Les marchés pétroliers renouent avec une dynamique haussière, portés par la résurgence des incertitudes géopolitiques et des anticipations de demande qui continuent d'alimenter la volatilité des cours. Sur les marchés mondiaux de l'énergie, les prix du pétrole continuent de refléter un équilibre délicat entre tensions géopolitiques persistantes et dynamiques fondamentales de l'offre et de la demande. Après une période de baisse liée à des avancées dans les pourparlers diplomatiques, les cours ont rebondi et se maintiennent à des niveaux élevés, portés par le risque d'escalade entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que par des mouvements de marché intégrant des scénarios de perturbations d'approvisionnement. Selon les dernières cotations, le baril de Brent s'est rapproché des plus hauts niveaux des six derniers mois, autour de 71,46 dollars, tandis que le WTI américain s'est établi autour de 66,24 dollars, marquant une progression notable sur les deux derniers jours de cotation. Cette hausse intervient après un rallye de plus de 4% en une séance, reflétant la montée des primes de risque que les opérateurs intègrent dans les prix. Géopolitique au cœur de la dynamique des prix L'évolution des cours continue d'être largement influencée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour de la question iranienne. Les discussions nucléaires entre les Etats-Unis et l'Iran, menées à Genève, n'ont pas encore permis de désamorcer totalement les inquiétudes des marchés, et certaines perturbations, comme des exercices militaires affectant des zones stratégiques de transit pétrolier, ont accru la prime de risque. Dans ce contexte, l'importance du détroit d'Ormuz, passage maritime par lequel transite près de 20% du pétrole mondial, reste un élément clé de l'analyse des marchés énergétiques. La simple possibilité de perturbations dans cette zone stratégique continue de soutenir les prix, même si les flux restent, pour l'instant, opérationnels. Une demande encore solide malgré un excédent d'offre Sur le plan fondamental, les projections récentes de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) montrent que la demande mondiale de pétrole devrait croître en 2026, bien qu'à un rythme modéré, avec une augmentation attendue d'environ 850.000 barils par jour. Cette progression s'ajoute à un marché caractérisé par un excédent structurel d'offre, résultant notamment d'une production robuste des pays de l'OPEP+ et d'une reprise des flux pétroliers après les perturbations hivernales. Cette combinaison, demande croissante mais offre abondante, aurait théoriquement pu freiner les prix. Toutefois, les incertitudes géopolitiques continuent de jouer un rôle prépondérant, maintenant un niveau élevé de volatilité qui soutient les cours malgré des pressions à la baisse potentielles liées à l'excédent d'approvisionnement. Perspectives : dans les semaines à venir, l'évolution des pourparlers diplomatiques au Moyen-Orient, la publication des stocks pétroliers américains et l'activité de l'OPEP+ resteront des facteurs déterminants pour la trajectoire des prix. La capacité du marché à anticiper ou à atténuer les risques géopolitiques, tout en intégrant les signaux fondamentaux de l'offre et de la demande, continuera de dicter la direction des cours du pétrole dans un environnement toujours incertain.