Laenser en embuscade    En toute logique, Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25%    Transavia relance Paris-Dakhla avec l'ONMT en marge du salon IFTM Top Resa    Casablanca : «Maintenant ou Jamel» en octobre    France : L'hypnose à la place de l'anesthésie pour une opération du cœur    Mode: Michael Kors rachète Versace    A partir de décembre, le ballon d'or se conjuguera au féminin    Dialogue social: Le CESE recommande une approche de consensus au-delà de la négociation    SM le Roi félicite le Serviteur des deux Lieux Saints de l'Islam    Les fondateurs d'Instagram démissionnent    Adhésion à la CEDEAO: Le Maroc est-il allé trop vite?    Coupes d'Afrique: Le Raja seul représentant du Maroc    Sommet de la paix Nelson Mandela: Mohammed VI rappelle l'esprit anti-séparatiste de Madiba    IRAN: La journée nationale des forces armées endeuillée…    Tanger : Première opération chirurgicale de valvulopathie mitrale et aortique    Taroudant : Une enquête sur l'incendie du poste ONEE    Les joies de la lettre inspirante    Maria Berasarte « Je suis dans une quête permanente de soi » (Interview)    Tanjazz 2018. Clap de fin ensoleillé !    Justice constitutionnelle. La haute Cour et l'Académie du Maroc déclinent leur vision    BTP : Les détails du contrat programme    L'ANRT ouvre la 3ème session de formation sur le protocole DNSSEC    Qui dit mieux… , Reports, encore et toujours    Championnat arabe des clubs : Match nul du WAC face à Al Ahli Tripoli (1-1)    Couverture sanitaire. Plus de 200.000 dossiers déposés pas les imams    Darija : Grand oral pour Amzazi    Maroc-OMS : La santé mentale au menu des entretiens de M. Doukkali à New York    La lutte contre la toxicomanie s'organise à Tétouan    Les 11è MEDays du 7au 10 novembre prochains à Tanger    Engrais. OCP rachète 20% de Fertinagro Bieotech    ONU : Le Maroc défend ses positions et intensifie ses actions diplomatiques    RDC-Ebola : Déjà 100 morts !    Casablanca : Des conducteurs de taxis transportent gracieusement des malades    Les industriels confiants au 3e trimestre    Journée culturelle pour célébrer l'histoire en partage France-Maroc    Driss Lachguar préside la session du Conseil de l'Union arabe de la jeunesse socialiste    L'armée birmane hausse le ton contre l'ONU    L'Aquarius privé de pavillon    Lancement d'une nouvelle plateforme éducative arabophone    Operation Smile Morocco et l'OCP signent une mission humanitaire dentaire à El Jadida    Divers    L'OCK assure l'essentiel face au CRA    Concours officiel de saut d'obstacles    News    Le blogueur Mahmoud Zeidane jeté dans les geôles du Polisario    C'est parti pour la 12ème édition du Festival international du film de femmes de Salé    Participation marocaine au Festival international "Samae" d'inchad et de musique sacrée du Caire    Clôture à Rabat du premier atelier d'initiation au dessin de mode    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Alphadi : «Avec le Maroc, le cinéma africain peut aller très loin»
Publié dans Les ECO le 19 - 06 - 2018


Alphadi, Styliste
Seidnaly Sidhamed, le «Magicien du désert», mondialement connu sous le nom Alphadi, prépare activement la 11e édition de son Festival international de la mode en Afrique (FIMA). Cet événement phare de l'agenda culturel africain, lancé en 1988, se tiendra en novembre prochain à Dakhla, une première. Alphadi en parle, ainsi que du rôle que le Maroc peut jouer pour le développement de l'art africain.
Les Inspirations ECO : Vous préparez activement la tenue à Dakhla du Festival international de la mode en Afrique (FIMA). Parlez-nous de cet événement ?
Alphadi : Nous fêtons les 20 ans du FIMA à Dakhla. Cet événement s'est tenu depuis toujours au Niger et il donne la chance à la jeunesse. Nous organisons des concours pour encourager les talents africains issus de l'ensemble des pays africains. Durant le FIMA, des concours de top models sont également organisés, en plus de mettre en scène les créateurs africains pour démontrer que l'industrie de la création a une image et elle est porteuse d'emploi. L'industrie de la mode africaine ne peut pas être reléguée au dernier plan parce que l'on a tendance a oublié l'économie de la mémoire et de la création. Le FIMA, c'est également une rencontre entre les 5 continents, en faisant rencontrer les créateurs du Nord et ceux du Sud. Enfin, des colloques y sont organisés et s'intéressent aux thématiques de la migration, de la paix et de l'éducation.
