Pour la première fois, l'initiative «Je m'engage pour l'Afrique» pose ses valises dans la cité ocre. Architectes, élus, entrepreneurs et citoyens croiseront leurs regards, samedi 21 février, sur les transformations urbaines du continent et leurs effets sur la vie de ses habitants. Il y a des soirs où Marrakech ne ressemble à aucune autre ville. Où la place Jemaa El Fna, avec ses ombres qui s'allongent et ses lumières qui s'allument, devient le théâtre d'un monde qui se raconte. C'est un peu de cette magie-là que veulent capturer, samedi 21 février, les Conversations citoyennes de «Je m'engage pour l'Afrique». Pour la première fois, l'association fait étape dans la cité ocre, au Centre culturel Les Etoiles de Jemaa El Fna. Le thème retenu dit l'ambition de la rencontre : «Fabriquer la ville depuis l'Afrique : défis, savoirs locaux et modèles endogènes» . Derrière ces mots, une question qui mérite qu'on s'y arrête : nos villes, nos quartiers, nos rues, qui les pense vraiment ? Et pour qui ? Une façon d'interroger, depuis le continent, les dynamiques urbaines qui le traversent. Car, partout en Afrique, les villes se transforment en effet à vive allure. Infrastructures structurantes, politiques d'attractivité, nouveaux quartiers d'affaires fleurissent, portés par des ambitions légitimes de croissance et de rayonnement international. Mais derrière cette vitrine se pose une question centrale : qui fabrique réellement la ville, pour qui, et à partir de quels référentiels ? «L'enjeu n'est pas d'opposer développement et citoyenneté, mais d'interroger les modèles de production urbaine à l'œuvre. Quels arbitrages opèrent-ils ? Quelles formes de vie rendent-ils possibles, et lesquelles rendent-ils invisibles ?». Entre logiques globalisées, standards importés et pratiques locales qui produisent l'essentiel de la ville vécue, la fabrique urbaine africaine appelle une lecture renouvelée. C'est précisément l'objet de cette rencontre, qui se veut un espace de dialogue entre les différentes parties prenantes de la ville. Un dispositif de débat intermédiaire Les Conversations citoyennes ne sont ni un espace de plaidoyer, ni un diagnostic technique. Elles se définissent comme un dispositif intermédiaire de mise en dialogue, visant à rendre visibles les tensions, les arbitrages et les interdépendances entre attractivité économique, habitabilité, usages urbains et citoyenneté. L'objectif est de croiser regards académiques, institutionnels et de terrain, d'ouvrir un espace de discussion exigeant mais accessible, et de donner la parole aux citoyens comme acteurs à part entière des transformations urbaines. Un temps d'échange avec le public viendra d'ailleurs prolonger la discussion. Pour nourrir ce dialogue, l'édition marrakchie réunit des personnalités aux parcours variés, toutes engagées dans la réflexion sur la ville et ses usages. Sera présente, donc, Oumaima Mhijir, entrepreneure sociale et CEO de l'ONG JADARA, marraine de la Résidence JMA 2026, qui apportera son regard sur les initiatives de terrain et l'engagement citoyen. Souad Belkeziz, architecte et présidente de l'association Turāth, est également annoncée. Elle incarne quant à elle une réflexion ancrée sur le patrimoine et les dynamiques urbaines locales. C'est d'ailleurs en partenariat avec Turāth que la rencontre est organisée, un choix qui souligne l'importance de l'ancrage territorial. Oumaima El Idrissi, conseillère à la Ville de Casablanca, portera pour sa part la voix des institutions et des politiques publiques urbaines, avec l'expérience de la métropole la plus peuplée du Royaume. Meryanne Loum-Martin, fondatrice de l'hôtel Jnane Tamsna et du Diaspora Salon à Marrakech, incarne de son côté une approche mêlant hospitalité, culture et développement territorial, dans une ville où ces enjeux sont particulièrement sensibles. Ayité Mawussi, doctorant en urbanisme et aménagement, apportera quant à lui le regard du chercheur, à la croisée des disciplines et des terrains d'étude. La discussion sera modérée par Zineb Benabderrazik, architecte et host du podcast Kalimates. Un partenariat avec Turāth pour ancrer le débat La tenue de cette 8e édition au Centre culturel Les Etoiles de Jemaa El Fna n'est pas anodine. En s'associant avec l'association Turāth, engagée dans la valorisation du patrimoine et des dynamiques urbaines locales, les Conversations citoyennes affichent leur volonté de s'ancrer dans les réalités marrakchies. Fondée en 2021, Je m'engage pour l'Afrique (JMA) est une association indépendante qui mobilise et forme une nouvelle génération d'acteurs engagés pour l'avenir du continent africain et du Sud global. À travers un incubateur de politiques publiques et une école des savoirs, JMA transforme idées et réflexions en actions concrètes et programmes pédagogiques innovants. Ses initiatives, comme la Résidence JMA, favorisent la coopération entre villes africaines, méditerranéennes et européennes ainsi que la construction de villes inclusives, durables et participatives.