Après un début d'année timide, le marché des capitaux a envoyé en février des signaux contrastés. Si la Bourse de Casablanca a corrigé et que les levées de capitaux ont ralenti, la gestion collective et le prêt emprunt de titres ont continué d'afficher une certaine solidité. Le mois de février 2026 a ramené un peu de froid sur le marché des capitaux. Après un début d'année animé, la Bourse de Casablanca a corrigé, avec un MASI ramené à 18.140,55 points à fin février, en baisse de 3,75% depuis le début de l'année. La capitalisation boursière a suivi le même mouvement, reculant de 2,43% à 1.015,46 milliards de dirhams. En rythme mensuel, le volume traité sur le marché actions s'est établi à 8,463 MMDH en février, soit un léger repli de 1,85%. Sur les deux premiers mois de l'année, le volume cumulé ressort à 17,086 milliards, en baisse de 23,83% par rapport à la même période un an plus tôt. Les indicateurs mensuels de l'AMMC pour le mois de février montrent ainsi un marché boursier en consolidation, même si, sur douze mois glissants, le MASI reste en hausse de 8,47% et la capitalisation de 18,22%. Les OPCVM amortissent le ralentissement En parallèle, la gestion collective conserve une trajectoire positive. L'actif net total des OPCVM atteignait 799,36 MMDH au 27 février, en progression de 1,82% depuis le début de l'année. Cette évolution est portée surtout par les fonds obligataires court terme, dont l'actif net grimpe de 13,62% à 128,64 MMDH, ainsi que par les fonds diversifiés, en hausse de 6,36% à 109,28 milliards. Les fonds monétaires progressent aussi de 1,80% à 112,08 milliards. À l'inverse, les fonds actions cèdent 1,01% à 76,43 milliards, tandis que les fonds obligataires moyen et long termes reculent de 3,03% à 361,70 milliards. Les fonds contractuels affichent pour leur part la plus forte variation relative, avec +27,70%, mais sur un encours limité à 11,24 milliards. Les flux nets confirment cette redistribution. Depuis le début de l'année, les OPCVM obligataires moyen et long termes enregistrent des souscriptions nettes négatives de 11,15 milliards de dirhams, alors que les obligataires court terme attirent 14,85 milliards. Les fonds monétaires captent 3,99 milliards et les diversifiés 2,36 milliards. Les fonds actions restent modestement positifs à 0,26 milliard. Le mouvement traduit une préférence plus nette pour les supports défensifs et courts dans un environnement de marché moins lisible. Un marché du prêt de titres très actif Sur le front du financement, les levées de capitaux totalisent 12,843 MMDH à fin février 2026, contre 21,147 milliards un an auparavant. L'essentiel provient des titres de créances négociables, avec 10,343 MMDH, dont 3,913 milliards de certificats de dépôt et 2,580 milliards de bons de sociétés de financement. Les émissions obligataires atteignent 2 MMDH, exclusivement par appel public à l'épargne. Les émissions de titres de capital ressortent à 500 MDH en cumul annuel. Aucun montant n'est signalé au titre des placements privés sur la période. À l'inverse, le prêt emprunt de titres reste particulièrement dynamique. L'encours atteint 56,2 MMDH à fin février, en hausse de 6% depuis le début de l'année et de 65% sur douze mois. Le volume mensuel s'élève à 48,7 milliards, en progression de 41% sur un mois. En cumul annuel, il atteint 83,3 milliards de dirhams, soit une hausse de 80% par rapport à la même période de 2025. Même dans un marché actions moins bien orienté, certains segments continuent donc d'afficher une activité soutenue. En somme, février 2026 dessine un marché des capitaux à deux vitesses. La Bourse corrige et les émissions reculent, mais la gestion collective tient bon et le prêt emprunt de titres confirme sa montée en puissance.