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Décharge contrôlée de Fès : Fès doit gagner son match contre le lixiviat… avant la CAN 2025 !
Publié dans Les ECO le 12 - 08 - 2025

Une véritable bombe à retardement écologique menace Fès. Des bassins de lixiviat toxique s'étendent à ciel ouvert, polluant l'air et risquant de contaminer la nappe phréatique près du barrage El Guaada. Au-delà des odeurs, c'est une urgence sanitaire qui met la santé publique en péril.
À l'approche de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, un événement sportif majeur qui placera le Maroc sous les feux des projecteurs, la ville de Fès se prépare à accueillir des milliers de visiteurs. Alors que les infrastructures sportives et hôtelières sont en cours de modernisation, un adversaire d'un autre genre menace de ternir la fête.
Il s'agit d'une problématique environnementale et sanitaire dont les effets se font sentir dans une grande partie de la cité spirituelle. Des odeurs nauséabondes, émanant de la décharge contrôlée de la ville, posent un défi de taille.
La source en est le lixiviat, un liquide toxique issu des déchets ménagers, dont la gestion actuelle a atteint ses limites. Pour Fès, gagner ce match contre la pollution est devenu une condition nécessaire pour la réussite de l'événement et le bien-être de ses habitants.
Des bassins de lixiviat dont la dimension ne cesse de progresser
La décharge contrôlée intercommunale de Fès, mise en service en 2004, est une installation d'envergure. Gérée par le groupement Edgeboro International et Ecomed, elle s'étend sur 110 hectares et traite plus de 1.000 tonnes de déchets solides chaque jour. Conçue pour une durée de vie de trente ans avec un investissement de 100 MDH, elle devait garantir une gestion sécurisée des déchets.
Cependant, une complication est apparue dans la gestion du lixiviat. Des images satellitaires confirment l'existence de six immenses bassins à ciel ouvert où ce liquide est stocké. Ces bassins, dont la dimension ne cesse de progresser, sont devenus le point de départ d'une nuisance olfactive persistante. Sous l'effet des vagues de chaleur et des vents d'est, les composés volatils et l'ammoniac contenus dans le lixiviat sont transportés vers l'agglomération.
La proximité géographique de la décharge avec des pôles de vie essentiels aggrave la situation. Le Centre hospitalier universitaire Hassan II et le grand complexe sportif de Fès, futurs sites névralgiques durant la CAN, se trouvent à seulement deux ou trois kilomètres de la source de pollution. Ce risque n'est plus théorique, il s'est déjà matérialisé lors de récents événements, où les nuisances olfactives ont incommodé les supporters et les délégations officielles durant la finale de la Coupe du Trône et les deux matches internationaux organisés au complexe de Fès.
Au-delà des odeurs, l'accumulation du liquide du lixiviat constitue un risque important d'infiltration et de pollution de la nappe phréatique, d'autant que les bassins de lixiviats sont situés à quelque 2 km seulement du barrage El Guaada. Cette accumulation massive de liquide toxique présente aussi un risque potentiel pour les ressources hydriques. Une éventuelle fuite ou un débordement des bassins pourrait avoir des conséquences sur la nappe phréatique de la région.
Une stratégie de défense dans l'impasse
La crise actuelle est le résultat d'une évolution des contraintes réglementaires et d'une absence de solution technique adaptée sur site. Pendant plusieurs années, le lixiviat était acheminé vers le réseau d'assainissement de la ville avant de rejoindre l'Oued Sebou.
Cette pratique était une solution par défaut puisque la Station de traitement des eaux usées de Fès n'a pas la capacité de traiter la forte charge en ammonium de ce type d'effluent. Il y a quelques mois, un changement de politique est intervenu avec le lancement du projet national de transfert d'eau du bassin de Sebou vers l'axe Rabat-Casablanca.
La préservation de la qualité de l'eau du fleuve est devenue une priorité. Les autorités ont donc interdit le rejet de lixiviat non traité. Faute d'une station de traitement dédiée à Fès, les gestionnaires de la décharge ont été contraints d'adopter une stratégie de confinement.
Le liquide est pompé et stocké dans des bassins d'évaporation. Cette méthode s'est révélée être une solution temporaire dont les limites sont aujourd'hui visibles. Elle ne fait que déplacer le problème, en concentrant la pollution et en créant un volume de stockage qui ne cesse de croître. Cette impasse technique est la cause directe de la crise olfactive qui impacte la capitale spirituelle.
L'analyse tactique, le modèle de Meknès comme plan de jeu
La problématique du traitement du lixiviat n'est pas unique à Fès. D'autres décharges au Maroc ont exploré diverses technologies avec des résultats inégaux. Les systèmes basés sur l'osmose inverse à Oum Azza ou El Jadida sont hors service.
Le traitement physico-chimique à Mohammadia a également été abandonné. Face à ces expériences, le site de Meknès, sous la conduite de Suez Environnement, société délégataire chargée de la décharge contrôlée de Meknès, offre un exemple de réussite technique. Il s'agit de la seule installation au Maroc qui traite le lixiviat de manière complète et performante, permettant un rejet de l'eau traitée dans le milieu naturel en conformité avec les normes.
Le procédé, nommé EVALIX, est un système avancé qui combine un traitement biologique par nitrification et dénitrification, une ultrafiltration, une osmose inverse pour purifier l'eau, et un évaporateur pour le concentrat résiduel qui est alimenté par le biogaz produit par la décharge.
Cette technologie représente un plan de jeu éprouvé et efficace. Elle démontre qu'une solution industrielle robuste existe pour résoudre durablement le problème du lixiviat, transformant une nuisance en un processus de gestion maîtrisé.
L'urgence absolue face à un projet au point mort
Alors que la construction d'une station de traitement à Fès, dont le coût est estimé à 1 milliard de dirhams selon le président de la commune, semblait timidement s'engager, le projet vient de subir un coup d'arrêt. La mission d'étude et d'assistance technique, que la RADEEF avait attribuée au bureau d'études CID, a en effet été annulée par la nouvelle Société régionale multiservices (SRM) de Fès-Meknès.
Ce revirement ramène le dossier à son point de départ et repousse la concrétisation d'une solution définitive à un horizon encore plus lointain. Dans ce contexte, non seulement les délais sont incompatibles avec l'échéance de la CAN 2025, mais ce nouveau contretemps rend l'adoption d'une mesure transitoire et efficace non plus simplement impérative, mais indispensable.
Face à l'impasse d'une solution pérenne, une option transitoire, jugée réaliste et immédiatement applicable, est mise en avant. Selon des sources expertes dans la gestion des déchets, la station de traitement de Meknès, reconnue pour sa performance, ne fonctionnerait actuellement qu'à environ 50% de sa capacité nominale. Nos nombreuses sollicitations auprès de Suez Maroc sont restées vaines.
Cette capacité disponible rend techniquement réalisable le transport par camions-citernes du lixiviat stocké à Fès pour qu'il y soit traité. Cette opération-relais offrirait une bouffée d'oxygène immédiate à Fès, en permettant de vider progressivement les bassins, d'éradiquer la source principale des odeurs et de sécuriser le site en attendant une solution définitive.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO


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