Un vol Ryanair décolle de France vers Marrakech sans ses 192 passagers    HEM Business & Engineering School célèbre une nouvelle génération de talents et met en lumière sa première promotion d'ingénieurs    Revue de presse de ce lundi 20 avril 2026    La Bourse de Casablanca ouvre dans le rouge    Abdessamad Ezzalzouli captive l'Europe : le Betis fixe ses exigences financières    Coupe de la CAF : l'Olympic de Safi ne verra pas la finale    «Lilya and Rayane», the 100% Moroccan animated series on TV5MONDE+    Ryanair flight to Marrakech leaves France without 192 passengers    Fatal taxi collision near Chichaoua claims three lives and injures Seven    «Lilya et Rayane», la série d'animation 100% marocaine sur TV5MONDE+    Maroc : Les distributeurs de gaz annulent leur suspension d'activité après un accord    Casablanca : Amine Boudchar repense le concert orchestral avec une création immersive    Arabie Saoudite : Hervé Renard évincé, un marocain pour le remplacer ?    OM : Ugo Lamare El Kadmiri lance sa carrière en Ligue 1    Ligue des Champions : L'AS FAR en finale, Alexandre Santos très ému    La Roumaine Anda Filip nouvelle secrétaire générale de l'UIP    Pyongyang tire plusieurs missiles balistiques de courte portée    La Turquie accuse Israël de vouloir créer un "fait accompli" au Liban    LOSC : Bruno Genesio rassure sur l'état d'Ayyoub Bouaddi après sa sortie face à Nice    Trump annonce un nouveau round de négociations avec l'Iran    Tinghir: Tehraoui lance les services de 19 infrastructures de santé réparties sur quatre régions    DGSN. Hammouchi dote plusieurs villes du Royaume de nouvelles jeunes compétences sécuritaires    Mise en service de 19 infrastructures de santé réparties sur quatre régions    Sahara : L'Algérie joue la carte des hydrocarbures pour séduire les Etats-Unis    Etats-Unis : Une délégation marocaine de haut niveau reçue par le secrétaire à la Défense    Bourse de Casablanca : le MASI enregistre une solide progression hebdomadaire    Maroc-USA: Une importante délégation marocaine reçue par le Secrétaire américain à la Guerre    Elu Produit de l'Année Maroc, Ce que révèlent les choix des Marocains : le palmarès 2026    Akhannouch: Le dialogue social n'a jamais été un engagement ponctuel, mais un choix politique clair et assumé    Comment les consulats marocains en Espagne s'adaptent à l'afflux massif de demandes de régularisation    Tétouan: deux enfants meurent dans l'effondrement partiel d'une habitation dans la médina    Code de la famille : Lachgar appelle les Marocaines à "se venger" à travers les urnes    Vers un leadership continental... le Maroc parmi les pays africains les plus avancés dans les technologies spatiales    La Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat rapproche ses services des citoyens et élargit son réseau d'agences au profit de 5 millions de clients    L'actrice franco-marocaine Nadia Farès décède à 57 ans à Paris    Nouveau projet de loi contre le piratage des retransmissions sportives en direct    Diplomatie. L'Equateur annonce l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Dialogue social : Le gouvernement dresse le bilan et réaffirme ses engagements    Concert : Ino Casablanca, "EXTASIA" en tournée marocaine    Casablanca : le navire-école indien INS Sudarshini en escale pour renforcer la coopération navale    Un journal canadien salue le Maroc et le met en avant comme puissance du renseignement pour la sécurité du Mondial    Selon Trump, l'Iran accepte de "ne plus jamais fermer le détroit d'Ormuz"    Arts plastiques : Larbi Cherkaoui, l'expérience-limite de la lettre à L'Atelier 21    Le service militaire, un chantier royal prometteur pour former les jeunes et répondre aux exigences du marché de l'emploi    Coopération Chine-Mozambique : pour le renforcement du partenariat stratégique global Partager    Belmkaddem : «Entre étoffes et moteurs, une célébration des cultures»    Festival Films Femmes Afrique de Dakar : Deux films marocains dans la compétition    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Langues d'enseignement : L'école marocaine, tour de Babel
Publié dans Les ECO le 10 - 02 - 2016

Après une période de flottement, l'arbitrage royal a prévalu sur la question des langues d'enseignement. Les détails de la nouvelle architecture linguistique marocaine.
«Les langues étrangères seront progressivement renforcées dans le cycle collégial, notamment pour l'enseignement des sciences, mathématiques et technologies, afin de permettre aux élèves de suivre les cours dans ces langues lors du cycle secondaire qualifiant», annonce Rachid Belmokhtar, ministre de l'Education nationale et de la formation professionnelle. Le ministre s'aligne sur les objectifs ambitieux de la Vision stratégique pour la réforme de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique 2015-2030.
