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Au chevet des oasis
Publié dans Les ECO le 21 - 12 - 2009

Nous sommes à 212 km au sud d'Agadir, dans la commune d'Asrir, province de Guelmim : 3.700 habitants répartis dans cinq oasis. Ici, le taux de chômage atteint 40% et touche en premier lieu les femmes et les jeunes. Pour ceux qui travaillent, les trois quarts vivent de l'élevage d'ovins, de caprins et de camelins, une activité qui génère peu de profit et qu'ils couplent le plus souvent avec de l'agriculture vivrière, essentiellement du maraîchage. En ce qui concerne les dattes, la production en est infime et concerne des variétés destinées à l'alimentation du bétail.
Des indicateurs pris en compte par le Programme Oasis Sud (POS, voir encadré) avant le lancement dans la région de projets générateurs de revenus. «Nous avons constaté le désintérêt des jeunes pour l'agriculture. À cela s'ajoute le déficit hydrique. Il fallait proposer des alternatives qui valorisent les produits du terroir et les richesses patrimoniales des oasis», précise, d'ailleurs le coordinateur national du POS, Mohamed Houmymid.
Développement durable et commerce équitable
Depuis juin 2006, cinq projets d'appui à des coopératives ont été lancés dans la commune d'Asrir. Il s'agit de programmes de financement et d'accompagnement de fabriques d'artisanat local, mais pas seulement cela. On trouve aussi des gîtes touristiques et des ateliers de production d'aliments du terroir.
Le meilleur exemple de forte valorisation d'un produit local est celui de la filière cactus. L'arbre et les fruits sont exploitables à 100%. On peut en faire de la confiture, de la raquette, du nectar, de l'huile et du fourrage pour le bétail. Une aventure «osée» par une association féminine de l'oasis de Tighmert, devenue depuis coopérative. Elle est présidée par Meriem Bahadach: «Depuis toujours, on se sert du figuier de barbarie pour nourrir nos bêtes et en manger les fruits. Mais la première fois que j'ai entendu parler de l'huile de cactus, il y a maintenant six ans, j'ai compris que c'était rentable». Et pour cause, cette huile est tellement précisue que pour en produire un litre, il faut broyer et filtrer 20 kg de graines, contenues dans une tonne de fruits. Une fois conditionnée, elle se négocie sur le marché international du cosmétique de luxe à des prix pouvant atteindre 10.000 DH le litre. À la coopérative de Tighmert, le travail a démarré le mois dernier, mais 300 litres d'huile et 200 kg de confiture ont déjà été produits. Le prix de revient du litre dépasse à peine les 2.000 DH, lequel littre est vendu autour des 5.000 DH. C'est là le tarif pratiqué par leurs principaux concurrents au Maroc, situés à Sidi Ifni. L'équipe compte dix personnes qui ont investi 42.000 DH de leurs fonds propres et qui ont bénéficié d'une subvention du POS dépassant 1,4 million de DH en vue de construire leur centre de production et l'équiper en machinerie. Reste à trouver des marchés : pour écouler sa production, la coopérative compte sur l'intervention d'un consultant en marketing qui sera sollicité par le groupement d'intérêt économique qu'ils veulent créer avec les autres producteurs de la région.
Autre coopérative créée récemment, celle présidée par Najia Brabo. Elle produit de la graine de couscous à partir de cinq farines différentes. «Nos produits ont été exposés dans des foires à Londres et à Casablanca. Nous sommes dans le commerce équitable, mais nous ne vendons pas plus cher que les unités de couscous industriel. Le kilo est à 10 DH». Ces treize femmes, qui travaillaient jusque là à domicile, ont obtenu un financement de 900.000 DH pour acquérir et équiper leur atelier de production. Ici on utilise l'énergie solaire pour faire fonctionner le séchoir électrique. Le moteur a été offert par l'ONUDI et une partie des outils de travail par l'UNIFEM. Deux des cinq agences des Nations Unies qui se sont associés au POS pour aider à structurer les coopératives oasiennes. Ces structures travaillent ensemble sur la base d'un financement du MGDF (fonds des Nations Unies pour la réalisation des huit Objectifs du Millénaire): 5 millions de dollars investis au Maroc sur la période 2008-2011. Des organismes publics marocains sont également partenaires pour la mise en œuvre sur le terrain.
Eco-tourisme, créneau d'avenir
De toutes les activités qui ont un avenir certain dans les oasis d'Asrir, l'éco-tourisme est de loin le plus porteur. On compte une trentaine de lits dans les six gîtes ruraux que de la commune. Une vingtaine d'emplois, en tout et pour tout, ont été créés. Quatre de ces unités ont bénéficié des programmes du POS. Côté revenus, une étude a démontré qu'ils pouvaient atteindre 5.000 DH par mois et par gîte.
L'intérêt de l'éco-tourisme est qu'il draine des visiteurs susceptibles de consommer les produits locaux, que ce soit pour leurs repas (avec l'impact que cela implique sur l'agriculture locale) ou pour leurs achats en produits artisanaux. Un objectif qui est loin d'être atteint aujourd'hui : l'essentiel des touristes arrive en caravane, consomme peu et pollue beaucoup. Il faut donc attirer une autre population de visiteurs, plus soucieuse de la préservation du patrimoine culturel des oasis, d'où l'idée de mettre en place un bureau d'information et de commercialisation du tourisme oasien, le BITO. Selon le président de la Commune, M'barek Mefaoui, « l'organisme sera créé à l'initiative des professionnels et de tous les acteurs qui valorisent le territoire oasien, notamment les élus. Nous mettrons en place des normes de qualité pour tous les gîtes de la région».
Un projet qui est inscrit sur le Plan de développement communal d'Asrir : le PCD est une vision concertée et un plan d'action sur trois ans, qui est défini pour fixer les termes du développement local. Parmi les projets envisagés ici, la création d'un parking à l'entrée des oasis. À l'intérieur de ces espaces verts, on se déplacera en calèche, ou à vélo, et non plus en mobile home...
Programme Oasis Sud
Piloté par l'Agence
de promotion et de développement des provinces du Sud, le POS a démarré en 2006. Il est doté d'un budget de 18 millions de dollars pour la période 2006-2011 et concerne la seule région de Guelmim-Smara. 80% de ces fonds proviennent d'organismes marocains: Agence du Sud, Direction générale des collectivités locales, Conseil régional, provinces et communes. Les contributions internationales ont été débloquées par les agences de l'ONU (essentiellement le PNUD), par la BAD et par des pays comme la Finlande et le Japon.
Des budgets qui sont mobilisés au fur et à mesure de l'exécution sur le terrain, menée en partenariat étroit avec les élus locaux et les ONG. Ces deux dernières années, 276 projets générateurs de revenus ont été intégrés dans les plans communaux.


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