La 15e réunion du Conseil d'association UE-Maroc à Bruxelles, 30 ans après l'Accord d'association et 6 ans après le dernier Conseil (2019), a scellé une étape historique avec le soutien des 27 Etats membres de l'Union européenne au Plan d'autonomie pour le Sahara marocain. Ce sommet a notamment permis de consolider les volets économique et sécuritaire d'un partenariat exemplaire. À la veille du 30e anniversaire de la signature de l'Accord d'association entre l'Union européenne et le Maroc, les deux parties ont tenu la 15e réunion de Conseil d'association, capitalisant sur les acquis du Statut avancé octroyé au Maroc et du Partenariat euro-marocain durant plus d'un demi-siècle de relations entre les deux parties. La rencontre, qui s'est achevée jeudi dernier, à Bruxelles, a été coprésidée par la Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, et Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine. Elle a été marquée par l'adoption d'une nouvelle position européenne commune sur le Sahara marocain, considérant qu'«une autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalisables» pour le règlement définitif du différend régional. Cette position des 27 Etats membres de l'UE a été consignée dans le communiqué conjoint publié à l'issue des travaux. Les mots valent leur pesant d'or, car c'est bien la première fois que le Plan d'autonomie sur le Sahara est considéré unanimement comme la seule et unique base des négociations par les 27 Etats membres de l'UE. Ils ont aligné leur position sur la Résolution 2797 de l'ONU. Nouvelle victoire diplomatique Ce sommet, qui faisait suite à la réunion du Conseil des affaires étrangères de l'UE, a consolidé le volet économique de la coopération entre le Maroc et UE, avec la décision n° 2/2025 du Conseil d'association relative à l'accord agricole, les investissements alloués au Maroc et la Coupe du monde 2030 comme accélérateur de ce partenariat. Le rendez-vous a aussi permis d'aborder les questions liées à la sécurité et à la stabilité, sur la base d'un dialogue politique permanent. Lors des échanges, la partie européenne a rappelé l'attachement de l'UE au règlement du différend du Sahara marocain et salué l'adoption de la Résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans ce cadre, «l'UE s'est félicitée de la volonté du Maroc de s'engager de bonne foi avec toutes les parties concernées afin de clarifier les modalités de ce plan d'autonomie et d'expliciter comment une autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine se déclinerait. L'UE a réitéré qu'elle se tient prête à apporter son concours pour faciliter les consultations entre les parties dans le cadre des Nations unies et à appuyer les efforts de l'Envoyé personnel du Secrétaire général». Vers un Partenariat stratégique approfondi Sur le plan économique, le Maroc demeure un partenaire clé et stratégique pour l'UE, en témoignent les financements accordés au Royaume, ainsi que les investissements structurants soutenus par la Banque européenne d'investissement et les institutions financières des Etats membres, pour un montant approximatif annuel de 270 millions d'euros pendant la période 2021-2024. «Le Maroc est fermement déterminé à avancer main dans la main avec l'Union européenne, avec pour objectif l'établissement d'un partenariat plus profond, plus stratégique et plus résilient», a souligné Nasser Bourita. Le ministre des Affaires étrangères, qui a dressé le bilan des six années écoulées depuis la réunion du Conseil d'association en juin 2019, a appelé aussi à un «changement de paradigme». Il a ainsi invité l'UE à passer de la logique du voisin vers une logique d'allié, et à faire évoluer l'approche par «programmes et projets» vers des «axes stratégiques structurants». «Le travail en cours pour l'élaboration d'un partenariat stratégique approfondi est notre opportunité pour tracer notre voie pour la prochaine décennie», a affirmé le chef de la diplomatie marocaine, ajoutant que «l'édification d'un partenariat exemplaire entre l'UE et le Maroc ne peut se concevoir sans reconnaissance mutuelle ni sans responsabilité partagée». Par ailleurs, le bilan globalement positif n'occulte pas, selon le ministre, les défis qui subsistent, en soutenant aussi que «l'élévation du partenariat impliquerait bien sûr des impératifs, que nous mesurons et auxquels nous sommes prêts : en termes de convergence normative et réglementaire ; en termes de mécanismes de concertation préalable, permanente et de haut niveau ; en termes d'investissements conjoints dans les secteurs d'avenir». Dans cette perspective, la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc aura l'honneur et la fierté de co-organiser avec l'Espagne et le Portugal, représente une opportunité historique et unique d'accélération opérationnelle du partenariat. Yassine Saber / Les Inspirations ECO