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«La neutralité journalistique n'existe pas»
Publié dans Les ECO le 23 - 01 - 2012

Les Echos quotidien : Contrairement à ce que vous avez l'habitude de faire dans vos écrits, votre dernière nouvelle «On» présentée samedi
à Essaouira dans le cadre des «Escales Littéraires» du Sofitel, conclut avec une véritable fin à la happy end. Pourquoi ce choix ?
Claude Sérillon : C'est un peu mon côté schizophrène (rires). C'est vrai que dans l'histoire les deux personnages arrivés à destination finissent ensemble, mais ce n'est pas fini. Je pourrai prendre cette même histoire et en faire le début d'un nouveau roman d'une bonne centaine de page, en fait. Et puis il faut reconnaitre que la nouvelle est un style assez spécial. Il faut dire beaucoup de choses en peu de mots. J'avoue que lorsque je l'ai écrite, presque d'une traite d'ailleurs, j'étais assez content que l'histoire s'achève ainsi... de les laisser s'éloigner sur la plage.
N'est-ce pas pas un peu votre propre voyage
que vous racontez dans cette nouvelle ?
Si si... vous avez totalement raison. Ces petites escales que les personnages font lors de leurs périples rappellent un peu l'attrait de la ville d'Essaouira, qui est une sorte de mosaïque construite de petits bouts d'histoire. Regardez le nombre de gens différents qui se retrouvent dans cette véritable ville portuaire... et c'est ça qui me fascine ici, en fait.
Comment passe t-on d'une écriture journalistique
à une écriture romanesque ?
Quand je vous disais que j'étais schizophrène, c'est un peu ça, en fait (rires). J'ai toujours été très rigoureux en tant que journaliste, je ne supporte pas l'à- peu-près. En revanche, le romanesque, c'est la totale liberté. Vous avez le droit de mentir. D'ailleurs si un jour je le pouvais, j'écrirais «l'éloge du mensonge» (rires). Je trouve cela formidable. En réalité, nous avons besoin des deux, je crois.
Vous parlez de la littérature en disant que vous vous «évadez» de l'actualité, comment cela ?
Au départ, j'ai fait des études de lettres, donc j'ai toujours gardé un fort intérêt pour le livre... Mais en fait, même durant mon parcours à la télévision, j'ai toujours continué à écrire dans la presse écrite. Concrètement, le basculement s'est fait à un moment de ma vie où j'avais –une fois de plus- été viré (ce qui s'est produit plusieurs fois au cours de ma carrière). Dans les années 80, je quittais Antenne 2 (actuellement France 2), j'avais du temps pour moi et j'étais engagé avec Médecins sans frontières, du coup j'ai fait un essai sur le militantisme humanitaire. C'était mon premier bouquin. Après, s'en est suivi un autre sur la justice, et je me suis lancé dans les romans. Le roman ça a été plus une tentation à laquelle j'ai succombé, en fait. Après, j'ai continué ainsi en trouvant une sorte d'équilibre.
Le JT du 20h ne vous manque pas ?
Non ! J'ai fait 8 ans de JT de 20h, en deux fois. La deuxième, on m'y a en quelque sorte obligé, mais ce n'est pas la chose la plus passionnante que j'ai fait dans ma vie. C'est sans doute la chose la plus valorisante, ne serait-ce que du point de vu de l'égo (sourire), mais en réalité, c'est très facile de présenter le JT. C'est vrai qu'il faut tout de même avoir des qualités intrinsèques pour ce métier, mais j'avais au moins 250 journalistes qui travaillaient pour moi, et puis l'actualité tombait tous les jours... En fait on n'invente rien. Ce qui n'est pas le cas lorsqu'on produit un magazine.
Parlez-nous de cette expérience...
Là, c'est plus compliqué parce qu'il faut d'abord réfléchir à un sujet. Mener l'enquête, diriger une équipe... c'est totalement autre chose. Avec le recul, j'avoue que je préfère la période durant laquelle je n'étais pas devant la caméra. J'avais créé le téléthon, produit des émissions de débats, j'ai même fait de la radio. D'autant plus qu'il y a une pression énorme à gérer, il faut être très bon tous les soirs.
Comment gère-t-on la transition d'un sujet catastrophe à une information économique
ou culturelle, par exemple ?
Je pense que déjà, j'ai été un présentateur assez atypique. Je ne suis pas quelqu'un de neutre, quand quelque chose me touche je le montre, y compris dans les mots que j'utilise, les intonations... Il y a une part de spectacle, car pour présenter un journal ou une émission à la TV, il faut chercher à séduire, il faut chercher à convaincre... c'est aussi ce qui fait que c'est anxiogène un JT.
Vous parlez beaucoup de la non-neutralité
du journalisme, pourtant on vous présente comme un journaliste «indépendant»...
En réalité, je n'ai jamais considéré qu'on devait être objectif. La neutralité n'existe pas. Ce n'est pas possible car lorsque vous faites un JT, vous avez en moyenne une quarantaine d'informations à gérer. Si vous privilégiez une info plutôt que l'autre, c'est déjà un choix qui n'est pas neutre. Je pense qu'il faut être rigoureux, c'est vrai, vérifier l'information plutôt trois fois qu'une, mais après nous avons chacun notre personnalité. Lorsque je présentais le journal, mes appétences étaient tournées vers l'international et le social, j'aimais bien la politique, je me méfiais des faits divers. Ce qui est un peu difficile car le public préfère les faits divers... Maintenant, il est vrai qu'avec la multiplication des chaînes d'informations, c'est un peu 50 secondes pour tout le monde et du coup ca va très vite.
Justement quel est votre avis sur ce modèle
tout info ?
Je pense que c'est inéluctable maintenant parce que les gens zappent tellement. Du coup, c'est vrai qu'il faut sans arrêt donner une info et passer à autre chose. Mais je me méfie tout de même des 50 secondes pour tout le monde, car je pense que tout ne se vaut pas. Et c'est justement ça l'esprit du journalisme. Il faut bien faire la différence entre communication et information. Lorsqu'on communique, on vend et on défend quelque chose. L'information demande un certain recul, un regard critique. Ce sont deux styles différents et ils ont tendance à se mélanger.
Puisque vous évoquez ce mélange information
vs communication, je reviens justement sur
votre rôle en tant que communicateur aux côtés
de François Hollande...
Je ne suis pas conseiller de François Hollande. L'Express avait sorti quelques papiers justement à ce sujet sans vérifier et j'ai fini par faire une interview pour expliquer que je me flatte d'être un de ses amis depuis une trentaine d'années. Je l'ai aidé, il y a 2 ans, à une époque où personne ne croyait en lui et nous étions alors à peine 4 ou 5 à ses côtés. Je lui ai fait rencontrer des gens... comme je l'aurais fait pour un autre ami. Mais je ne fais pas partie du parti socialiste. Je ne fais pas partie de son état major. Il m'arrive de l'appeler parfois pour partager mon avis ou un commentaire sur les médias, mais il a une structure communicationnelle dédiée à sa campagne. Je suis proche de lui et j'en suis très heureux, j'espère qu'il gagnera mais je n'ai pas de fonction politique. C'est un accompagnement amical (rire).
Pour rester dans le volet politique, y a-t-il un homme politique que vous aimeriez interviewer ?
Je crois que je ne suis pas le seul à le dire, mais s'il y a bien un homme que j'aurais aimé interviewer c'est Nelson Mandela. Je l'ai rencontré mais je ne l'ai pas interviewé. Je me rappelle qu'il était venu pour l'inauguration du Paris des droits de l'Homme au Trocadero et je commentais la cérémonie. Je trouve qu'il y a des gens comme lui, qui sont assez emblématiques, par leur droiture, par leur combat, par le succès qu'ils ont eu. Il y avait aussi Hansansuki. Mais je reconnais que parfois, il y a des gens pas très connus qui vous apportent beaucoup. C'est le miracle de ce métier de journaliste, je trouve.
Que pensez-vous de la situation actuelle au Maroc ?
C'est intéressant ce qui se passe ici. On se demande comment les choses vont se passer avec au pouvoir des gens qui n'ont jamais gouverné à ce niveau de l'Etat. En général, ce qui se passe dans les démocraties, c'est que les idéologies disparaissent et on passe à la gestion. Il y a des chantiers sociaux prioritaires et ce sera intéressant de voir le travail qui sera fait notamment sur la corruption, la santé, la situation de la femme, bien que le Maroc dispose à ce niveau d'un statut assez bien évolué. Je trouve par contre que la France est tout de même très en retard sur la représentation des femmes en politique. En termes de proportion, il y a beaucoup plus de femmes dans les Parlements des pays africains qu'en France.
Une femme présidente de la république, pensez-vous que ce soit possible ?
Ça viendra forcément. D'ailleurs si le parti socialiste avait été uni derrière Ségolène Royal, elle aurait été élue.
Pour finir, que faites-vous dimanche prochain ?
(Rires) En réalité l'émission est tournée le mercredi et d'ailleurs on a toujours des petits soucis avec les invités pour leur rappeler qu'ils sont sensés parler à partir du dimanche. Je vous avoue que je ne pensais pas un jour participer à une émission de ce genre. Michel Druker m'a sollicité et j'ai accepté, mais c'est vrai que c'est un autre monde.


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