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Filière électrique marocaine : une industrie sur le qui-vive
Publié dans Les ECO le 16 - 03 - 2026

La guerre au Moyen-Orient ravive les craintes d'un nouveau choc sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Au Maroc, la filière électrique, électronique et des énergies renouvelables commence déjà à en ressentir les effets, entre retards sur les importations, hausse des coûts et tensions sur les intrants. Face à cette tension, la FENELEC plaide pour une réponse structurelle fondée sur davantage de production locale, d'innovation et de compétitivité.
La guerre au Moyen-Orient fait craindre le scénario tant redouté : celui de la perturbation des chaînes d'approvisionnement et, notamment, de matériaux essentiels pour plusieurs industries. Dans la filière électrique, électronique et des énergies renouvelables, l'inquiétude monte.
Onde de choc
Pour les entreprises du secteur, déjà confrontées à une transition exigeante et à une concurrence internationale soutenue, la crise actuelle agit comme un révélateur brutal d'une dépendance encore forte à des chaînes logistiques mondialisées, parfois fragiles, toujours exposées aux secousses géopolitiques.
La FENELEC (Fédération nationale de l'électricité, de l'électronique et des énergies renouvelables), qui regroupe l'essentiel des acteurs de la branche, observe déjà des retards sur certains composants importés ainsi que des hausses de prix sur des équipements électriques et électroniques, ce qui peut affecter les délais et les coûts de production.
Une pression indirecte est également exercée, liée à la volatilité des hydrocarbures, alors même que le pays s'efforce d'accélérer sa transition énergétique. Néanmoins, la fédération affirme que l'urgence est de renforcer l'autonomie industrielle locale et d'accélérer la montée en puissance d'un écosystème national plus résilient.
Cette lecture éclaire d'ailleurs la vision stratégique 2030 de la FENELEC. Pour la fédération, il ne s'agit plus seulement d'accompagner la croissance d'un secteur porteur, mais de repositionner l'ensemble de la filière comme un levier structurant de la transformation énergétique et industrielle du Maroc.
Le cap fixé repose sur plusieurs piliers étroitement liés : renforcer l'intégration industrielle locale, pousser les entreprises à monter en gamme sur le plan technologique, investir les nouveaux métiers liés aux énergies renouvelables, aux réseaux intelligents et au stockage, et faire de l'export un axe de développement plus offensif, en particulier vers les marchés africains.
Bases solides
Le secteur dispose, sur le papier, de fondations solides. Il regroupe plusieurs centaines d'entreprises, dont plus de 700 sont membres de la FENELEC, lesquelles représentent, selon la fédération, plus de 95 % de l'activité de la branche en produits et services. Son chiffre d'affaires global atteint environ 75 milliards de dirhams (MMDH), dont près de 30 milliards générés à l'export, pour quelque 70.000 emplois directs.
Dans le cadre de la feuille de route triennale conclue avec le ministère de l'Industrie et du commerce et l'AMDIE, la FENELEC s'est fixé un objectif ambitieux. Relever de 30% le chiffre d'affaires à l'export à l'horizon 2027, soit près de 6 MMDH additionnels, tout en augmentant de 25% le nombre d'entreprises exportatrices.
Cette dynamique s'appuie sur une série de moteurs de croissance déjà identifiés par les industriels. Le premier tient à l'accélération des énergies renouvelables, dont le développement redessine progressivement les besoins du marché domestique. Le deuxième concerne la modernisation et l'extension des réseaux électriques, chantier de long terme qui implique de nouveaux investissements dans les équipements, les systèmes de pilotage et les solutions intelligentes. À cela s'ajoute l'essor de la mobilité électrique. La fédération voit également dans les marchés africains un prolongement naturel de cette montée en puissance, à condition que les entreprises marocaines puissent franchir un seuil supplémentaire en matière de compétitivité, de certification et de structuration.
Toutefois le secteur connaît certaines tensions. L'une des plus sensibles est liée à la phase de transition entre l'ONEE et les Sociétés régionales multiservices. Sur le terrain, cette reconfiguration a pu générer des difficultés opérationnelles pour des entreprises confrontées à des dossiers non clôturés, à des factures en suspens, à des attachements non finalisés ou encore à des cautions tardivement restituées. La FENELEC affirme que des échanges ont été engagés avec les SRM concernées, ce qui a déjà permis de débloquer plusieurs dossiers et factures. Les discussions se poursuivent afin de régulariser les situations en suspens et d'améliorer la coordination.
Un autre front, moins visible mais tout aussi structurant, concerne les certificats de conformité et certaines procédures douanières. Pour nombre d'entreprises, les délais d'obtention des certificats, les coûts associés et les divergences d'interprétation entre intervenants continuent d'alourdir les processus d'importation et de mise sur le marché.
Là encore, la FENELEC dit privilégier le dialogue avec les administrations concernées, qu'il s'agisse de la Direction générale du commerce, de l'Administration des douanes ou des organismes de normalisation. Mais la fédération ne s'arrête pas au constat. Elle plaide pour un renforcement des capacités des laboratoires marocains, notamment le LPEE, le CERIMME et d'autres centres techniques, afin que les essais puissent être réalisés au Maroc, dans des délais plus courts et à des coûts plus compétitifs. Derrière cette demande technique se joue un enjeu plus vaste, celui de la souveraineté normative et de la fluidité industrielle.
L'ambition d'un écosystème plus intégré
La montée en puissance de l'écosystème suppose aussi un travail de consolidation des entreprises elles-mêmes. Les conventions conclues avec plusieurs partenaires, parmi lesquels LMC, Assur'Trade, FINACS, Boukhris & Associés et CPSQ Consulting, s'inscrivent dans cette logique. Elles visent à mieux accompagner les membres de la fédération sur des sujets décisifs mais souvent sous-traités dans les trajectoires industrielles : accès au financement, couverture des risques commerciaux, accompagnement juridique et financier, soutien à l'export, mais aussi mise en place ou amélioration des systèmes de management qualité, sécurité et environnement.
Pour la FENELEC, la compétitivité ne se réduit pas aux coûts de production ou à la taille du marché, elle dépend aussi de la solidité organisationnelle des entreprises, de leur capacité à se conformer aux standards internationaux et à présenter des profils suffisamment robustes pour intégrer des chaînes de valeur plus exigeantes.
Reste que l'horizon 2030 ne pourra être atteint sans lever plusieurs verrous persistants. La fédération en identifie cinq. Il s'agit du renforcement de l'intégration industrielle locale, encore jugée insuffisante dans plusieurs segments ; de l'accès au financement pour les PME industrielles, qui peinent souvent à soutenir leur croissance ou à investir dans l'innovation ; du développement de compétences techniques spécialisées, devenu crucial dans des métiers où les technologies évoluent vite ; de la simplification de certaines procédures administratives, qui continuent de freiner l'agilité des opérateurs et, enfin, du soutien à l'innovation technologique. Cependant, la fédération souligne que le principal défi du secteur n'est pas l'absence d'opportunités, mais la capacité à transformer ces opportunités en ancrage industriel durable.
Pour la filière électrique marocaine, la guerre en Iran ne constitue pas seulement une menace conjoncturelle sur les prix ou les délais. Elle agit comme un test de résistance. Elle rappelle que dans un monde traversé par les conflits, les tensions commerciales et les ruptures logistiques, la compétitivité ne peut plus être pensée indépendamment de la résilience.
Pour la FENELEC, le message est désormais sans ambiguïté : la prochaine étape de développement du secteur passera par davantage de production locale, plus d'innovation, une meilleure maîtrise des maillons critiques et une insertion plus offensive dans les marchés extérieurs.
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO


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