Après plusieurs semaines de nervosité, le marché obligataire amorce un mouvement d'apaisement, marqué par un reflux des rendements et une amélioration graduelle des équilibres monétaires. L'accalmie observée sur le marché obligataire s'est confirmée au fil de la semaine du 12 au 19 février 2026. Les dernières données publiées par BMCE Capital Global Research (BKGR) traduisent une détente progressive des conditions monétaires et une amélioration du climat de marché, après plusieurs séances marquées par une certaine tension. Le premier signal provient du marché monétaire. Le déficit de liquidité bancaire moyen s'est allégé pour s'établir à -140,25 milliards de dirhams (MMDH), en recul de 2,16%. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de réduction des injections de la Banque centrale, dont les avances à 7 jours ont diminué de 5,37 MMDH, revenant à 55,23 milliards. Dans le même temps, les placements du Trésor ont suivi une trajectoire similaire, avec un encours quotidien maximal limité à 10,6 MMDH, contre 11,5 milliards une semaine auparavant. Malgré ces ajustements, le taux moyen pondéré interbancaire est resté stable, à 2,25%, tandis que le MONIA a légèrement progressé, à 2,23%, confirmant une normalisation graduelle des échanges interbancaires. Reflux des rendements sur le primaire Sur le marché primaire, la dernière adjudication du Trésor met en évidence une demande soutenue des investisseurs. Sur un montant proposé de 17,1 MMDH, le Trésor n'a retenu que 4,5 milliards, soit un taux de satisfaction de 26%. Cette sélectivité s'est accompagnée d'une baisse des taux limite, notamment sur les maturités 2 ans et 52 semaines, qui ressortent, respectivement, à 2,6296% et 2,3267%. Les variations enregistrées, de -14 points de base (pbs) pour le 2 ans et -7,2 pbs pour le 52 semaines, traduisent un reflux tangible des rendements courts. Cette évolution reflète un repositionnement classique dans les phases d'apaisement du marché. L'abondance relative de la liquidité et l'atténuation des pressions sur les besoins immédiats de financement contribuent à renforcer l'appétit pour les maturités courtes, traditionnellement les plus sensibles aux anticipations monétaires. Une détente plus marquée sur le secondaire La tendance baissière s'est prolongée sur le marché secondaire. Plusieurs segments clés de la courbe ont enregistré des corrections notables. Les rendements des maturités 10 ans, 2 ans et 5 ans ont, respectivement, reculé de 11,23, 9,95 et 9,51 pbs. Seule la maturité 20 ans affiche une légère hausse marginale. Cette configuration confirme un mouvement global de détente des taux, porté par des flux acheteurs et une perception de risque plus contenue. Au-delà des chiffres, cette évolution illustre un ajustement plus structurel des anticipations. Le marché semble intégrer un environnement macroéconomique jugé plus lisible. BKGR souligne d'ailleurs que cette détente intervient dans un contexte de renforcement du cadrage économique, soutenu par des perspectives de croissance pouvant approcher 6% en 2026. Ce facteur joue un rôle central dans la stabilisation des attentes, en consolidant le sentiment de solidité budgétaire et la confiance des investisseurs. Les prévisions monétaires vont dans le même sens. Bank Al-Maghrib devrait réduire légèrement le volume de ses interventions, ramenant ses avances à 7 jours à 53,8 MMDH. Une orientation qui suggère une gestion plus fine des équilibres de liquidité, sans rupture brutale des conditions financières. Dans cet environnement, la courbe des taux pourrait continuer d'évoluer de manière plus ordonnée à court terme. Sans effacer totalement les incertitudes, la dynamique actuelle renvoie l'image d'un marché progressivement stabilisé, où la détente des rendements s'opère davantage par ajustements successifs que par mouvements abrupts.