Après un cycle de sept années de sécheresse historique, la région de Casablanca-Settat renaît sous des pluies exceptionnelles. Avec plus de 825.000 hectares déjà semés en céréales et une pluviométrie dépassant de 364% celle de l'an dernier, la campagne agricole 2025-2026 s'annonce comme la plus prometteuse de la décennie. Sept années de sécheresse semblent enfin s'effacer sous les averses bienfaitrices de l'hiver 2025-2026. Dans la région de Casablanca-Settat, les pluies abondantes ont opéré une transformation spectaculaire, redonnant vie aux terres, aux barrages et surtout, aux espoirs. Les chiffres dévoilés, lundi, par la Direction régionale de l'agriculture dépassent toutes les prévisions et esquissent les contours d'une campagne exceptionnelle, tant par son ampleur que par sa diversité. Ainsi, et à la date du 2 février, 825.953 hectares de céréales d'automne ont déjà été semés dans la région, atteignant 94% des objectifs fixés. Cette surface, équivalente à plus de onze fois la ville de Casablanca, se décline en 340.898 hectares de blé tendre, 229.060 hectares de blé dur et 255.995 hectares d'orge. À ces céréales s'ajoutent 81.410 hectares de cultures fourragères et 45.000 hectares de légumineuses en cours de semis, formant un tableau agricole d'une intensité rare depuis une décennie. Une pluviométrie historique et inégale, catalyseur de la relance L'explication de ce renouveau tient en un chiffre : 388,8 mm. C'est le cumul moyen des précipitations enregistrées dans la région depuis le début de la saison. Une performance qui dépasse de 83% la norme d'une année ordinaire et qui marque une augmentation vertigineuse de 364% par rapport à la saison précédente, catastrophique. Cette manne, distribuée de manière hétérogène, a particulièrement arrosé la province de Benslimane, avec 597 mm, un record régional. Ces pluies ont agi comme un starter puissant sur l'humidité des sols, favorisant une germination rapide et uniforme, tout en rechargeant significativement les nappes phréatiques et les barrages. Dépassement des programmes et diversification des cultures L'optimisme des agriculteurs se traduit par un dépassement systématique des plans initiaux. Le maraîchage d'automne en est la preuve, puisque 17.440 hectares ont été cultivés, soit 107% de la superficie programmée, avec une forte dominante de pommes de terre, carottes et tomates, des cultures à haute valeur ajoutée. Le maraîchage d'hiver suit à 86%, et celui de printemps est déjà anticipé sur 8.105 hectares. Parallèlement, la culture de la betterave sucrière, pilier des provinces d'El-Jadida et Sidi-Bennour, a été réalisée sur plus de 9.200 hectares, consolidant le profil agro-industriel de la région. Cette renaissance ne repose pas uniquement sur la clémence des cieux. La région fait le pari de l'agriculture durable pour consolider ses acquis. Ainsi, 40.000 hectares, soit 60% des objectifs, ont été ensemencés cette année en semis direct, une technique qui préserve la structure du sol, optimise la rétention d'eau et réduit l'érosion. Cette adoption rapide, encouragée par un accompagnement technique renforcé, traduit une prise de conscience écologique et économique grandissante chez les agriculteurs. Par ailleurs, les retombées positives débordent du champ des cultures. Le secteur pastoral, sinistré par des années de pénurie fourragère, retrouve un répit salutaire. La régénération naturelle des parcours a soulagé la pression sur les stocks d'aliments du bétail, réduisant les coûts de production des éleveurs et améliorant leur trésorerie. Cette embellie naturelle vient en appui au Programme national de reconstitution du cheptel, renforçant ainsi la stabilité socio-économique des campagnes.