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En attendant «LE» vrai contrat-programme
Publié dans Les ECO le 29 - 01 - 2010

Les pourparlers autour du contrat-programme entre le ministère de la Communication, le Centre cinématographique marocain (CCM), les exploitants de salles, les producteurs et les réalisateurs remontent à l'ère de Nabil Benabdallah. Ils ont, ensuite, ont continué avec Khalid Naciri, durant ces deux dernières années. Sur le papier, ce contrat-programme devrait se traduire par des engagements privés et publics de près de 800 millions de DH étalés sur une période de 6 ans (2010-2015). Absent de la loi de finances 2010, le contrat-programme ne sera voté que dans le cadre de la loi de finances 2011, ceci dans le meilleur des cas. En attendant, pour communiquer, voire lancer un signal vers les Finances et calmer les impatiences qui se manifestent, le CCM et le ministère de la Communication signent ce samedi 30 janvier une convention qui reprend les principaux termes du projet de contrat-programme, «mais sans chiffres», note le producteur Sarim Fassi Fihri, lequel ne cache pas sa déception.
25 longs métrages dans 5 ans
Venu à Tanger présenter son dernier long métrage «La Grande Villa», Latif Lahlou souhaite pour sa part que les réalisateurs, notamment les jeunes parmi eux, disposent, en plus du guichet du fonds d'aide du CCM, d'un guichet régional et de l'option de Tax-shelter (littéralement: abri fiscal). Option qui permet à des investisseurs privés de ne pas payer d'impôts sur les sommes investies dans la production cinématographique. Avec du recul, Lahlou parle par expérience. Touchant, pour la première fois, au cinéma marocain en 1959, Latif Lahlou est considéré comme le doyen des réalisateurs nationaux.
Latif Lahlou, comme de nombreux professionnels du secteur, partage l'idée qu'un fonds d'aide de 200 millions de DH, contre 60 actuellement, permettrait de passer à une production nationale de 15 à 25 films en quelques années. Il juge que le CCM et le contrat-programme peuvent beaucoup faire pour la promotion du film au Maroc et à l'étranger et cite l'exemple du Festival de Saint-Denis qui, d'un petit festival du film marocain, a donné naissance à une structure de distribution en région parisienne. «Il faut aller vers la multiplication de projetstels que celui-ci, pas forcément très coûteux, là où il y a des Marocains et des Maghrébins»,
insiste-t-il. Cette semaine, le court métrage marocain est à l'honneur au festival international de Clermont-Ferrand (France), tandis qu'à Tanger, la future chaîne de télévision belge Cinémas du monde est venue rencontrer les professionnels et étudier la place du cinéma marocain dans la grille de la chaîne. Le bilan du cinéma marocain à fin 2009 permet-il d'affirmer que le secteur est à la veille d'un «grand bond»? Sarim Fassi Fihri affirme que «si les choses se portent bien au niveau de la production et des tournages internationaux, la distribution et l'exploitation sombrent. En 1987, il y avait 250 salles pour 42 millions de tickets d'entrée vendus. En 2009, on en est à 50 salles opérationnelles et 3 millions de billets», assène-t-il. Parmi les propositions faites par les professionnels pour améliorer la gestion des salles, figure la fiscalisation du ticket d'entrée actuellement, non soumis à la TVA jusqu'ici et ne permettant donc pas aux exploitants de récupérer la TVA sur leurs investissements. «Nous ne sommes pas loin de la taille critique pour l'industrie marocaine du cinéma, analyse Sarim Fassi Fihri, mais nous n'y sommes pas encore».
Jamal Amiar


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