Le marché mondial de l'or a connu un net mouvement de correction, rappelant la sensibilité persistante du métal précieux aux dynamiques géopolitiques et monétaires. Le marché international de l'or a enregistré, le 17 février 2026, un mouvement de correction significatif. Après plusieurs semaines d'évolution à des niveaux historiquement élevés, le métal précieux est repassé sous la barre symbolique des 5.000 dollars l'once, avec un repli supérieur à 2%. Ce retournement illustre une réalité récurrente des marchés de matières premières, où les dynamiques psychologiques, monétaires et géopolitiques se combinent pour redessiner rapidement les trajectoires de prix. La baisse observée s'explique d'abord par un ajustement du comportement des investisseurs. L'or, actif refuge par excellence, a vu son attrait temporairement diminuer dans un contexte marqué par une détente relative des tensions internationales. Les avancées enregistrées dans les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran ont contribué à réduire la prime de risque géopolitique qui soutenait jusque-là les cours. Dollar fort et liquidité réduite, un cocktail volatil À ce facteur géopolitique s'est ajouté un élément monétaire déterminant. La fermeté du dollar américain a accentué la pression baissière. Une devise américaine plus robuste rend mécaniquement l'or plus coûteux pour les investisseurs opérant dans d'autres monnaies, ce qui tend à freiner la demande et à amplifier les phases de correction. La configuration du marché a également été influencée par des facteurs techniques. Plusieurs places asiatiques majeures, notamment en Chine, étaient fermées à l'occasion du Nouvel An lunaire. Cette réduction de la liquidité a limité la profondeur des échanges et accentué la volatilité des prix. Dans un environnement moins actif, les mouvements de marché, même modérés, peuvent produire des variations plus marquées. Les tendances régionales traduisent cette dynamique. En Inde, l'un des principaux marchés consommateurs d'or, les prix libellés en roupies ont enregistré un recul sensible, chutant jusqu'à environ 1,57 lakh pour 10 grammes. Ce mouvement reflète à la fois la transmission directe des fluctuations internationales et une demande locale restée modérée. Paradoxalement, la correction des prix ne s'est pas accompagnée d'un désengagement massif des investisseurs financiers. Les marchés à terme ont affiché une progression du volume et de l'intérêt ouvert, signe que les opérateurs demeurent actifs dans leurs stratégies de couverture et d'anticipation. Des fondamentaux robustes malgré la correction Si la séance du 17 février a marqué un net ajustement, elle ne remet pas en cause les dynamiques structurelles du marché de l'or. Plusieurs indicateurs récents soulignent une demande mondiale toujours soutenue, notamment à travers des flux significatifs vers les ETF et les produits financiers adossés au métal jaune. L'or continue d'occuper une place centrale dans les stratégies de diversification et de protection contre l'incertitude macroéconomique. Les niveaux atteints ces derniers mois, qualifiés de sommets historiques, témoignent d'un environnement global où les préoccupations liées à l'inflation, aux taux d'intérêt et aux équilibres géopolitiques restent déterminantes. À moyen terme, les perspectives demeurent ainsi marquées par une demande solide émanant à la fois des investisseurs institutionnels et de certaines banques centrales. La correction récente apparaît davantage comme un ajustement technique que comme un changement de cycle fondamental.