Le communiqué du cabinet royal, publié suite au dernier Conseil des ministres tenu le 6 février, a remis sur les rails les objectifs de la vision quant au volet des langues de l'enseignement. «La priorité sera donnée à la qualité dans l'enseignement public, à l'ouverture sur les langues étrangères, notamment dans l'enseignement des matières et spécialités scientifiques et techniques», peut-on lire dans le communiqué en question. Le même document conclut que : «l'ouverture et la communication ne signifient nullement l'aliénation ou le suivisme, comme elles ne doivent pas être un prétexte pour l'isolement et le repli sur soi». Les lignes sont désormais fixées et la barre a été placée très haut. La balle est dans le camp du gouvernement.
À la recherche de la cohérence
La vision élaborée par Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) insiste sur «la reconnaissance de la pluralité linguistique et l'élaboration d'une politique nationale cohérente, dans le domaine des langues et de la culture». Cette exigence est nécessaire dans un contexte où l'amazigh est devenu langue officielle depuis 2011, l'échec de la politique de l'arabisation lancée en 1964 et achevée en 1989 et la maîtrise de moins en moins effective des langues étrangères, spécialement le français.
La feuille de route de Omar Azziman se base sur trois fondamentaux : la réalisation de l'équité et de l'égalité des chances dans l'apprentissage des langues, la présence des langues, conformément à leur statut constitutionnel et social, des deux langues nationales et officielles et la mise en place d'un plurilinguisme progressif et équilibré. Ces principes se traduisent par deux objectifs. Le premier but est de permettre aux bacheliers de pouvoir maîtriser la langue arabe, de communiquer en langue amazighe et de connaître au moins deux langues. Le deuxième objectif est d'introduire progressivement l'alternance linguistique pour consolider la maîtrise des langues. In fine, le statut des langues a changé de manière à ouvrir la voie à l'enseignement des matières scientifiques en français à partir du collège.
La darija n'a finalement pas été retenue dans le schéma actuel, un compromis ayant été trouvé au sein du conseil supérieur. 76% des élèves savent lire et écrire, mais qui ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Ce chiffre sur l'illettrisme avancé par le ministère de l'Education nationale (MEN) résume l'échec des choix linguistiques précédents ou, du moins, l'échec de la pédagogie et des moyens mis à la disposition de l'école pour enseigner les langues. La vision reconnaît ces difficultés et propose clarifier les statuts des langues. «Le Conseil considère que les langues, en tant que langues enseignées et langues d'enseignement, représentent un levier principal de la qualité de l'éducation et de la formation.
Cependant, le statut de chaque langue présente à l'école doit être déterminé clairement», appelle le document de la Vision. La nouvelle architecture linguistique est fondée sur le plurilinguisme et l'alternance des langues. Concrètement, le MEN aura pour mission de faire bénéficier équitablement les apprenants de trois langues dans l'enseignement préscolaire et primaire: l'arabe comme langue principale, l'amazigh comme langue de communication et le français comme langue d'ouverture; l'anglais sera introduit en première année de collège (et en quatrième année du primaire à l'horizon 2025) et une troisième langue étrangère en première année du lycée (l'espagnol notamment). L'alternance des langues se traduira par la diversification des langues d'enseignement; c'est ainsi que le français pourra être partiellement langue d'enseignement au lycée à court terme et au collège à moyen terme.
L'anglais pourra aussi le devenir au lycée à moyen terme. «Cette offre plurilingue permettra de résoudre le problème que pose le passage d'une langue d'enseignement à une autre entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur», affirme le Conseil supérieur.
En effet, il sera aisé au bachelier, dans ces conditions, de poursuivre ses études académiques, quelle que soit la langue d'enseignement, au Maroc ou à l'étranger. Pour mettre en application toutes ces mesures, la vision n'a pas mis en place de calendrier. Mettre de l'ordre dans cette tour de Babel sera la première mission du prochain gouvernement.
Formation et manuels scolaires à revoir
Le ministère de l'Education nationale et de la formation professionnelle va mettre en œuvre le schéma linguistique proposé par le Conseil supérieur de l'enseignement qui a préconisé la vision stratégique 2015-2030 stipulant que l'apprentissage du français commence dès la première année du primaire, et l'anglais à partir de la quatrième année du primaire. Selon les responsables du ministère, une étude est en cours d'élaboration avec le Conseil supérieur pour justement déterminer les besoins en ressources humaines et financières, de sorte à mettre en œuvre cette vision stratégique. Il s'agit de déterminer le nombre des professeurs et des spécialités ainsi que le budget à mobiliser. Actuellement, on ne dispose pas d'une idée précise sur les besoins. L'étude qui a été entamée juste après le lancement officiel de la vision stratégique par le conseil supérieur a bien avancé. S'agissant des manuels, le ministre a déjà souligné que le travail va se faire de manière progressive. Les langues étrangères seront renforcées dans l'enseignement collégial. Rien n'a encore été décidé concernant les manuels scolaires pour la prochaine rentrée. Le fait d'enseigner les matières scientifiques en langue française n'est pas facile. Les élèves doivent, en effet, avoir en premier lieu les prérequis linguistiques pour suivre l'enseignement des matières scientifiques. Il faut aussi préparer les professeurs. La mise en œuvre de cet objectif ne va donc pas se faire du jour au lendemain.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.