Le Conseil d'association UE-Maroc, réuni en fin de semaine dernière à Bruxelles trente ans après la signature de l'Accord d'association, fait partie de ces virages diplomatiques discrets, certes, mais qui dessinent des lignes de fond durables. Pour la première fois, les vingt-sept Etats membres de l'Union européenne ont exprimé d'une seule voix leur soutien au Plan d'autonomie marocain, comme socle «sérieux et crédible» pour une issue politique au différend du Sahara. En diplomatie, l'unanimité est rare, mais quand elle advient, elle pèse lourd ! Il faut dire que ce consensus a été travaillé au corps pendant de longues années. C'est l'aboutissement d'une stratégie marocaine patiemment construite et une consécration claire de cette réalité nouvelle dans laquelle le Maroc n'est plus perçu seulement comme un voisin utile, mais comme un partenaire stratégique de l'Europe. Une reconnaissance dépassant la question du Sahara marocain, pour concerner la sécurité en Méditerranée, les transitions énergétiques, la stabilité du voisinage africain, des terrains sur lesquels le Royaume agit parfois en éclaireur. L'accord agricole, les investissements structurants, le dialogue politique renforcé ou encore la perspective de la Coupe du monde 2030 comme catalyseur euro-africain sont autant de jalons posés lors de cette réunion. Le Maroc et l'UE s'y donnent rendez-vous non seulement sur les textes, mais aussi sur la vision d'un partenariat d'égal à égal, fondé sur la clarté des positions, la convergence des intérêts et la responsabilité partagée. L'unanimité européenne sur le Sahara ne clôt donc pas le dossier de la teneur des relations bilatérales. Au contraire, elle en balise enfin le cadre en désamorçant l'ambiguïté qui, longtemps, a servi d'alibi à l'inaction. Et elle ouvre une phase nouvelle, faite de construction, de projection et, espérons-le, de résolution. Meriem Allam / Les Inspirations ECO