Le secteur touristique national a enregistré 1,373 million d'arrivées aux postes frontières en février 2026. Sur les deux premiers mois cumulés, la performance reste positive avec une hausse de 1% et près de 2,68 millions de visiteurs. Ces chiffres doivent toutefois être lus à la lumière d'un facteur conjoncturel majeur : le début du Ramadan. Sans cet effet calendaire, la tendance aurait très probablement été plus favorable. Le taux d'occupation des hébergements touristiques se replie aussi, une baisse logique compte tenu du contexte. Le secteur touristique marocain affiche une résilience notable en février 2026 avec 1,373 million d'arrivées aux postes frontières, en très légère baisse de 2% par rapport à février 2025. Sur les deux premiers mois cumulés, les données de l'Observatoire du Tourisme au titre du deuxième mois de l'année, font ressortir une performance positive avec une hausse de 1% et près de 2,68 millions de visiteurs. Ces chiffres doivent toutefois être lus à l'aune d'un facteur conjoncturel majeur. En effet, le mois de Ramadan a débuté le 17 février 2026, ce qui a mécaniquement ralenti l'activité touristique sur la deuxième quinzaine du mois. Sans cet effet calendaire, la tendance aurait donc très probablement été plus favorable. Ce bilan, qui intègre désormais un nouveau modèle d'estimation des indicateurs de fréquentation des Etablissements d'Hébergement Touristique Classés (EHTC) aligné sur les standards internationaux, repose sur un échantillon représentatif construit à partir des déclarations des professionnels du secteur. Cette méthodologie renouvelée offre une mesure plus précise de l'activité touristique et une vision plus complète de la fréquentation des hébergements classés. La France en tête, l'Espagne marque le pas Dans ce bilan, la France confirme sa position de premier marché émetteur du royaume avec 415.000 arrivées en février, en progression de 1% sur un an. Sur les deux premiers mois de l'année, les visiteurs français atteignent 786.000, soit une hausse de 7%, et représentent 29% du total des arrivées internationales. L'Espagne, deuxième pays fournisseur, enregistre en revanche un recul significatif. Avec 275.000 arrivées en février, la baisse atteint 13% sur le mois et s'aggrave sur la période cumulée avec une diminution de 15% à 547.000 visiteurs. Sa part de marché recule à 20%, contre 24% un an plus tôt. Ce repli, plus marqué que la moyenne, pourrait s'expliquer par une sensibilité plus forte des touristes espagnols au calendrier religieux, de nombreux voyageurs préférant éviter la période du Ramadan pour se rendre au Maroc. Le Royaume-Uni subit également un repli de 11% en février à 107.000 arrivées, tandis que l'Italie (+7% à 80.000), la Belgique (+4% à 77.000) et l'Allemagne (+2% à 66.000) affichent des progressions modérées mais régulières. La Pologne se distingue avec une hausse spectaculaire de 46% en février (26.000 arrivées), confirmant l'émergence des marchés d'Europe centrale. Les Etats-Unis progressent de 8% à 34.000 arrivées, tandis que le Canada recule de 7% à 15.000. Marrakech-Ménara, porte d'entrée incontestée Du côté des points d'entrée, l'aéroport Marrakech-Ménara conforte sa position de première porte d'entrée aérienne du Royaume. Avec 432.000 arrivées en février, soit une hausse de 6% par rapport à 2025, il capte à lui seul 31% du trafic international mensuel. Sur les deux premiers mois de l'année, la progression atteint 7% pour un total de 798.000 arrivées, consolidant ainsi son leadership. L'aéroport Casablanca Mohammed V suit avec 215.000 arrivées en février (+7%) et 472.000 sur la période cumulée, soit une progression remarquée de 19%. Agadir Al Massira enregistre la plus forte progression relative du mois avec une hausse de 33% à 133.000 arrivées, portant son cumul à 245.000 (+7%). Tanger Ibn Battouta affiche 72.000 arrivées en février (+3%) et 159.000 sur deux mois (+11%). Rabat-Salé progresse de 7% en février à 67.000 arrivées et de 15% sur le cumul à 140.000. Fès Saïss, en revanche, recule de 9% en février à 57.000 arrivées. Côté voies terrestres et maritimes, les passages restent soutenus malgré une baisse notable. Le point d'entrée terrestre de Bab Sebta enregistre 118.000 arrivées en février, en recul de 20%, tandis que Béni Ansar accuse une baisse de 7% sur le mois et une chute de 32% sur la période cumulée à 144.000 