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Bourses arabes : un automne de contrastes où le Maroc tire son épingle du jeu
Publié dans Les ECO le 02 - 03 - 2026

L'analyse du Fonds monétaire arabe (FMA) pour le quatrième trimestre 2025, récemment publiée, dresse le portrait d'un marché régional à plusieurs vitesses. Tandis que Ryad perdait plus de 133 milliards de dollars de capitalisation sous l'effet de la chute des cours pétroliers, Le Caire engrangeait près de 9,5 milliards et Mascate voyait son indice bondir de 19%. Dans ce contexte mouvementé, la Bourse de Casablanca a opposé une résistance qui mérite l'attention. Son indice n'a cédé que 0,94 %, et sa capitalisation a même progressé. Décryptage…
Le Fonds monétaire arabe (FMA) a compilé les données officielles des seize places financières de la région MENA. Il ressort de l'analyse que la capitalisation totale des Bourses arabes a fondu de 107 milliards de dollars au cours du dernier trimestre de 2025, pour s'établir à 4 208 milliards. Un repli de 2,48% qui doit presque tout à un seul marché, en l'occurrence le mastodonte saoudien.
Avec 55,87% de la capitalisation régionale, la Bourse de Ryad est en effet un véritable rouleau compresseur statistique. Quand elle éternue, toute la région s'enrhume. Et au quatrième trimestre, le rhume a tourné à la bronchite. Le Tadawul, principal indice de la place saoudienne, a perdu à lui seul 133,4 milliards de dollars de capitalisation, soit davantage que la baisse totale enregistrée par l'ensemble des autres marchés. Il a chuté de 8,80% T4-2025, et de 6,57 % sur un an. Le FMA attribue cette déroute à un facteur bien identifié : la chute des prix du pétrole.
Sur le trimestre, le Brent a reculé de 9,2% pour s'établir à 60,9 dollars le baril. Pour un marché où les valeurs énergétiques et pétrochimiques pèsent jusqu'à 30% de l'indice, le choc a été immédiat. À Ryad, les indices sectoriels de l'énergie ont plongé de 14,5% à 30,2%, entraînant dans leur sillage les valeurs de transport et d'assurance qui leur sont liées.
Le Golfe en ordre dispersé
Si Ryad souffre et que Doha recule également (indice en baisse de 2,63%, capitalisation en repli de 5,3 milliards), d'autres places du Golfe tirent remarquablement leur épingle du jeu. Abou Dhabi, malgré une légère baisse de son indice (-0,22%), voit sa capitalisation progresser de près de 8 milliards de dollars sur le trimestre.
L'indice de la place émiratie, après avoir oscillé entre 9.747 points en novembre et 10.099 points en octobre, termine le trimestre à 9.992 points, confirmant sa capacité d'absorption des chocs. Dubaï, plus exposé aux services, au tourisme et à l'immobilier, limite la casse avec un indice qui ne cède que 0,34% sur la période, après un pic à 6.059 points en octobre et un repli à 5.836 points en novembre. Mascate signe même la performance la plus spectaculaire de la région.
L'analyse du FMA montre que l'indice omanais bondit de 19,07% sur le trimestre, tandis que la capitalisation s'envole de 4,8 milliards de dollars. Cette progression doit beaucoup à la vigueur des secteurs des industries électriques et manufacturières, ainsi qu'à celle des mines et industries extractives, qui ont su profiter de la recomposition des chaînes d'approvisionnement mondiales. Le Koweït confirme la tendance avec un indice en hausse de 1,27% et une capitalisation qui gagne 1,9 milliard. Après un point bas à 8.856 points en novembre, l'indice koweïtien est remonté à 8.907 points en décembre.
L'Egypte, grande gagnante du trimestre
À des milliers de kilomètres de là, sur les bords du Nil, la Bourse du Caire a vécu un automne radieux. Selon les données du FMA, l'indice EGX30 a grimpé de 14,07% sur le trimestre, passant de 36.670 à 41.829 points. La capitalisation s'est, elle, étoffée de 9,4 milliards de dollars, portant le total à 63 milliards. Le détail des performances sectorielles, que le FMA ne fournit que pour l'Egypte dans sa publication, éclaire sur les ressorts de cette progression.
Les investisseurs ont plébiscité les valeurs des matériaux de construction (+59,3 %), des services éducatifs (+35 %), des télécommunications (+27,1 %) et des banques (+24,3 %). Un mouvement qui doit autant à la solidité des fondamentaux de certaines entreprises qu'à un effet de report. Les capitaux en quête de rendement ont fui les places pétrolières pour se réfugier sur des valeurs moins corrélées aux cours du brut.
La livre égyptienne, dont le taux de change a été ajusté sur la période, a également joué son rôle en renchérissant le coût d'entrée pour les investisseurs étrangers, sans pour autant décourager les flux. Signe que la confiance revient lentement sur la place cairote.
Casablanca, l'art de la résistance silencieuse
Dans ce contexte régional agité, la Bourse de Casablanca a opposé une résistance qui mérite d'être soulignée. Selon les chiffres du FMA, l'indice MASI n'a cédé que 0,94% sur le trimestre, s'établissant à 18.846 points fin décembre après avoir culminé à 19.636 points en octobre. Une performance qui place le Maroc dans le peloton de tête des places ayant le mieux résisté, juste derrière Abou Dhabi (-0,22%) et devant Dubaï (-3,55%), le Qatar (-2,63%) ou l'Arabie saoudite (-8,80%). Plus significatif encore, la capitalisation de la place a progressé de 2,1 milliards de dollars sur la période, pour atteindre 113,4 milliards (1.040,7 milliards de dirhams).
