Le commerce régional reste un moteur majeur de l'emploi. Le secteur doit accélérer sa modernisation et mieux s'adapter aux mutations en cours. Le Souss-Massa veut faire valoir ses priorités dans la Vision nationale 2030. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le deuxième Forum régional du commerce, organisé hier à Agadir, aura surtout mis en évidence une réalité : dans le Souss-Massa, le commerce demeure un pilier économique majeur, mais confronté à de multiples défis. Placée sous le thème ''Souss-Massa : un levier régional pour la mise en œuvre de la vision commerciale du Maroc à l'horizon 2030'', cette rencontre a permis de faire remonter les attentes d'un secteur en pleine mutation, à quelques semaines du Forum marocain du commerce, prévu à Marrakech. Porté par la Chambre de commerce, d'industrie et de services (CCIS) de Souss-Massa, en partenariat avec la Direction régionale de l'industrie et du commerce, le forum s'inscrit dans la démarche nationale visant à préparer la feuille de route '' Commerce du Maroc 2030''. Mais au-delà du cadre institutionnel, l'intérêt de cette étape régionale réside dans sa capacité à faire émerger une lecture territoriale des enjeux du commerce. Car dans le Souss-Massa, le secteur pèse lourd : plus de 120.000 unités commerciales et plus de 250.000 emplois, selon les chiffres avancés lors de la rencontre. Cette importance économique n'empêche pas l'accumulation de fragilités. Digitalisation accélérée, expansion des grandes surfaces, pression du secteur informel, difficultés d'accès au financement, insuffisance d'infrastructures commerciales : les défis sont multiples. Le forum aura justement servi à structurer ces préoccupations autour d'ateliers thématiques, avec une idée de fond : la modernisation du commerce ne peut se faire sans prise en compte des réalités régionales et sans concertation avec les professionnels, a souligné Saïd Dor, président de la CCIS de Souss-Massa. L'un des axes majeurs de réflexion a porté sur la digitalisation des chaînes de distribution. L'enjeu ne se limite pas à l'introduction d'outils numériques. Il touche à la capacité des commerçants, notamment les plus petits, à s'adapter à des modes de consommation et de paiement en pleine évolution. Les participants ont ainsi plaidé pour un accompagnement renforcé en formation, la création de plateformes logistiques et commerciales numériques à l'échelle régionale, ainsi que des incitations fiscales en faveur du paiement électronique. Autre chantier soulevé : l'inclusion financière des commerçants. Derrière cette question se joue la pérennité même d'une grande partie du tissu commercial. Les recommandations ont insisté sur l'accès à des financements à conditions préférentielles, la généralisation de la couverture sanitaire et sociale et la simplification des procédures bancaires. Une manière de rappeler que la modernisation du secteur passe aussi par une meilleure sécurisation des parcours économiques. Le forum a également mis en lumière la question des infrastructures et de l'urbanisme commercial. Les participants ont souligné la nécessité d'intégrer les équipements commerciaux dans les documents d'aménagement, de moderniser les marchés communaux et de créer des zones dédiées au commerce de proximité et au commerce de gros. L'enjeu est ici territorial : mieux organiser l'espace commercial pour accompagner l'évolution du secteur sans accroître les déséquilibres. Cette problématique est encore plus visible dans le commerce rural, où la question de l'équité territoriale s'impose avec force. Les intervenants ont insisté sur l'urgence de désenclaver les zones éloignées, de renforcer les routes, mais aussi d'adapter les mécanismes de financement aux réalités des petits commerçants ruraux, dont l'activité reste souvent marquée par la saisonnalité. Enfin, le cadre juridique et réglementaire a été identifié comme un levier décisif. Révision des règles liées à l'occupation temporaire du domaine public, encadrement du commerce ambulant, lutte contre l'informel : autant de sujets sensibles qui touchent directement à la question de la concurrence loyale. Au final, ce forum régional aura permis au Souss-Massa de formaliser une série de propositions destinées à alimenter le débat national. Plus qu'un exercice de consultation, il révèle un enjeu de fond : faire en sorte que la future vision '' Commerce du Maroc 2030'' ne soit pas seulement une projection nationale, mais aussi la synthèse des réalités et des besoins des territoires. Dans une région où le commerce reste un moteur de l'emploi et de l'activité, cette voix régionale pourrait peser davantage qu'il n'y parait.