arrivées. Le port de Tanger Med totalise 56.000 arrivées en février, en repli de 6%, mais résiste mieux sur deux mois avec une légère baisse de 2% à 113.000. La moindre affluence aux postes frontières terrestres s'explique également par le Ramadan, période durant laquelle les déplacements des Marocains résidant à l'étranger (MRE) sont traditionnellement moins nombreux avant l'accélération de la fin du mois et de l'Aïd el-Fitr. Un taux d'occupation en repli, logique compte tenu du Ramadan Le taux d'occupation des Etablissements d'Hébergement Touristique Classés (EHTC) s'établit à 51% en février 2026, en repli de quatre points par rapport à février 2025. Cette baisse, attendue en raison du début du Ramadan en milieu de mois, est à relativiser. Sur les deux premiers mois cumulés, le taux ressort à 52%, stable par rapport à l'année précédente, ce qui indique que janvier a enregistré de très bonnes performances, partiellement compensatrices. En d'autres termes, sans l'effet Ramadan, le taux d'occupation de février aurait très probablement dépassé celui de 2025. Les disparités régionales restent très marquées. La région Sous-Massa affiche le taux d'occupation le plus élevé avec 63% en février, suivie de près par Marrakech-Safi à 62% et Casablanca-Settat à 51%. À l'opposé, les régions périphériques peinent à attirer la clientèle : Laâyoune-Saguia Al Hamra enregistre à peine 32%, Guelmim-Oued Noun 35%, l'Oriental 33% et Dakhla-Oued Eddahab 37%. La région Fès-Meknès affiche un taux de 41%, tandis que Béni Mellal-Khénifra reste à la traîne avec 30%. Par catégorie d'établissements, les hôtels clubs affichent le meilleur taux d'occupation avec 67% en février, malgré un repli de neuf points sur un an. Les maisons d'hôtes suivent à 60% (-3 points), devant les résidences hôtelières (53%, +2 points) et les hôtels de luxe (50%, stable). Dans le segment des hôtels classés, les 5 étoiles atteignent 54% (-3 points), les 4 étoiles 51% (-6 points), les 3 étoiles 44% (-4 points), les 2 étoiles 39% (-4 points) et les 1 étoile 43% (-3 points). Marrakech et Agadir en tête des destinations Parmi les principales destinations, Marrakech et Agadir se distinguent avec un taux d'occupation de 66% chacune en février, malgré un léger repli d'un point pour la première et de trois points pour la seconde. Ces niveaux, remarquablement élevés pour un mois de février marqué par le Ramadan, témoignent de la force d'attraction de ces deux destinations phares, qui continuent d'attirer une clientèle internationale peu sensible au calendrier religieux. Casablanca progresse de trois points à 54%, tandis que Tanger gagne cinq points à 50%, signe d'une montée en puissance de la destination du Détroit. Rabat s'améliore de quatre points à 52%, confirmant l'attractivité croissante de la capitale administrative. En revanche, Al Haouz accuse une nette dégradation de quinze points à 60%, conséquence probable du ralentissement de l'activité dans les zones montagneuses après le séisme de septembre 2023, couplé à l'effet Ramadan. Essaouira recule de deux points à 48%, tandis que Fès perd trois points à 46%. Ouarzazate (48%, +2 points) et Errachidia (42%, +4 points) progressent légèrement, tirées par le tourisme de désert et d'aventure. L'effet Ramadan, une clé de lecture essentielle L'analyse des performances touristiques de février 2026 ne saurait occulter l'impact du calendrier religieux. Le début du Ramadan le 17 février a mécaniquement pesé sur la fréquentation de la deuxième quinzaine, tant sur les arrivées internationales que sur les taux d'occupation. Traditionnellement, l'activité touristique ralentit durant ce mois sacré, tant pour les voyageurs étrangers que pour le tourisme domestique. Dans ces conditions, la très légère baisse de 2% des arrivées et le repli limité du taux d'occupation témoignent d'une bonne résistance du secteur. À périmètre comparable, en neutralisant l'effet Ramadan, la performance aurait très probablement été positive. Les professionnels du tourisme attendent désormais la période post-Ramadan, marquée par l'Aïd el-Fitr, traditionnellement porteuse de voyages domestiques, ainsi que la saison printanière, propice au tourisme européen. La nouvelle méthode d'estimation des indicateurs de fréquentation des EHTC, désormais pleinement opérationnelle, permettra de suivre finement la reprise attendue dès le mois d'avril.