Ce chiffre signifie que la baisse de l'indice n'a pas provoqué de fuite des capitaux. Les investisseurs, particuliers comme institutionnels, ont globalement conservé leurs positions, préférant attendre des jours meilleurs plutôt que de solder dans un marché baissier. Le point d'inquiétude majeur réside ailleurs. La valeur totale des transactions a chuté de manière spectaculaire, passant de 5,63 milliards de dollars au troisième trimestre à seulement 4,89 milliards au quatrième.
En dirhams, la baisse atteint 14,2%, avec un volume d'échanges tombé à 44,8 milliards. Le nombre d'actions échangées a suivi la même tendance, reculant de 146,9 à 119,7 millions. Le taux de rotation, qui mesure le rapport entre la valeur des transactions et la capitalisation totale, est ainsi tombé à 2,9%, contre 5,6 % au trimestre précédent.
Ce chiffre traduit un net ralentissement de l'activité spéculative et une préférence marquée pour la détention. Les investisseurs ont déserté les carnets d'ordres, signe d'une défiance qui, si elle devait perdurer, pourrait à terme peser sur la liquidité du marché.
Les autres marchés entre espoirs et désillusions
Ailleurs dans la région, les performances sont plus contrastées. Amman confirme son statut de place résiliente avec un indice en hausse de 5,18% sur le trimestre (et même +19,07% sur l'année), passant de 3.033 points fin septembre à 3.611 points fin décembre. Tunis poursuit son bonhomme de chemin (+8,43%), tout comme Bahreïn (+6,08%). La Palestine, malgré un contexte géopolitique toujours tendu, voit son indice progresser de près de 10%, preuve que les marchés savent parfois faire la part des choses entre risques politiques et fondamentaux économiques.
À l'inverse, Beyrouth continue de payer le prix de l'instabilité chronique. Son indice chute de 3,71% sur le trimestre et de 13,6% sur un an, dans un marché devenu trop étroit pour attirer des capitaux significatifs. Damas, malgré un rebond en fin d'année, reste confinée à des volumes microscopiques (12,1 millions de dollars de transactions au T4) et une capitalisation qui ne dépasse pas 2,3 milliards de dollars.
Le facteur monétaire : des taux en baisse pour soutenir la croissance
Ce trimestre aura aussi été marqué par un mouvement coordonné de baisse des taux d'intérêt dans la région, en écho aux décisions de la Réserve fédérale américaine. Le tableau des politiques monétaires publié par le FMA montre que l'Arabie saoudite a réduit son taux de 4,5% à 4,25%, les Emirats de 3,9% à 3,65%, le Qatar de 4,6% à 4,35%, le Koweït de 3,75% à 3,5%, Bahreïn de 4,75% à 4,5% et Oman de 4,5% à 4,25%.
La Jordanie a suivi le mouvement avec une baisse de 25 points de base à 6%, tandis que l'Egypte a procédé à une réduction plus marquée de 100 points de base, ramenant son taux à 20%. La Turquie, fidèle à sa stratégie hétérodoxe, a procédé à la plus forte baisse, ramenant son taux de 39,5% à 38%.
Dans ce concert de baisses, le Maroc fait figure d'exception. Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur inchangé à 2,5%. Une décision de prudence qui a évité aux investisseurs un choc supplémentaire lié à une modification brutale des conditions de financement, et qui a sans doute contribué à la stabilité relative de la place casablancaise.
Volumes et liquidités, des signaux contradictoires
Sur le front des volumes, les indicateurs sont tout aussi contrastés. La valeur totale des transactions sur les seize marchés arabes a augmenté de 9,19 milliards de dollars sur le trimestre pour atteindre 261,4 milliards. L'Egypte concentre à elle seule près de 40% de ces échanges, avec 103,1 milliards de dollars en volume, confirmant son statut de place la plus liquide de la région.
Le nombre d'actions échangées a bondi de 26,5%, signe que l'activité ne s'est pas totalement éteinte malgré la baisse des indices. Mais derrière ces moyennes, se cachent des réalités très différentes. Si Le Caire, Abou Dhabi (27 milliards de dollars de transactions), Mascate (6,8 milliards) ou Koweït City (23,6 milliards) ont vu leurs volumes progresser, Ryad a subi une chute spectaculaire : la valeur des transactions y a reculé de 10,9 milliards de dollars sur le trimestre, et le nombre d'actions échangées a chuté de 32,7 %.
Les investisseurs saoudiens, pris de panique face à la baisse des cours, ont préféré se mettre en retrait plutôt que de tenter des achats à bon compte. Le marché irakien, malgré sa modestie, a vu ses volumes d'échanges grimper de 171,4 milliards d'actions, un chiffre qui reflète davantage le faible prix unitaire des titres que l'importance réelle des capitaux engagés (seulement 126,6 millions de dollars).
Le poids des marchés dans la région
La photographie des poids respectifs des places boursières arabes que livre le FMA confirme la domination sans partage du Golfe. L'Arabie saoudite représente à elle seule plus de la moitié de la capitalisation régionale (55,87 %). Abou Dhabi pèse 20,32 %, Dubaï 6,42 %, le Qatar 4,20 % et le Koweït 4,13 %.
Ensemble, ces cinq marchés totalisent plus de 90 % de la valeur boursière du monde arabe. Le Maroc, avec 2,7 % du total, se situe en sixième position, devant Oman (1,98 %), l'Egypte (1,50 %) et la Jordanie (0,89 %). Un poids modeste mais stable, qui reflète la taille de l'économie nationale et le degré de développement de son marché financier.


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