DR ‹ › En Espagne, le Conseil des ministres a approuvé, mardi, la régularisation d'environ un demi-million d'immigrés en situation irrégulière. Toutefois, les Sahraouis ne bénéficieront pas de cette mesure, au motif qu'ils sont considérés comme «apatrides». Cette exclusion a été dénoncée par la députée Teslem Andala Ubbi (Tesh Sidi), membre de la coalition d'extrême gauche Sumar. Elle y voit une «décision politique» qui serait dirigée «contre le peuple sahraoui». Selon elle, la situation des Sahraouis en Espagne est marquée par des procédures administratives particulièrement longues. La parlementaire souligne, dans des messages sur la plateforme X, que les demandes de reconnaissance du statut d'apatridie peuvent prendre jusqu'à trois ans. Durant cette période, les personnes concernées vivent dans une grande précarité : «Ils ne peuvent pas travailler, ils n'ont pas accès à leurs droits fondamentaux, ils ignorent l'état d'avancement de leur demande», déplore-t-elle. La députée insiste sur le fait que cette attente prolongée empêche les demandeurs d'exercer leurs droits élémentaires. Cette prise de position intervient dans le sillage d'un article publié mardi par un média ibérique, qui critique la décision du gouvernement de Pedro Sánchez d'exclure les Sahraouis de cette campagne de régularisation. De son côté la Coordination des associations de soutien au Polisario en Espagne (CEAS) a condamné l'exclusion des Sahraouis de la campagne de régularisation extraordinaire. À noter que la représentation du Polisario reste silencieuse sur cette question. En effet, le Front ne se montre pas enthousiaste face aux initiatives de parlementaires espagnols visant à accorder la nationalité aux Sahraouis. Paradoxalement, plusieurs hauts responsables du mouvement, ainsi que leurs enfants, possèdent la nationalité espagnole, à l'instar de Brahim Ghali.