La FENELEC vise une hausse de 30% de son chiffre d'affaires à l'export d'ici 2027. Pour atteindre cet objectif, la fédération mise sur la montée en puissance de l'écosystème de Fès-Meknès. La réunion tenue jeudi a scellé l'engagement des opérateurs publics et privés à faire de la région une base arrière de l'exportation électrique. La domination historique de l'axe Casablanca-Tanger sur l'industrie nationale se voit aujourd'hui contestée par l'émergence de nouveaux pôles de compétitivité. La région Fès-Meknès, longtemps perçue à travers le prisme de son patrimoine culturel ou de son activité artisanale, opère une mue silencieuse mais structurelle. C'est le constat dressé lors de la Matinée économique organisée dernièrement à Fès par la Fédération nationale de l'électricité, de l'électronique et des énergies renouvelables (FENELEC). En réunissant les acteurs publics et les industriels privés, la fédération a mis en lumière une convergence d'intérêts entre sa feuille de route à l'export et les capacités productives d'un territoire en pleine reconfiguration. L'ambition affichée consiste à positionner la région comme une base arrière solide pour la conquête des marchés internationaux. 30 MMDH de chiffre d'affaires industriel La région Fès-Meknès dispose désormais d'arguments chiffrés pour attester de sa vocation industrielle. Les données présentées par la délégation régionale du Commerce et de l'Industrie font état d'un chiffre d'affaires du secteur industriel dépassant les 30 MMDH, générant une valeur ajoutée supérieure à 9 MMDH. Le tissu productif local emploie plus de 75.000 personnes et contribue aux exportations nationales à hauteur de 3,4 MMDH. Le président de la Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services (CCIS) de Fès-Meknès, Hamza Benabdallah, a souligné le rattrapage infrastructurel réalisé ces dernières années. L'offre de foncier industriel s'est étoffée avec la mise en service de nouvelles plateformes équipées aux standards internationaux. La position géographique du territoire offre une connectivité stratégique avec trois ports majeurs du Royaume, à savoir Nador West Med, Tanger Med et Casablanca. Les investissements récents, notamment l'installation d'unités de fabrication de panneaux photovoltaïques et de compteurs intelligents, confirment cette dynamique de diversification vers des métiers à plus forte complexité technologique. Objectif : 6 MMDH additionnels à l'export La FENELEC entend s'appuyer sur ces relais de croissance régionaux pour atteindre les objectifs de sa stratégie 2024-2027. Le directeur général de la fédération, Khalil El Guermaï, a détaillé une feuille de route visant une augmentation de 30% du chiffre d'affaires à l'export à l'horizon 2027. Cela représente une valeur additionnelle estimée à 6 MMDH pour le secteur. L'ambition porte également sur l'élargissement de la base exportatrice avec une projection de croissance de 25% du nombre d'entreprises actives à l'international. Le plan d'action pour l'année 2026 illustre cette volonté d'expansion. Il prévoit des missions commerciales ciblées et la participation à des salons d'envergure. La stratégie repose sur une segmentation précise des marchés et une adaptation de l'offre marocaine aux besoins spécifiques des partenaires internationaux. Le secteur, qui pèse actuellement 23,8 milliards de dirhams de chiffre d'affaires global et totalise près de 69.000 emplois directs, cherche ainsi à consolider ses acquis tout en explorant de nouveaux gisements de valeur hors des frontières. Le 2e pôle universitaire au service de l'industrie La disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée constitue un facteur de différenciation pour la région Fès-Meknès face à la saturation des bassins d'emploi du littoral atlantique. Le statut de deuxième pôle universitaire du Royaume garantit aux industriels l'accès à un vivier de compétences adapté aux exigences des secteurs de l'électricité et de l'électronique. Les établissements de formation régionaux collaborent avec les opérateurs économiques pour aligner les cursus sur les besoins réels des usines et des bureaux d'études. L'entrée en scène de la SRM représente un autre levier de développement local évoqué lors des échanges. Ahmed Skali, vice-président de la FENELEC, a insisté sur le rôle de la SRM dans la modernisation des réseaux de distribution et l'optimisation des investissements publics. Les projets d'infrastructures pilotés par la nouvelle entité offrent des opportunités de marchés pour les entreprises locales, favorisant ainsi le maintien de la valeur ajoutée sur le territoire et le renforcement de l'écosystème entrepreneurial régional. Huit nouveaux marchés internationaux dans le viseur La diversification géographique constitue le pilier central du programme 2026 de la FENELEC. La fédération cible l'ouverture de huit nouveaux marchés stratégiques, dont le Canada, l'Argentine, la Russie, la République Tchèque ou encore le Kazakhstan. Cette orientation marque une rupture avec la dépendance aux marchés traditionnels et traduit une montée en gamme de l'offre exportable marocaine. Le continent africain demeure une priorité absolue. L'organisation prochaine des Assises africaines de l'énergie, à Nouakchott, et la tenue de missions d'affaires, au Sénégal et en Guinée, témoignent de la volonté de consolider la coopération Sud-Sud. Le savoir-faire marocain en matière d'électrification rurale et d'énergies renouvelables est mis en avant comme un vecteur d'intégration économique régionale. Les actions programmées incluent également une offensive diplomatique et commerciale en Europe du Sud, avec des opérations prévues en Espagne et au Portugal, préparant le terrain pour les échéances liées à l'organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO