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«Quand on sait s'inspirer du patrimoine, le succès est garanti» Fatima Boubekdy, Réalisatrice et coscénariste de la série télévisée Hdidane (2M)
Publié dans Les ECO le 16 - 06 - 2010

Les Echos quotidien : Vous vous êtes fait connaître grâce à Roumana et Bartal et aujourd'hui vous revenez avec le personnage de Hdidane en tête des classements d'audience depuis son lancement sur 2M. Qu'est-ce qui fait le succès de cette série ?
Fatima Boubekdy : Hdidane est un personnage qui fait partie de notre patrimoine oral, de notre culture populaire. Il est très connu pour sa simplicité, son sens de la débrouille et de la rhétorique, un peu comme Jouha. L'idée était de jouer sur ces qualités pour restaurer, en quelque sorte, la mémoire collective des Marocains et, par la même occasion, préserver une partie de notre patrimoine. La série a donc été imaginée à la manière d'une sitcom, tout en s'inscrivant dans le contexte historique du personnage qu'elle met en avant. Je pense que c'est cette combinaison d'humour et de subtilité qui a su attirer le public. Quand on sait s'inspirer de la tradition et du patrimoine culturel marocains, le succès ne peut qu'être garanti, je crois.
Comment avez-vous fait de ce personnage un produit audiovisuel ?
Avant de coécrire cette série avec mon frère, Brahim, nous avons fait de nombreuses recherches et réuni plus d'une quarantaine d'histoires et d'anecdotes autour de Hdidane. Cela nous a permis de bien cerner le personnage, mais nous ne voulions pas nous limiter à des histoires que le public connaissait déjà. C'était là toute la difficulté de l'exercice. Après avoir créé le personnage, il fallait le faire évoluer dans des situations différentes et nouvelles, à chaque fois. Trouver des problématiques et, encore plus compliqué, des dénouements qui correspondent à la personnalité de Hdidane. C'était aussi une manière d'attirer les téléspectateurs, en leur proposant de découvrir de nouvelles aventures de Hdidane et non des histoires qu'ils connaissent déjà.
Parlez-nous du casting ?
En fait, je connaissais déjà le travail de Kamal Kadimi. Je l'avais vu sur scène avant de le rencontrer en personne et j'avais été très intriguée par sa présence sur scène et sa maîtrise du personnage. Généralement, le plus difficile est d'écrire sans savoir qui jouera le rôle. Pour Hdidane c'était différent, puisque je pensais déjà à Kadimi en écrivant le scénario. Maintenant, c'est toujours au public de décider. Mais à en juger par les derniers résultats d'audience, il semble que j'ai fait le bon choix. Aujourd'hui, ce qui me touche particulièrement, c'est surtout d'avoir pu donner un visage à ce personnage populaire qui faisait partie de la mémoire collective des Marocains. Ce visage aujourd'hui c'est celui de Kadimi.
Doit-on s'attendre à une seconde saison ?
Etant donné les résultats d'audience, ce serait dans l'intérêt de la chaîne, je pense. J'ai d'ailleurs quelques idées au cas où il y en aurait une deuxième, mais je ne voudrais pas non plus tomber dans le réchauffé et risquer de lasser le public. Donc, pour le moment j'observe les réactions des téléspectateurs. La série compte 30 épisodes, si la diffusion continue à être hebdomadaire, elle s'étalera jusqu'après le mois de Ramadan.


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