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Sang et dérivés : comment la Loi de finances 2026 allège l'urgence médicale
Publié dans Les ECO le 29 - 12 - 2025

Adoptée discrètement dans la Loi de finances 2026, l'exonération de la TVA sur le sang et ses dérivés marque un tournant pour les hôpitaux, les soignants… et surtout les patients. Explications…
C'est une mesure discrète, passée presque inaperçue dans la foulée des annonces budgétaires. Pourtant, elle pourrait transformer la donne pour un pan entier de notre système de santé. La Loi de finances (LF) 2026 introduit l'exonération de la TVA sur le sang humain et animal ainsi que sur leurs dérivés, avec droit à déduction. Une réforme dont la portée est d'alléger les charges pesant sur les hôpitaux, fluidifier les chaînes d'approvisionnement médical et garantir une meilleure accessibilité aux traitements vitaux.
Alléger les coûts pour mieux soigner
L'article 7 de la LF 2026 propose une double exonération, à l'intérieur du territoire et à l'importation. Jusque-là, chaque unité de sang ou produit dérivé pouvait être grevée de TVA, ce qui augmentait indirectement les coûts pour les établissements de santé et parfois même pour les patients.
En supprimant cette taxe, tout en maintenant le droit à déduction, la mesure permet aux acteurs de récupérer la TVA payée sur leurs achats. Autrement dit, elle agit à la fois en amont et en aval de la chaîne logistique. Cela signifie que les centres de transfusion, les distributeurs de produits sanguins, les établissements hospitaliers, publics ou privés, peuvent désormais rationaliser leurs budgets.
L'enjeu est de taille quand on sait que certains dérivés, comme les facteurs de coagulation utilisés chez les hémophiles, ou les immunoglobulines destinées aux patients immunodéprimés, peuvent coûter plusieurs milliers de dirhams par dose.
Un système sous tension
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2023, le Maroc a collecté un peu plus de 382.000 dons de sang. C'est mieux qu'en 2022 (+11%), mais encore en deçà de l'objectif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui recommande un taux de donneurs équivalent à 1% de la population. Le Maroc stagne autour de 0,92%.
Dans les faits, cela veut dire que chaque jour, les hôpitaux doivent jongler avec des besoins élevés, estimés à près de 1.000 dons nécessaires, et des stocks tendus qui peinent à couvrir une semaine de consommation.
Dans ce contexte, toute mesure à même de renforcer la chaîne transfusionnelle est bienvenue. Et l'exonération de TVA pourrait bien jouer ce rôle, en rendant plus accessible l'importation de produits, en facilitant les investissements logistiques ou en permettant aux centres de se doter d'équipements modernes. Il faut souligner que cette disposition s'inscrit dans une dynamique plus large impulsée par l'Agence marocaine du sang et de ses dérivés (AMSD).
En décembre 2025, lors de son conseil d'administration, l'Agence a mis en avant plusieurs priorités, notamment assurer la souveraineté sanitaire, réduire les disparités régionales, renforcer la formation des professionnels, digitaliser les processus, et fiabiliser les circuits logistiques.
Le détail qui change tout : le droit à déduction
Il y a exonération et exonération. Dans de nombreux cas, lorsqu'un produit est exonéré de TVA, les entreprises ne peuvent plus récupérer la taxe qu'elles ont payée sur leurs intrants (machines, services, matières premières). Cela les pénalise, malgré l'apparente faveur fiscale. Ici, le législateur a fait un autre choix.
Il souhaite permettre aux acteurs de conserver leur droit à déduction. Cela signifie que les économies seront réelles, et surtout, qu'elles seront durables. Les structures pourront ainsi réinvestir dans la chaîne transfusionnelle, dans les équipements et dans la logistique.
L'accès à l'importation reste opaque
Malgré cette ouverture fiscale, les chiffres précis relatifs aux importations de sang ou de ses dérivés demeurent difficilement accessibles. Aucune donnée publique spécifique n'est disponible dans les bases statistiques officielles, qu'elles soient marocaines ou internationales. Les produits sanguins sont généralement noyés dans des rubriques plus larges comme les produits biologiques ou les médicaments, sans distinction fine.
Pourtant, l'enjeu est bien là. De nombreux dérivés plasmatiques ne sont pas produits localement et doivent être importés à des coûts élevés. Les données globales indiquent que le Maroc a importé plus de 559 millions d'euros de produits médicaux en 2024 en provenance de l'Union européenne, un chiffre qui englobe vraisemblablement une part de ces produits sanguins hautement spécialisés.
En l'absence de statistiques précises, cette réforme intervient dans un contexte de dépendance non quantifiée mais bien réelle.
Une procédure d'importation strictement encadrée
En toile de fond, il est intéressant d'évoquer aussi le volet relatif au processus d'importation du sang et de ses dérivés. Cette démarche ne relève pas de mécanismes classiques du commerce international, mais nécessite une autorisation préalable délivrée par les autorités sanitaires marocaines. L'AMSD, qui supervise la politique transfusionnelle nationale, détient une compétence centrale en la matière, puisqu'aucun produit sanguin ne peut être importé sans son feu vert.
À cette exigence réglementaire s'ajoute un contrôle sanitaire rigoureux, indispensable pour garantir la qualité, la traçabilité et la sécurité des produits. En parallèle, les procédures douanières habituelles demeurent requises.
L'opérateur doit domicilier son titre d'importation auprès d'une banque, établir une déclaration en douane complète (DUM) et présenter l'ensemble des justificatifs (autorisations sanitaires, certificats de conformité, documents de transport). Ce cadre, à la fois commercial et sanitaire, permet de s'assurer que seuls des produits conformes, justifiés par un besoin médical, pénètrent le marché national.
Dans ce contexte, l'exonération de TVA ne supprime aucune de ces étapes. Elle allège la charge fiscale à l'entrée en douane, sans réduire les exigences de conformité et de régulation. De manière globale, avec cette disposition, tout le monde est gagnant.
Les hôpitaux dépensent moins, les fournisseurs deviennent plus compétitifs et les patients pourraient bénéficier de tarifs plus accessibles. Mais en pratique, des mécanismes de suivi restent importants pour répondre à la nécessité de transparence, d'indicateurs de performance, voire d'une régulation active du marché.


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