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Hajjaj et le manifeste du Pop art au Maroc
Publié dans Les ECO le 26 - 11 - 2009

«Tout est plus ou moins artificiel. Je ne sais pas où s'arrête l'artificiel et où commence le réel». C'est Andy Warhol, figure emblématique du Pop art, qui le dit. Et c'est Hassan Hajjaj qui le traduit dans ses derniers travaux.
Exposés à Matisse Art Gallery jusqu'au 15 décembre prochain, les photographies de l'artiste usent des techniques picturales dites industrielles. Elles mêlent produits de consommation puisés dans le monde réel et symboles populaires, tournés vers l'artificiel. Pour un résultat simple, mais pur et assez impressionnant.
Funky and Pop
Les portraits, en couleur ou en noir et blanc, laissant voir une personne ou un groupe, sont «bousculants». Ils ont l'observateur à l'œil et reflètent une complémentarité entre le maître d'ouvrage et le modèle. Les clichés sont réalisés en contreplongée. Le personnage s'en trouve ainsi magnifié, glorifié. Il domine l'observateur : Rassemblement de jeunes femmes, vêtues de funky djellabas, le niqab au visage, griffé de la marque Louis Vuitton, membres d'une troupe de musique marrakchie, des pieds sur terre emmitouflés de henné... L'univers de Hajjaj grouille de monde. Zahra Hindi, talentueuse musicienne marocaine, baignant dans les rêves au creux d'un verger, d'autres sujets, habillés de tenues dérisoires, désacralisantes. L'ensemble est un hommage rendu aux amis de l'artiste, aux musiciens qu'il fréquente à Marrakech, aux danseurs qu'il a croisés sur son chemin et à la femme... dans l'absolu.
­­Avec audace, Hassan Hajjaj confronte des éléments orientaux à d'autres, occidentaux. Il conforte sciemment les codes et les usages en référence à l'art décoratif islamique. Acrylique, sérigraphie et autres simples procédés s'articulent et se croisent au cœur d'un encadrement non conventionnel. Les cadres donnent à voir un étalage de matériaux récupérés. Des canettes de soda, des boîtes de conserve, des flacons de khol, des boîtes d'allumettes forment une parade de clichés, à l'image d'une société de consommation. C'est un assortiment peu commun qui rend unique le travail de ce natif de Larache.Parallèlement à son talent de photographe, Hassan développe le concept du «Salon» à sa façon.
Un artiste du monde
Au cœur de Londres , où l'artiste vit depuis son enfance, Hassan Hajjaj met en scène une interaction sociale, habillée aux couleurs du quotidien. Notamment, par des installations et des artefacts venus tout droit de l'Afrique du Nord. Et comme le pop art heurte l'idée de l'unicité d'une œuvre, Hassan Hajjaj rend ses travaux pluriels, non seulement en les reproduisant différemment, mais surtout en y faisant intégrer tout le savoir-faire et l'énergie de son entourage.


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