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France : la dégradation de la note souveraine par Fitch, une sanction politique et budgétaire
Publié dans Les ECO le 15 - 09 - 2025

L'abaissement de la note souveraine française à «A+» par Fitch traduit une perte de confiance dans la trajectoire budgétaire du pays, plombée par une instabilité politique chronique et une dynamique de dette jugée hors de contrôle.
Le verdict de Fitch est tombé vendredi 12 septembre 2025, dans un contexte politique particulièrement instable : à peine quatre jours après la chute du gouvernement Bayrou, remplacé dans l'urgence par Sébastien Lecornu, troisième Premier ministre en douze mois.
Ce climat délétère, marqué par des tensions croissantes entre les blocs parlementaires, inquiète sérieusement les investisseurs.
«La fragmentation et la polarisation croissantes de la politique intérieure française fragilisent la capacité à mettre en œuvre une consolidation budgétaire efficace», estime l'agence de notation.
La perte du label «AA-» au profit d'un «A+» avec perspective stable signifie un déclassement du crédit français dans la catégorie des dettes dites de qualité «moyenne supérieure», alors qu'il figurait auparavant dans le segment des signatures de référence. Si cette décision n'a pas, à court terme, d'effet immédiat sur les marchés, elle pourrait néanmoins alimenter une dynamique négative sur les taux d'intérêt à moyen terme.
Une trajectoire de dette préoccupante
Fitch justifie sa décision par la dégradation continue des finances publiques. À fin mars 2025, la dette publique atteignait 113,9% du PIB, soit 3.345 milliards d'euros. Le déficit, quant à lui, était prévu à 5,4% du PIB pour l'année, loin des objectifs européens.
L'agence table désormais sur une aggravation de ce déséquilibre, anticipant une dette à 121% du PIB d'ici 2027, avec un déficit supérieur à 5% durant les trois prochaines années. Les projections du gouvernement sortant – ramener le déficit sous la barre des 3% en 2029 – paraissent désormais irréalistes.
«Le contexte politique rend toute réforme structurelle difficilement envisageable d'ici à l'élection présidentielle de 2027», ajoute Fitch.
Une sanction avant tout politique
Au-delà des chiffres, c'est la gouvernance publique qui est visée. L'instabilité politique compromet l'adoption rapide du budget 2026, alors que le nouveau Premier ministre peine à fédérer une majorité stable. Le spectre d'un blocage parlementaire pèse d'autant plus que le climat social se tend à l'approche d'une nouvelle journée de mobilisation nationale le 18 septembre.
Pour Eric Lombard, ministre sortant de l'Economie, l'abaissement de la note «ne remet pas en cause la solidité structurelle de l'économie française», bien qu'il ait pris «acte» de la décision. Un point de vue partagé par certains analystes, qui estiment que les marchés ont déjà intégré cette dégradation.
«Les agences ont souvent un train de retard», nuance Lucile Bembaron, économiste chez Asterès, rappelant que les taux français s'étaient déjà écartés significativement des taux allemands, flirtant même un temps avec ceux de l'Italie.
Conséquences financières : le risque de contagion
Si la perte d'un cran ne provoque pas de choc immédiat, elle pourrait à terme peser lourdement sur le coût du financement. En 2025, la charge d'intérêts sur la dette est estimée à 55 milliards d'euros. Un surcoût de financement – même marginal – amplifié par la défiance d'une partie des investisseurs vis-à-vis de la signature française, pourrait fragiliser encore davantage l'équilibre budgétaire.
Cette nouvelle évaluation intervient dans un calendrier stratégique. Les agences Moody's et S&P doivent se prononcer respectivement les 24 octobre et 28 novembre. Leur jugement, en cas de dégradation parallèle, renforcerait la perception d'un risque systémique et limiterait davantage les marges de manœuvre de l'Etat français sur les marchés de capitaux.
Vers un automne budgétaire à haut risque
Le gouvernement Lecornu dispose de peu de temps pour convaincre. La Loi de finances 2026 devra être présentée dans un climat de tension extrême, sous peine d'être rejetée par les oppositions. La réussite de cette étape sera un signal déterminant pour les agences, les marchés et les partenaires européens. À défaut, la France pourrait voir sa crédibilité européenne s'éroder, affaiblissant sa voix dans les débats budgétaires de la zone euro.


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