Face aux crues exceptionnelles ayant frappé le bassin du Loukkos, le barrage Al Wahda s'impose comme un test grandeur nature de la résilience hydraulique nationale. Sa conception, ses capacités d'évacuation et sa gestion opérationnelle révèlent un ouvrage conçu pour absorber des pressions extrêmes, au cœur des enjeux de prévention des risques d'inondation. Au cœur des récentes intempéries qui ont secoué la région de Ksar El Kébir, le barrage Al Wahda, mastodonte hydraulique du Maroc, se retrouve sous les feux des projecteurs. Alors que les crues de l'Oued Loukkos ont provoqué des inondations dévastatrices en aval, la question de la résistance de cet ouvrage face à des pressions hydriques exceptionnelles est devenue primordiale. Une analyse approfondie de sa conception et de ses performances récentes révèle une robustesse structurelle conçue pour de tels défis. Erigé en 1996, le barrage Al Wahda est une structure en remblai zoné à noyau, culminant à une hauteur de 88 mètres et dotée d'une capacité de retenue de 3 800 millions de mètres cubes. Sa conception intègre des ouvrages annexes cruciaux pour la gestion des crues. L'évacuateur de crue est dimensionné pour un débit de 20 000 m3/s, et les vidanges de fond peuvent gérer 1 900 m3/s. Ces spécifications techniques témoignent d'une anticipation des scénarios hydrologiques extrêmes, visant à protéger la plaine du Gharb contre les inondations et à assurer la sécurité de l'ouvrage. Lire aussi : Barrages au Maroc : Fin de la sécheresse, mais vigilance face aux inondations Les récentes précipitations de janvier 2026 ont mis à l'épreuve ces capacités. Au 1er février 2026, le barrage affichait un taux de remplissage de près de 90 %, retenant 3 181,9 millions de mètres cubes d'eau. Cette gestion active des volumes, incluant des lâchers d'eau contrôlés, est une procédure standard destinée à maintenir la stabilité de l'ouvrage et à prévenir toute surcharge structurelle. Les autorités ont d'ailleurs souligné que ces lâchers, bien que concomitants aux inondations en aval, relèvent de mesures de précaution et ne présentent pas de risque. La capacité du barrage Al Wahda à résister à de telles conditions repose sur plusieurs piliers : une conception robuste, des systèmes d'évacuation des crues surdimensionnés et une surveillance continue. Les inondations observées à Ksar El Kébir, bien que tragiques, semblent davantage liées à la capacité d'absorption des sols et des infrastructures locales en aval, ainsi qu'à la gestion des débits dans le lit de l'Oued Loukkos, qu'à une défaillance du barrage. L'ouvrage, par sa conception et sa gestion, a démontré sa capacité à contenir des volumes d'eau considérables, agissant comme un bouclier essentiel contre des catastrophes hydrologiques de plus grande ampleur.