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Santé: Ça Passe ou ça Casse
Publié dans Les ECO le 13 - 03 - 2012

El Ouardi réussira t-il là où ses prédécesseurs ont presque échoué ? Rien n'est moins sûr à l'heure ou le ministre de la Santé, fraîchement, nommé à la tête du département entame son mandat. Un début tumultueux comme en témoignent les récurrents mouvements de débrayage qu'observent les professionnels du secteur. La preuve, celui prévu ces 14 et 15 mars à l'appel de l'UMT. Pour ne rien arranger, nombreux sont les dossiers hérités de l'ancienne titulaire du poste, Yasmina Baddou, laissés en suspens en attendant de voir clair. Pédagogue, le docteur Houcine El Ouardi, un pur produit du sérail, puisqu'il a été médecin et doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, a consacré ses premières sorties à des consultations tous azimuts avec les professionnels, publics et privés, du secteur. Au cœur des discussions, la réforme du secteur de la santé, un des dossiers les plus urgents et prioritaires du mandat du gouvernement Benkirane, qui a fait du social son cheval de bataille. L'objectif est clair, assurer la santé à tous, un chantier aussi ambitieux que compliqué surtout que le système marocain, a été classé parmi les plus faibles de la planète par l'OMS, en dépit des multiples efforts consentis depuis des années, avec certes des résultats, mais en deçà des espérances tant des autorités que des citoyens. Le chantier de réformes qu'engage le gouvernement sous la houlette du nouveau ministre comprend plusieurs chantiers chauds, dont certains traînent depuis des années, comme celui de la RAMED et de l'accès aux soins et aux médicaments. Il va sans dire que la situation actuelle, dans laquelle le secteur de la santé demeure, est de nature à prédire un mandat difficile pour le nouveau ministre de la Santé. Le secteur a besoin d'une réforme, de fond en comble, qui passe d'abord par une actualisation de la réglementation. Le ministre El Ouardi, n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler à maintes reprises, son engagement à entreprendre les réformes qui s'imposent, en concertation avec tous les acteurs. Une donne qui complique ces ambitions au vue de la pluralité des parties prenantes, avec des intérêts divergents. «Ce qui rassure, c'est que le ministre dispose d'une vision», reconnait un syndicaliste de l'Association marocaine de l'industrie pharmaceutique(AMIP). «La santé, c'est un investissement» a, en effet, reconnu le ministre El Ouardi, une vision qui trouve son écho chez les partenaires privés de la MIS (Maroc innovation et service), une association qui représente les multinationales installées au Maroc.
Le RAMED, la priorité des priorités
Cette fois sera-t-elle la bonne ? La généralisation du Régime d'assistance aux économiquement faibles (RAMED), promise depuis le temps de Yasmina Baddou et sans cesse reportée en dépit des instructions royales, a été fixée comme la priorité des priorités dès l'accession de El Ouardi à la tête du département de la Santé. «La généralisation du RAMED sera rapide» avait promis le ministre et pour le moment, le ministre semble bien parti pour concrétiser ce vieux chantier, qui est entré en vigueur en 2008 dans la région d'Azilal, à titre d'expérience pilote. La généralisation de ce régime destiné à la population démunie, qui n'est pas éligible à l'Assurance maladie obligatoire (AMO) et qui devrait bénéficier à plus de 8,5 millions de personnes, est également, très attendue par les professionnels des secteurs et la société civile engagée dans l'amélioration de l'accès des citoyens à la santé. Cette mesure conjuguée à celle de l'AMO, est de nature à résoudre pour une grande partie les difficultés que des contraintes qui entravent la généralisation de l'accès des citoyens aux services de santé et aux médicaments. Selon l'agenda fixé par le département de la Santé, le plan de déploiement du RAMED se divise en trois phases. La première, celle du démarrage sera suivie par une phase de soutien jusqu'à la fin de l'année en cours. Enfin, la dernière phase est celle de la consolidation du régime, qui se poursuivra jusqu'en 2016, dans le même sillage que le plan d'actions du ministère, sur la même période. Dans le même cadre, des observateurs régionaux seront mis en place pour coordonner l'avancée du mécanisme surtout que les difficultés rencontrées lors de la phase pilote nécessitent un réajustement, notamment, le remboursement des frais.
Insuffisance quantitative
Selon les études du département de la Santé «l'analyse des indicateurs relatifs à l'offre de soins laisse apparaître une insuffisance quantitative, une répartition déséquilibrée à travers le territoire, et des écarts relativement importants entre les milieux urbain et rural, entre les régions et entre les provinces au sein d'une même région». En outre, il y a une totale «inadéquation entre l'offre et la demande des services de soins pour certaines maladies chroniques, notamment le diabète, le cancer, l'insuffisance rénale, les maladies cardio-vasculaires et la santé mentale». À cela s'ajoutent le manque de personnel (notamment les médecins généralistes, les infirmières...) et la qualité des prestations. Pour rappel, la réforme des hôpitaux a nécessité l'injection d'importants fonds provenant entre autres de bailleurs étrangers, mais sans grands résultats.
Et les textes d'application ?
Ce n'est pas tout. Concernant le nouveau code du médicament et de la pharmacie, qui est entré en vigueur en décembre 2006, plus d'une vingtaine de textes d'application sont toujours dans les tiroirs du gouvernement, ce qui perturbe sérieusement le secteur pharmaceutique. À titre d'exemple, l'inspection des officines se trouve depuis ce nouveau code dans «l'irrégularité», puisque la nouvelle loi a abrogé le décret réglementant cette procédure. Or, actuellement aucun texte relatif à ce volet n'a été promulgué. Toujours dans le cadre des inspections, certains observateurs se demandent si le nouveau ministre poursuivra ou arrêtera les contrôles des cliniques entamés durant le mandat de Yasmina Baddou. Ces contrôles ont fait état de plusieurs irrégularités. L'autre grand chantier concerne l'Assurance maladie obligatoire (AMO). Ce régime qui ne bénéficie encore qu'aux salariés a du mal à être étendu aux professions libérales. Le cas de l'échec du programme «Inaia» est édifiant à cet égard. Selon des sources proches du dossier, l'ANAM se penche actuellement sur l'élaboration de produits adaptés à cette catégorie socio-professionnelle. L'autre volet de l'AMO concerne les tarifs. Là, les négociations entre l'Agence nationale de l'assurance maladie (ANAM), les organismes gestionnaires du régime (CNSS et CNOPS) et les médecins sont au point mort. Depuis la signature d'un «mémorandum d'entente en juillet, nous attendons toujours la relance des négociations. Mais, sur ce point précis nous n'avons pas encore été approchés», souligne Saâd Agoumi, président du collège syndical des médecins spécialistes privés. Pour rappel, l'accord prévoit la consécration du principe de deux conventions séparées, l'une avec les médecins et l'autre avec les cliniques privées, ce qui, de l'avis du collège syndical, devrait permettre plus de clarté en termes de fiscalité. Les négociations doivent aussi porter sur «la revalorisation des consultations, de la réanimation et de la mise en place du partenariat public/privé». Concernant la loi sur l'exercice de la médecine, il semble que le projet n'arrive pas toujours à convaincre l'ensemble des médecins : «Nous avons été surpris par les modifications introduites dans la dernière mouture du projet. C'est ce qui a été rejeté en bloc par l'ensemble des médecins formant le collège», précise Agoumi. Ces modifications concernent entre autres la possibilité donnée aux médecins étrangers d'exercer au Maroc, et l'entrée, dans le capital des cliniques, de capitaux appartenant à des non-médecins. Enfin, le nouveau ministre de la Santé devrait en principe soumettre prochainement le projet de la nouvelle loi ordinale au Parlement. Cependant les médecins, notamment ceux du collège syndical, craignent que des modifications ne soient apportées à ce projet avant sa présentation au Parlement.
Une agence de la santé dans le pipe
La pluralité des acteurs et des intervenants dans les différents mécanismes de prise en charge des soins de la santé complique le chantier de réforme. C'est pourquoi plusieurs acteurs appellent à la création d'une agence nationale de la santé qui va coordonner toutes les actions dans ce cadre, notamment en matière de mise en œuvre d'une politique efficace de la santé. Une agence qui servira de régulateur à tout le secteur de l'industrie pharmaceutique et sur toute la chaîne, de la recherche à la distribution, en passant parle contrôle, le suivi et la gestion des stocks.


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