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Dakh, capitale africaine de la mode : Le rêve d'alphadi
Publié dans Albayane le 26 - 03 - 2016

Tombé amoureux du Maroc depuis une trentaine d'année, le fameux designer africain Alphadi aspire à ériger la ville de Dakhla en capitale africaine de la mode et de la création.
Et les idées ne manquent pas à ce styliste qui a su porter la voix de l'Afrique partout dans le monde, notamment dans les grandes capitales de la mode internationale telles Paris ou New York où il dispose de showrooms.
«Il faut faire de Dakhla une plateforme mondiale de la beauté, de la création, d'image. Dakhla va être le lieu de rencontre, de visibilité, du spectacle et des grands événements de mode et de création pour le continent africain et un point de rencontre aussi pour les hommes d'affaires», insiste-t-il dans un entretien à la MAP en marge de la 27e session du Forum Crans Montana qui s'est tenue pour la seconde fois consécutive à Dakhla (17-22 mars) où M. Alphadi, président de la fédération de créateurs africains et président fondateur du festival international de la mode africaine (FIMA), était l'un des invités de marque.
«Je me bats pour la diversité culturelle et pour démontrer qu'en Afrique, surtout aujourd'hui, on a absolument besoin de développer la créativité, l'industrie, lutter contre la pauvreté et le Maroc peut jouer un rôle important sur ce plan», souligne-t-il.
«L'image du travail que je mène depuis plus de 30 ans et celle d'une Afrique prospère, dont le Maroc aujourd'hui est un acteur grandeur nature», ajoute M. Alphadi, également ambassadeur de bonne volonté du Niger et ambassadeur et artiste pour la paix à l'UNESCO dans le domaine de la culture et de l'art. Pour ce styliste, surnommé «le Prince du désert», le FIMA est une manière de rassembler les peuples et de montrer que l'Afrique a un savoir-faire qui doit appartenir aux africains, notant que le Maroc, en organisant ce grand forum à Dakhla, «offre une chance aux africains, parce que c'est la paix qui va s'installer réellement si on s'entend, on crée de la richesse, et si on travaille la main dans la main».
L'exemple d'un pays comme le Maroc est éloquent à cet égard, se réjouit ce créateur de la mode qu'on surnomme aussi le «magicien du désert» qui a collabore avec les plus grandes figure du monde de la mode telles Yves Saint Laurent, Paco Rabanne ou encore Christian Lacroix, soulignant que son intention est d'amener à Dakhla le FIMA, qui se tient tous les deux ans au Niger.
La perle du sud a eu en lui l'effet d'un sort magique de par ses couleurs et sa lumière. «Nous voulons absolument l'amener à Dakhla, c'est le désert, la mer, la liberté et le tourisme, nous voulons amener tous les pays africains ici à Dakhla pour développer l'art, la création et aussi le côté touristique de cette ville, et c'est ce que j'ai envie de faire aussi», affirme ce natif de la Tombouctou, de père nigérien et de mère d'origine marocaine.
Et c'est d'ailleurs le Forum Crans Montana qui lui offre l'occasion de renouer avec Dakhla où il compte rassembler les Marocains, les Ivoiriens et les Sénégalais autour de lui pour «qu'on puisse ensemble organiser des évènements phare et développer Dakhla».
«Dakhla est en train de sortir de terre, ce qu'aucun pays africain n'a jamais fait», souligne cet artiste au talent avéré et reconnu dont les créations artistiques reflètent la grandeur d'un continent aux couleurs éblouissant, notant que la ville de Dakhla «sera le trait d'union entre l'Afrique du nord et l'Afrique subsaharienne».
«C'est de cette Dakhla ce dont besoin l'Afrique aujourd'hui», affirme M. Alphadi. Ce projet et bien d'autres s'inscrivent dans les efforts de ce modéliste de souche pour promouvoir l'image du continent africain et contribuer à son développement.
Pour ce créateur de renommé, «le vrai combat est un combat de réalité, de montrer que par la culture et la création on peut amener l'Afrique très loin», notant que le FIMA est en train d'ouvrir la première université de la mode et des arts avec la participation de Casamoda, qui est une grande université de mode installée à Casablanca et qui travaille avec les grandes écoles françaises pour améliorer le savoir-faire au niveau de la création et surtout notre savoir-faire au niveau du management de la mode.
Pour parler de création, il faut savoir aussi manager, créer et démontrer que l'Afrique est aujourd'hui un continent où la mode et la création peuvent aider comme l'a déjà fait aux Etats Unis, en France, au Japon ou encore en Chine, relève M. Alphadi, pour qui «il n'y a pas de raisons pour que ça ne soit pas le cas pour l'Afrique».
Il cite en ce sens la ville de Casablanca où il dispose d'un showroom et où il travaille depuis dix ans, produit ses bagageries, son textile, ses jeans et «l'image de ce que la culture africain a d'artistique».
«Il y a 40, Casablanca produisait les costumes et les sacs à main des grands couturiers européens et américains, aujourd'hui, nous Africains, voulons tout produire au Maroc pour montrer ce qu'est Casablanca», note-t-il.
«Le fhasion week qu'on fait à New York, à Paris et ailleurs, on va le faire à Casablanca, mais pour le côté africain. Je suis en train de demander à tous les créateurs africains, qui sont nombreux, de venir produire à Casablanca ou dans d'autres villes marocaines», dit-il.
«Le Royaume est un porte flambeau pour nous, qui nous ouvre le chemin pour qu'ensemble, nous puissions donner une dignité à l'Afrique», conclut-il.


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