Le mois de Ramadan recompose la journée commerciale au Maroc et oblige marques et distributeurs à revoir leur exécution. Une étude de RED menée auprès de 4.559 détaillants documente un basculement net des horaires, avec des ouvertures plus tardives, un creux avant ftour et une soirée qui devient le vrai temps fort, jusqu'à transformer les enjeux de disponibilité, de réassort et de visibilité en magasin. Ramadan agit comme un révélateur du retail marocain. Non pas en comprimant l'activité, mais en la déplaçant vers des heures plus tardives, puis vers une soirée qui devient le vrai temps fort. Une étude menée par RED auprès de 4.559 détaillants met des chiffres sur ce basculement et, surtout, sur ses implications opérationnelles pour les marques, du réassort à la visibilité en point de vente. Le canal traditionnel, un moteur massif mais contraint Le point de départ du diagnostic est structurel. Le dossier rappelle que le canal traditionnel pèse plus de 100.000 épiceries, représentant 80% des débouchés FMCG, pour un flux annuel estimé entre 80 et 100 milliards de dirhams. Mais l'exécution y est mécaniquement plus complexe, puisque 33% des points de vente font moins de 20 m2, ce qui limite stockage et visibilité. Dans cet univers, RED rappelle aussi un fait décisif, 70% des décisions d'achat se prennent en point de vente. Ce triptyque, poids du réseau, contrainte physique, décision au linéaire, explique pourquoi un changement d'horaires pendant Ramadan n'est pas un détail de calendrier, mais un sujet d'exécution. Une ouverture repoussée qui déplace trafic, livraisons et merchandising Premier enseignement chiffré. L'heure moyenne d'ouverture passe d'environ 09h00 en jours normaux à 11h30 pendant Ramadan, soit un décalage moyen de +2h30. Le pic d'ouverture se concentre entre 10h et 12h, avec 57,5% des détaillants. La série de slides insiste sur l'effet direct de ce glissement, puisque trafic, livraisons et merchandising basculent vers la fin de matinée. Pour les marques, l'enjeu est concret. Si l'ouverture se joue plus tard, la disponibilité produit, la présence en rayon et la correction des ruptures doivent être synchronisées sur cette fenêtre utile, sinon l'exécution "arrive" au mauvais moment. Un creux avant ftour, puis une soirée qui fait office de seconde journée Deuxième mouvement, la journée se coupe. 75,6% des détaillants ferment entre 17h00 et l'heure du ftour. La fermeture se concentre surtout entre 17h et 18h (38,5%) puis entre 18h et ftour (37,1%). En miroir, la soirée redevient structurante. 93,3 % des points de vente rouvrent après le ftour, et la reprise se fait majoritairement après les Tarawih, dans 70% des cas. La fermeture nocturne se concentre entre 23h et 01h pour 71,8% des détaillants, ce que les slides résument par une idée simple, Ramadan «ne réduit pas» l'activité, il la déplace, et la disponibilité doit suivre ce shift. Autrement dit, la soirée devient une vraie seconde journée, qui appelle réassort, contrôle de rupture et animation sur des horaires plus tardifs. Ce que ce nouveau tempo impose aux marques Ces horaires transforment la logique d'exécution en magasin. D'un côté, la matinée commence plus tard, ce qui décale la visibilité et la mise en place des opérations vers la fin de matinée. De l'autre, l'activité se reconcentre sur l'après-ftour, avec un vrai démarrage du soir souvent après les Tarawih. Dans un canal où l'espace est contraint et où l'achat se décide au point de vente, le risque n'est pas théorique. Une rupture sur le créneau du soir ou une activation visible trop tôt revient à "perdre" la fenêtre la plus dense. Le document conclut d'ailleurs sur une promesse de pilotage très opérationnelle, comprendre le terrain pour mieux décider. RED indique avoir mené une enquête via son application auprès de 4.559 détaillants à travers le Maroc. Le panel est fortement représenté à Casablanca (1.614), Marrakech (646), Tanger (564) et Rabat (557), puis Fès (394) et Oujda (339), avec une couverture plus large sur d'autres villes. Sur la lecture, il faut garder en tête qu'un recueil "via application" décrit un baromètre terrain utile pour piloter l'exécution, avec un biais possible lié au déclaratif et à la structure du panel, mais l'intérêt ici est précisément de quantifier le décalage d'horaires et d'en tirer des implications opérationnelles. Une approche data pour documenter les pratiques en magasin RED, pour Right Execution Daily, se positionne comme une agence de trade marketing dont la mission consiste à accompagner les marques dans l'optimisation de l'exécution terrain. Pour transformer la donnée terrain en pilotage opérationnel, RED met en avant un dispositif technologique incluant le **Score RED**, qui évalue l'exécution en comparant le point de vente à une Picture of success, des dashboards de reporting via Power BI, ainsi qu'une application mobile conçue pour corriger rapidement les anomalies constatées. L'écosystème couvre aussi des prestations de retail audit, merchandising, solutions de visibilité et conseil route-to-market, avec des appuis internes dédiés aux ressources humaines et à l'IT. Côté force de frappe, RED indique un maillage sur 27 villes, plus de 570 collaborateurs terrain, 30.000 points de vente visités par mois, 105.000 enquêtes et 5 millions de données analysées mensuellement. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO