De sources bien informées, Hespress a appris que la rencontre tenue au siège du ministère à Rabat entre Ahmed El Bouari, ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, et les représentants des zones touchées par les inondations du bassin du Loukkos, a été jugée « très positive ». Lors de cet échange, les agriculteurs et les élus locaux, notamment les présidents des communes rurales de Souaken et de Souk Tolba, ainsi que les acteurs syndicaux et associatifs du secteur, ont plaidé avec insistance pour l'instauration d'une aide directe. Ils ont ainsi mis en exergue la destruction de leurs exploitations et l'ampleur des dégâts matériels occasionnés par les crues. Face à ces doléances, El Bouari, accompagné pour l'occasion du député de la province de Larache, Mohamed Simou, s'est voulu rassurant. Il a confirmé que ses services étudient actuellement le versement d'un « soutien financier direct ciblant certaines cultures spécifiques, telles que la betterave sucrière et l'arboriculture fruitière ». Cette mesure s'adressera en priorité aux exploitants dont les terres, ensevelies sous la boue, sont devenues inexploitables pour les semis de printemps. S'agissant de l'enveloppe budgétaire allouée à cette opération, aucune estimation chiffrée n'a filtré pour le moment. Les sources consultées précisent simplement que le dossier est « en cours d'examen et qu'une décision sera entérinée dans les prochains jours ». Pour les autres filières agricoles, l'intervention de l'État prendra une forme différente. Le ministre a en effet précisé que l'accompagnement consistera en la distribution de semences et d'engrais. Une initiative saluée par les observateurs, qui y voient un moyen pragmatique de limiter les pertes et de sauver ce qui peut encore l'être pour la campagne en cours. Le secteur de l'élevage a également fait l'objet d'une attention particulière. Le département de l'Agriculture s'est engagé à dédommager les producteurs laitiers (les « Kessaba ») pour les pertes de production subies durant le pic des intempéries. Cette indemnisation s'appuiera sur les registres des coopératives, tout en tenant compte de la durée de blocage des axes routiers et des difficultés d'acheminement vers les centres de collecte. Sur le front très sensible de l'endettement, la délégation agricole est repartie avec des garanties solides. Qu'il s'agisse des redevances d'eau d'irrigation ou des créances envers le Crédit Agricole, le ministre a annoncé une année blanche : les dettes au titre de l'exercice actuel ne seront pas comptabilisées, et des facilités de rééchelonnement seront accordées pour soulager la trésorerie des exploitants. Pour rappel, le bilan de cette catastrophe naturelle s'avère particulièrement lourd pour les professionnels du bassin du Loukkos, notamment dans les communes rurales bordant Ksar El Kébir. Les flots ayant prématurément ravagé la saison agricole, les services de tutelle ont recensé près de 20 000 hectares de terres sévèrement endommagées.