Fort d'un héritage séculaire, le tissu économique de Fès-Meknès se dote de nouveaux leviers. La CCIS initie une vaste opération d'inclusion financière pour accompagner la mutation des commerçants, notamment dans les anciennes médinas. L'objectif est de transformer les 100.000 points de vente régionaux en entreprises structurées, capables de pérenniser l'emploi et la croissance locale. Au cœur des médinas centenaires de Fès, Meknès et Taza, le commerce traditionnel entame sa mue pour pérenniser son modèle économique. La Chambre de commerce, d'industrie et de services (CCIS) de la région vient de lancer une caravane régionale visant à réconcilier les pratiques commerciales ancestrales avec les impératifs de la finance moderne. Face aux défis de l'informel, qui touche une grande partie du tissu commercial de la région, cette initiative régionale cherche à doter les commerçants et artisans d'outils bancaires adaptés. L'ambition est de transformer le secteur, qui emploie plus de 200.000 personnes, en un levier de croissance structuré et résilient. Un secteur qui contribue à hauteur de 10,8% au PIB Le secteur du commerce occupe une place prépondérante dans l'économie nationale, se positionnant au deuxième rang en matière de création d'emplois avec environ 1,6 million de postes. Hachem Alaoui, délégué du Commerce et de l'Industrie, a rappelé que le secteur contribue à hauteur de 10,8% au Produit intérieur brut, générant une valeur ajoutée estimée à 129 milliards de dirhams (MMDH). Toutefois, le commerce constitue 60% de l'économie informelle, ce qui nécessite des mesures d'encadrement adaptées. Au niveau de la région Fès-Meknès, l'activité commerciale dispose d'un ancrage historique et stratégique, notamment à travers les marchés traditionnels des médinas de Fès, Meknès, Taza et Sefrou. La région compte plus de 100.000 locaux commerciaux et emploie plus de 200.000 personnes. Les détaillants représentent 80% du tissu commercial et jouent un rôle socio-économique essentiel en tant que source d'approvisionnement pour les ménages. Face aux mutations économiques rapides, l'inclusion financière apparaît comme un levier indispensable pour structurer ce secteur. Elle permet d'intégrer les professionnels dans le circuit financier formel et d'améliorer leur culture financière à travers une meilleure gestion des flux, des recettes et des dépenses. Quatre axes de formation pour une modernisation durable L'action de la Chambre de commerce s'appuie sur un bilan positif des actions précédentes qui avaient permis de former plus de 340 commerçants en 2023 sur des thématiques telles que la gestion de trésorerie et le paiement mobile. Le nouveau programme de formation annoncé s'articule autour de quatre axes majeurs visant à répondre aux besoins actuels des entrepreneurs. Le premier volet, concernant la gestion financière, est destiné à renforcer les capacités comptables, à faciliter l'accès aux crédits bancaires et à optimiser la gestion de la trésorerie. Le deuxième axe (communication et marketing) entend aider les commerçants à exploiter efficacement les canaux de communication et à développer leur chiffre d'affaires. Le troisième module, visant à sécuriser les transactions, se concentre sur la maîtrise des moyens de paiement (gestion des chèques, des traites et des cartes bancaires). Enfin, l'initiation au commerce électronique constitue le quatrième pilier, couvrant la création de sites Internet, la mise en valeur des produits en ligne et la gestion du processus de vente et de livraison. La caravane de sensibilisation se déplacera successivement à Fès, Meknès et Taza pour offrir ces opportunités de montée en compétences à l'ensemble des ressortissants de la Chambre. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO