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Donner une chance à ceux qui n'en ont pas
Publié dans Les ECO le 22 - 07 - 2010

Chaque année, à la période des résultats du baccalauréat, c'est la même scène et les mêmes préoccupations. Que faire ? Quelle école ou université choisir ? Pendant que certains angoissent par rapport à leur orientation, d'autres ont des soucis bien plus lourds: comment poursuivre ses études sans ressources financières? Ce sont 300 bacheliers, issus des établissements de protection sociale (EPS), qui font partie de cette deuxième catégorie. Après la fuite des cerveaux vers l'étranger, il ne faudrait pas assister non plus à l'extinction des espoirs. Le Maroc, en voie de développement n'en a pas besoin. Certains se sont donc secoués pour leur venir en aide. Le bienfaiteur en question est la Fondation marocaine de l'étudiant (FME), qui permet chaque année aux plus méritants d'entre eux de poursuivre leurs études. «Nous mettons à leur disposition, des bourses pédagogiques, qui leur permettent de s'inscrire au sein d'écoles privées partenaires (une cinquantaine), mais aussi des bourses financières à hauteur de 900 DH par mois», révèle Hamid Benlafdil, président de la Fondation marocaine de l'étudiant.
Cœurs et âmes
L'idée n'aurait pu se concrétiser sans l'appui d'un mastodonte du social engagé depuis huit ans dans l'opération, et qui est rapidement devenu le noyau central de ce système. «L'Entraide nationale nous fournit chaque année, la liste des nouveaux bacheliers issus des EPS (758 en 2009), et nous en sélectionnons une partie (34 en 2009)», souligne Khadija Marjane Tadlaoui, directrice exécutive de la FME. La méritocratie étant placée au cœur de la sélection. Les résultats du baccalauréat 2010 ont été annoncés lundi dernier. Depuis, c'est le branlebas pour assurer le succès de l'opération cette année. «Après la diffusion des résultats, nous réalisons des réunions d'informations avec l'Entraide nationale, au cours desquelles on choisit les bénéficiaires de l'année», informe Benlafdil. Il est tout de même regrettable que cette étape se fasse assez tardivement. En effet, contrairement aux autres bacheliers, ce n'est qu'après avoir obtenu leurs résultats que les jeunes issus des EPS savent s'ils poursuivront leurs études ou pas.
Un toit, un avenir
Une fois sélectionné, le jeune se voit donc doublement comblé: au-delà de ces études qui sont financées, on lui offre également un toit. La loi stipule, en effet, qu'une fois le baccalauréat en poche, ces jeunes, giflés par la vie, sont mis à la porte des établissements de protection sociale (EPS) qui les hébergeaient jusque là. «Certains jeunes font exprès de rater leurs examens pour s'assurer une année de plus sous un toit», nous révèle Benlafdil. Cette action conjointe a donc une importance cruciale, et il est regrettable que seule une infime partie de ces jeunes en bénéficient. Etendre le système à tout le territoire national, et augmenter le nombre de bénéficiaires permettraient à l'Etat de toucher du bout des doigts l'objectif encouragé par tous les organismes internationaux: l'Education pour tous jusqu'à l'enseignement supérieur ! Ce qui encourage la Fondation à poursuivre sur la voie de l'entraide et de l'insertion professionnelle, c'est certainement le chiffre de 80 %, part des étudiants de la FME qui sortent majors de leur promotion. «On ne les lâche qu'une fois recrutés pour un Contrat à durée indéterminée (CDI)», conclut Marjane Tadlaoui. La rage de réussir semble se décupler pour ceux qui sont partis de rien, et à qui on donne un avant-goût de «possible».
Les entreprises mettent du cœur à l'ouvrage
La formule mise en place par la FME tire son succès de son point d'orgue : le parrainage par des entreprises partenaires. Depuis mai dernier, la Fondation a en effet signé un accord de partenariat de taille, et pour cause, le partenaire en question n'est autre que la Confédération nationale des entreprises du Maroc (CGEM). «Les étudiants que nous soutenons, souvent des orphelins, sont un peu perdus. Ils ont besoin d'être orientés dans le choix de leur formation, mais également, une fois le diplôme en poche», souligne Marjane Tadlaoui, directrice exécutive de la FME. En témoignage de leur bon sens et de la qualité de l'aide fournie, la majorité des formations choisies par ces jeunes concernent des domaines porteurs comme les technologies de l'information et de la communication (TIC), la gestion et le commerce. C'est à ce niveau qu'entrent en jeu les entreprises partenaires. «La CGEM, ayant des contacts avec plusieurs entreprises, pourra augmenter les chances de nos jeunes d'accéder à un stage ou un emploi; ce sont sont 134 dirigeants d'entreprises qui ont accepté jusqu'ici de jouer le jeu; Il s'agit d'un soutien moral et non financier», tient à préciser Tadlaoui. L'objectif, à terme, est «d'offrir à ces brillants élèves issus de milieux extrêmement précaires, un environnement adéquat pour une ascension sociale et une réalisation de soi», indique Hamid Ben Elafdil, président de la FME.


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