La 46e édition du Festival national des arts populaires (FNAP), le plus ancien événement du Maroc, dédié à l'art ancestral dans sa diversité et son authenticité, a pris fin dimanche soir en apothéose à Marrakech. Riche en nouveautés, cette édition a été hautement réussie aussi bien du point de vue de la programmation que sur le plan organisationnel. Aux yeux des spectateurs comme des organisateurs, cet événement a atteint l'ensemble de ses objectifs, en réussissant encore à faire revivre et promouvoir ces arts, et à les rapprocher du public et des générations montantes. Ce sont donc plus de 500.000 spectateurs qui ont pu suivre les différents spectacles et shows programmés durant les cinq jours du festival : (parade, spectacles au palais Badii et spectacles du village du festival). À titre d'exemple, ce sont quelque 45.000 spectateurs qui ont répondu présents à la soirée animée par la star de la chanson populaire Daoudia, 90.000 fans lors du show de Abderrahim Senhaji et plus de 100.000 spectateurs lors de la soirée animée par Saïd Mosker dans le village du festival. Toujours en chiffres, cette édition a été rehaussée par la participation de 450 artistes au total, dont 310 artistes uniquement pour les spectacles du Palais Badii. Autrement dit, ce sont quelques 18 troupes folkloriques représentant les 16 régions du royaume qui ont pris part à cet événement. Côté médias, 200 journalistes de la presse écrite, électronique et audiovisuelle ont été accrédités pour la couverture de ce rendez-vous annuel des arts populaires, dont 60 journalistes étrangers en provenance d'Europe, des USA et de pays arabes. Pour le volet technique et sécuritaire, l'équipe de la Fondation des festivals de Marrakech, initiatrice du FNAP, n'a rien laissé au hasard. Toutes les mesures d'ordre technique et sécuritaire ont été prises pour assurer confort et sérénité aux festivaliers. Le Village, la grande nouveauté Pour sortir de l'ordinaire et rompre avec la routine qui s'est installée au fil des années, les organisateurs ont dû abandonner le concept des scènes de quartiers, en aménageant, pour la première fois depuis la création en 1960 de ce festival, un véritable «village» au cœur de l'oliveraie «Ghabat Chabab», sur une superficie totale de 9 ha. Au début de chaque soirée, des troupes folkloriques, en provenance des différentes régions du Maroc, s'introduisent dans divers coins du village pour présenter, avec brio et professionnalisme, des spectacles inédits et largement admirés par le grand public. Il s'agit, en réalité, d'une grande opportunité de lire autrement un Maroc aussi riche que diversifié. Selon Brahim El Mazned, directeur artistique du FNAP, l'idée était de créer un village fortement animé, drainant de nombreux festivaliers en journée et en soirée, au cœur d'un espace vert de la ville de Marrakech. Il a précisé par ailleurs qu'outre des expositions de différents instruments traditionnels de musique, d'objets artisanaux et de produits du terroir, des espaces de restauration ont été également aménagés. Un Palais Badii soigneusement aménagé Dans une ambiance festive, le majestueux Palais Badii, avec ses remparts, ses bassins et ses orangers centenaires, s'est transformé, le temps du festival, en espace magique incarnant à la fois la féérie des lumières et l'originalité des rythmes et des chants. Chaque soir, des milliers de mélomanes se rendaient à ce palais pour creuser au cœur des traditions du Maroc profond et apprécier cette composante essentielle de l'identité marocaine. Outre les formations folkloriques marocaines les plus connues du grand public, le festival a proposé aussi une scène ouverte aux musiques traditionnelles du monde, animée notamment par les tambours du Burundi, les Gitans du Rajasthan ou encore la troupe Rosiloa. Le public a pu apprécier aussi des stars de renommée de la chanson marocaine dans sa diversité, comme, entre autres, Raiyssa Tachinouit, Abderrahim Senhaji, Oulad El Bouazaoui, Jil Jilala, Hamid El Kasri ou Stati.