Avec un score de 4,9 sur 10 et une 112e place sur 147 pays, le Maroc se classe dans la seconde moitié du tableau de bord mondial du bonheur. Dans le monde arabe, le Royaume occupe le 8e rang, devançant plusieurs voisins mais restant distancé par les Emirats ou l'Arabie Saoudite. Le rapport publié sous l'égide de l'ONU livre aussi une analyse inédite sur l'impact des réseaux sociaux et la fracture générationnelle. Si les données détaillées par âge manquent pour le Maroc, la photographie régionale apporte quelques éclairages. Avec un score de 4,9 sur 10 et une 112e place sur 147 pays, le Maroc se positionne dans la seconde moitié du classement du World Happiness Report 2026, publié le 19 mars sous l'égide de l'ONU par le Wellbeing Research Centre de l'université d'Oxford, en partenariat avec Gallup et le Réseau des solutions pour le développement durable. Dans le monde arabe, le Royaume occupe le 8e rang, derrière les Emirats arabes unis, 21e mondial avec 6,821 points, l'Arabie Saoudite, 22e, le Koweït, 40e, Bahreïn, 55e, Oman, 58e, la Libye, 81e, et l'Algérie, 83e avec 5,3 points. Il devance en revanche l'Irak, 95e, la Jordanie, 119e, l'Egypte, 139e, et le Liban, 141e. Le rapport mondial sur le bonheur repose sur une méthodologie stable qui autorise les comparaisons dans l'espace et le temps. L'indice est calculé sur une moyenne de trois ans, 2023-2025 pour cette édition, à partir des réponses à une question simple : les personnes interrogées évaluent leur vie sur une échelle de 0 à 10, où 0 représente la pire vie possible et 10 la meilleure. Cette méthode, dite «échelle de Cantril», permet de lisser les fluctuations annuelles et d'obtenir une photographie fiable du bien-être perçu par les populations. Pour comprendre pourquoi certains pays sont plus heureux que d'autres, les chercheurs examinent six variables clés qui contribuent à expliquer les différences de scores entre nations. Le PIB par habitant reflète les conditions matérielles d'existence. Le soutien social mesure la possibilité de compter sur quelqu'un en cas de difficulté. L'espérance de vie en bonne santé évalue la durée de vie en bonne santé physique et mentale. La liberté de faire ses propres choix renvoie à la capacité à décider de son existence. La générosité capture les comportements d'entraide et de don. Enfin, la perception de la corruption traduit la confiance dans les institutions et l'absence de corruption perçue dans les affaires et le gouvernement. Le score du Maroc, 4,9 sur 10, résulte de la combinaison de ces six facteurs. L'édition 2026 du rapport accorde une place particulière à l'impact des réseaux sociaux sur le bien-être, en particulier chez les jeunes. Le rapport ne fournit pas de données détaillées par tranche d'âge pour le Maroc. Mais la région «Moyen-Orient et Afrique du Nord», dans laquelle le Royaume est inclus, n'appartient pas à la zone de crise identifiée par les auteurs. Une étude menée dans la région a d'ailleurs montré que si l'usage intensif des réseaux y est aussi associé à un stress plus élevé, la jeunesse y maintient un niveau de bien-être stable. Le rapport note par ailleurs que, dans certains contextes, un usage modéré des réseaux peut contribuer positivement à la création de liens sociaux et à l'accès à l'information. Ces observations invitent à la prudence. Le «mal-être occidental» des jeunes n'est pas une fatalité universelle. Il s'enracine dans des contextes spécifiques – affaiblissement des liens communautaires, érosion de la confiance, pression scolaire et sociale – que les réseaux sociaux ne font qu'amplifier. Pour le Maroc, classé 112e sur 147, le rapport 2026 ne livre donc pas un diagnostic définitif, mais une photographie qui interroge.