Le Maroc s'impose comme un leader climatique au niveau mondial en se hissant à la 6e place du Climate Change Performance Index 2026. Publié en marge de la COP30 à Belém, au Brésil, ce classement récompense les efforts du Royaume dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la gestion énergétique et la mise en place de politiques climatiques ambitieuses, tout en pointant des marges de progression dans le déploiement des énergies renouvelables. Le Maroc se distingue une nouvelle fois sur la scène climatique internationale en intégrant le top 10 du Climate Change Performance Index (CCPI) 2026. Publié en marge de la COP30 à Belém, au Brésil, le rapport classe le Royaume à la 6e place mondiale, soit un gain de deux rangs par rapport à l'édition précédente. Ce positionnement fait du Maroc l'un des pays les plus performants au monde en matière de lutte contre le changement climatique. Le CCPI, réalisé chaque année par le NewClimate Institute, l'ONG Germanwatch et le réseau Climate Action Network (CAN), évalue les politiques climatiques de 63 pays ainsi que de l'Union européenne, représentant ensemble plus de 90% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Quatre grandes catégories structurent l'analyse : les émissions de GES, l'utilisation de l'énergie, les énergies renouvelables et la politique climatique. Selon les évaluateurs, le Maroc obtient des performances «élevées» dans trois domaines : la réduction des émissions, la consommation d'énergie et la politique climatique. En revanche, la note attribuée aux énergies renouvelables reste «faible», ce qui constitue le principal point à améliorer. La progression du Royaume est notamment liée à la mise à jour de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), effectuée en septembre 2025. Le pays y fixe un objectif de réduction inconditionnelle de 21,6% de ses émissions à l'horizon 2035 par rapport au scénario business-as-usual, et un objectif conditionnel de 53% si l'appui international est au rendez-vous. Il s'engage aussi à une sortie progressive du charbon d'ici 2040, un objectif salué par les experts du CCPI. Des avancées notables mais des freins persistants à lever Autre point positif : le Maroc n'est pas impliqué de manière significative dans l'extraction de combustibles fossiles, bien que des réserves de gaz non exploitées existent. Toutefois, les subventions au gaz domestique demeurent en place et freinent la transition énergétique, notamment dans les usages domestiques encore très dépendants. Les experts soulignent que le rythme actuel de la transition reste trop lent. Des retards sont relevés dans le déploiement de projets solaires et éoliens, en partie en raison de débats technologiques non tranchés et d'une stratégie d'appel d'offres jugée insuffisamment claire. Le rapport recommande de clarifier les choix technologiques, d'accélérer les appels d'offres, et d'améliorer la flexibilité du réseau électrique pour permettre l'intégration des renouvelables. Dans le domaine des bioénergies, le CCPI encourage le lancement d'une feuille de route pour le biométhane et les biocarburants durables, précisant que celle-ci devrait reposer sur la valorisation des déchets et des résidus, plutôt que sur des cultures alimentaires. En matière de mobilité, le Maroc est salué pour ses investissements massifs dans les transports publics et le rail, qui soutiennent une transition vers une mobilité bas-carbone à long terme. Le Plan national d'adaptation (PNA), qui fixe des exigences minimales de performance énergétique pour les nouveaux bâtiments, est également mentionné comme une initiative positive. Toutefois, les experts notent des difficultés dans sa mise en application : manque de moyens de contrôle, vente persistante d'appareils énergivores, et bâtiments souvent non conformes aux normes. Le rapport recommande aussi une modernisation de l'irrigation agricole, en promouvant des systèmes intelligents associant goutte-à-goutte, pompes solaires et capteurs d'humidité, avec des subventions liées à des indicateurs de performance hydrique. Il plaide enfin pour l'extension du Programme national des déchets municipaux (PNDM), notamment dans le tri des déchets organiques dans les grandes villes et la capture du méthane issu des décharges et stations d'épuration. Le classement du Maroc est d'autant plus remarquable qu'il domine largement le continent africain et la région MENA. Il surpasse l'Egypte, l'Afrique du Sud, le Kenya, ainsi que ses voisins du Maghreb — la Tunisie, l'Algérie et la Libye — qui apparaissent bien plus loin dans le classement, pâtissant de leur forte dépendance aux combustibles fossiles et de politiques climatiques jugées moins ambitieuses. Cette place de leader régional permet au Royaume de s'imposer comme un modèle Sud-Sud en matière de transition écologique. Une diplomatie climatique affirmée La performance du Maroc dans le CCPI 2026 résonne également sur le plan diplomatique. En s'affichant comme un acteur climatique majeur, le Royaume renforce son positionnement au sein des négociations internationales, notamment dans le cadre de la COP et au sein de coalitions africaines ou Sud-Sud. Son expérience dans la mise en place de politiques environnementales intégrées et multisectorielles constitue un levier d'influence dans ses coopérations bilatérales et multilatérales. Cette reconnaissance donne au Maroc une légitimité pour plaider pour une justice climatique mondiale, appelant à plus de financement en faveur des pays vulnérables, et à des transferts technologiques accélérés au bénéfice des pays du Sud.