Pourquoi avoir choisi Dakhla pour le FIMA 2018 ?
Nous avons choisi Dakhla parce que Dakhla est une ville du Sud. Tous les festivals que j'organise se tiennent dans le désert du nord du Niger. J'ai eu l'occasion d'aller visiter Dakhla lors du Forum Crans Montana, et je suis tombé sous le charme de cette ville. J'ai ainsi demandé d'y tenir ce festival, avec la magie d'y ouvrir la porte d'une ville qui est incroyablement belle et touristiquement attractive.
Que peut apporter le Maroc au développement du cinéma africain ?
Le principal problème que nous avons, est que les gouvernements pensent plus politique que culture. La politique culturelle au niveau du cinéma, de la mode et de la création doit être une priorité. Pareil pour l'éducation. L'autre souci est que les gouvernements sont élus pour des mandats de 5 ans, donc il n'y a pas de continuité. Alors que le Maroc est un royaume, donc une continuité à vie. Si nous nous basons sur des pays comme le Maroc, nous pouvons aller beaucoup plus loin pour développer l'industrie cinématographique africaine. Nous avons aujourd'hui la chance de compter sur une Afrique qui bouge et qui change. Le Maroc est un porte-flambeau d'une Afrique unie, d'une Afrique émergente et d'une Afrique qui crée. C'est cela que nous voulons démontrer.
Quel regard portez-vous sur l'évolution de l'industrie cinématographique africaine ?
Elle est en train de devenir une vraie industrie. Le Nigeria est un vrai symbole aujourd'hui de cette percée. Nollywood est une chose incroyable qui fait évoluer le cinéma africain, qui, aujourd'hui, a pris son envol. Je ne peux qu'encourager cet élan, sachant que ma fille est elle-même actrice. La percée du cinéma africain ne peut que nous apporter de la dignité, de la créativité, et donner une bonne image au continent africain. C'est le cas notamment du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), auquel je participe depuis une quarantaine d'années. C'est un festival qui évolue. J'avoue que le cinéma africain a un regard très moderne et c'est une industrie que nos gouvernants doivent encourager.
Comment l'artiste africain peut-il s'en sortir économiquement ?
Aujourd'hui, la mode et l'art africains sont à la mode. En faisant des tissages et de la broderie africains, en s'inspirant du textile africain, l'artisan africain peut s'en sortir, même s'il faut reconnaître que la plupart de ces tissus sont confectionnés hors du continent. Les couleurs africaines sont en mode, elles plaisent, donc il faut maximiser dessus. Les jeunes actuels sont formés dans de grandes écoles et rentrent en Afrique pour moderniser nos produits qu'ils exportent ailleurs. La mode africaine ne peut que marcher, sachant que notre continent, avec son milliard d'habitants, compte une large classe moyenne qui fière de porter de africain et écouter des musiques africaines.
Pensez-vous que l'art africain est suffisamment financé par les banques ?
L'art et la mode africains ont besoin d'accompagnement financier. Il est grave de constater que les financiers africains, notamment les grandes banques, ne croient pas à la création africaine. Ils préfèrent miser sur d'autres secteurs que sur celui de la création. La culture africaine a besoin d'être promue, d'avoir des partenaires financiers qui mettent de l'argent. La mode ce n'est pas uniquement le créateur qui dessine, c'est un processus qui a également besoin d'être produit, distribué et marketé. Tout cela nécessite de l'argent. Il est donc grand temps que les financiers et les industriels du monde entier croient en la mode africaine et y mettent de l'agent. Je reste convaincu que les créateurs africains sont les meilleurs, car derrière tout créateur européen, on trouve un créateur africain. On note beaucoup de copies de la mode africaine, et beaucoup de pillages également. C'est aux dirigeants africains d'en prendre conscience et de travailler à l'essor d'une industrie culturelle africaine robuste.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.