Les déséquilibres se déplacent désormais vers les produits raffinés, certains métaux industriels et des segments agricoles toujours sensibles aux contraintes d'offre. Après plusieurs semaines de nervosité, les marchés mondiaux des matières premières entrent dans une phase moins spectaculaire, mais pas forcément plus sereine. BKGR décrit un marché où les chocs frontaux s'estompent au profit d'ajustements plus fins entre offre, demande, coûts de production et contraintes logistiques. Le reflux du brut soulage les écrans, sans effacer pour autant les déséquilibres qui continuent de peser sur plusieurs segments clés. L'énergie respire, sans retrouver un véritable équilibre Le premier mouvement marquant de la semaine concerne le pétrole. BKGR relève un Brent ramené à 99,9 dollars le baril et un WTI à 101,1 dollars au 13 avril, avec des replis hebdomadaires de, respectivement, 9% et 10,03%. Cette correction traduit, selon la note, un ajustement technique après la flambée enregistrée depuis le début de l'année, dans un contexte d'accalmie géopolitique relative. Le gaz naturel américain poursuit, lui aussi, sa baisse et revient à 2,7 dollars par MMBtu, en recul de 5,31% sur une semaine, sous l'effet d'une offre jugée abondante et d'une demande saisonnière moins soutenue. Mais ce reflux du brut ne raconte qu'une partie de l'histoire. BKGR souligne qu'à Rotterdam, l'essence évolue toujours au-delà de 120 dollars le baril tandis que le diesel reste proche de 180 dollars. La marge de raffinage s'établit ainsi autour de 30 dollars par baril, signe que la pression se déplace désormais davantage vers les produits raffinés que vers le seul pétrole brut. Autrement dit, la détente observée sur le baril ne suffit pas encore à refermer l'écart entre les coûts amont et les tensions persistantes sur l'aval pétrolier. Les marchés agricoles sortent du régime d'alerte Du côté des commodités agricoles, la tonalité est plus nuancée. BKGR estime que les opérateurs intègrent désormais un scénario de normalisation progressive après les fortes tensions récentes. Le soja résiste et progresse encore légèrement à 1.171,34 cents par boisseau, en hausse de 0,39% sur une semaine, porté par une demande internationale jugée stable. À l'inverse, le blé CBOT recule à 584,02 cents par boisseau, soit une baisse de 1,89%, tandis que le maïs cède 2,61%, à 442,5 cents. Le message est clair : les marchés ne sont plus dans la panique, mais ils restent extrêmement sensibles à la moindre inflexion des perspectives d'approvisionnement. L'or repart, les métaux industriels gardent la main Les métaux précieux retrouvent, eux, une place plus visible dans l'allocation des investisseurs. BKGR note que l'or remonte à 4.719,51 dollars l'once, en hausse de 1,47% sur la semaine, tandis que l'argent gagne 2,02%, à 74,2 dollars. Ce retour des actifs refuges traduit moins une rupture qu'un besoin de couverture dans un environnement financier encore instable. Les métaux de base, en revanche, restent soutenus par une logique plus industrielle. Le cuivre progresse à 5,9 dollars la livre, soit +6,32% sur une semaine. L'aluminium grimpe à 3.576,60 dollars la tonne, en hausse de 3,24%, et le nickel s'apprécie de 3,94% à 17.716 dollars. BKGR y voit la marque d'un marché plus constructif, notamment pour les métaux liés à la transition énergétique et aux chaînes de valeur industrielles. Des anticipations toujours orientées à la hausse Le plus intéressant réside peut-être dans les projections compilées par BKGR auprès de banques étrangères. Elles tablent sur un Brent à 108,109 dollars au quatrième trimestre 2026, un WTI à 111,075 dollars, un or à 5.187,88 dollars l'once et un soja à 1.239,59 cents par boisseau. Même après la correction actuelle, le marché ne parie donc pas sur un retour durable à la détente. Il anticipe plutôt une nouvelle hiérarchie des tensions, moins uniforme, mais toujours bien installée. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO