuve de patriotisme et de responsabilité ». Ce message s'articule autour de trois priorités : garantir la stabilité des prix afin de protéger le consommateur des hausses internationales brutales, assurer une gestion rigoureuse des stocks stratégiques pour prévenir toute rupture d'approvisionnement, et lutter contre la spéculation en évitant la rétention volontaire de carburants en prévision d'une nouvelle flambée des cours. Des stocks encore insuffisants Les données officielles pour mars 2026 révèlent une situation mitigée : le Maroc dispose d'environ 30 à 31 jours de consommation en stock de sécurité pour le gasoil et l'essence. Si cette réserve assure une tenue à court terme, elle reste inférieure au seuil réglementaire de 60 jours fixé par les autorités. Quant aux prix à la pompe, au 5 mars, le gasoil est affiché autour de 10,80 DH et l'essence à 12,49 DH à Casablanca. Les experts avertissent que le franchissement des 13 DH n'est pas à exclure si la situation du détroit d'Ormuz venait à se compliquer. Une surveillance accrue Face à ce contexte incertain, le ministère entend multiplier les contrôles et travailler en étroite coordination avec les opérateurs privés afin de limiter les effets sur le marché domestique. « La vigilance et la coopération de tous sont essentielles pour amortir ce choc international », insiste le communiqué officiel. En somme, alors que les vents de crise soufflent sur le marché pétrolier mondial, le Maroc mise sur une combinaison de stocks stratégiques, de régulation des prix et de responsabilité sectorielle pour traverser cette période critique.