Agroéconomiste Depuis 2018, le Maroc n'avait plus connu de précipitations aussi abondantes. Mais l'optimisme qui en découle devrait rester prudent. Toutes les études sur le climat confirment que, sans décisions internationales fortes pour réduire les émissions et la pollution, la situation climatique mondiale continuera de se dégrader. Dans ce contexte, la gestion de l'eau devient un enjeu stratégique. Quelles que soient les ressources disponibles aujourd'hui, le Maroc doit dès maintenant se préparer à toutes les éventualités. Cela implique de repenser en profondeur son modèle agricole, de limiter le gaspillage hydrique et de réévaluer l'opportunité de certaines exportations dont la valeur ne couvre même pas le coût réel de l'eau mobilisée. Sur le terrain, la campagne agricole démarre plutôt bien malgré un léger retard, conséquence d'un stress hydrique prolongé qui pousse les agriculteurs à différer leurs semis. À ces fragilités s'ajoute un autre défi majeur. Selon la FAO, près de 30% des céréales sont perdues au niveau de la consommation. Un gaspillage qui rappelle l'urgence de revoir nos habitudes alimentaires et notre rapport aux ressources. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO